
excellent concert d’old time relijun hier à recyclart. après les deux concerts que j’avais co-organisé à la ferme du biéreau à louvain-la-neuve en 2004 et 2005 et deux bonus à la malterie de lille et dans un café gantois, c’était (deux concerts solo d’arrington de dionyso mis à part) la cinquième fois que je les voyais. pour la première fois sans la si attachante jamie peterson (ex-curtains, ex-dada swing, ponctuellement bidouilleuse en solo depuis…) à la batterie. et, en ce qui me concerne, pour la première fois en quartet plutôt qu’en trio: une autre batteuse (germaine baca) a pris la place de jamie derrière les fûts tandis que benjamin hartman, le frère d’aaron h. le contrebassiste, décharge arrington en prenant à son compte tous les vents (saxophones – parfois deux à la fois, comme roland kirk -, flûtes… ). géométriquement, sur le rectangle de la scène, ce quatrième élément repousse arrington sur le côté gauche, laissant la position centrale non pas au chanteur mais au contrebassiste. et aux meilleurs moments du concert (un chouillat de redondances en milieu de set mais une ouverture et une conclusion dévastatrices) je ne peux m’empêcher de penser à konono n°1 et à leurs rythmiques littéralement irrésistibles pour me dire qu’old time relijun possède une section rythmique qui en fait une des plus puissantes “machine à grooves” du rock actuel. en fin de concert, une collègue qui les voyait pour la première fois me dit avoir pensé aux débuts de the ex, tandis qu’un ami, lui aussi novice, me cite le groupe nervous cabaret – que je ne connais pas. les déflagrations free du nouveau membre (dont c’est l’anniversaire ce soir-là) rajoutent indéniablement de la puissance décalée à un groupe chez qui ont sent une vraie intensité, une indéniable nécessité (la comparaison avec le chanteur poseur du groupe de première partie est particulièrement cruelle). en milieu de concert arrington s’étonne – en français dans le texte – de jouer pour la première fois en treize ans d’existence à bruxelles (“d’habitude on joue à la ferme du bureau [sic] à louvain-la-neuve“). et à l’issue du concert, recylart a de petits airs conviviaux de ce genre de salles. comme si le groupe avait irradié sa façon de concevoir la musique. un indice: il fallut bien attendre trente ou quarante minutes avant que quelqu’un ne pense à faire passer un cd de musique d’ameublement à travers les enceintes de la sono. comme si seul le silence et le son des bavardages à volume humain pouvait succéder à la cérémonie rythmique, physique et spirituelle à hauteur d’hommes d’old time relijun.
> lien 1 [cold water avec jamie en italie en 2004 – split screen un peu bof mais morceau ****]
> lien 2 [même morceau dans la version quartet en 2007]
> lien 3 [tigers in the temple avec jamie en noir & blanc]
> lien 4 [clip de wolves and wolverines en cinéma d'animation]
