
j’ai découvert jean ritchie à travers le documentaire “alan lomax, the songhunter“ de rogier kappers. elle y crève littéralement l’écran, par la beauté de sa chanson accompagnée au dulcimer et filmée en n/b par lomax dans les années cinquante et par l’éclat de son sourire et de son regard d’aujourd’hui…
- mon article sur “alan lomax, the songhunter” et “desperate man blues”
l’appalachian dulcimer est un très bel instrument à cordes de la famille des cithares qui n’est pas sans rapports – plus ou moins lointains – avec l’épinette des vosges ou le langeleik scandinave. pour beaucoup de néophytes en (néo-) folk de ma génération, il s’agit e;a. de l’instrument utilisé par larkin grimm sur “the last tree” ou en tournée.
jean ritchie y a consacré un livre (“the dulcimer book” en 1974) et un disque “the appalachian dulcimer“ (sur l’excellentissime label folkways en 1964). La première face de ce lp propose une approche didactique de l’instrument: how to hold the dulcimer, tuning up in the lower key, how to hold the noter, playing the scale, simple thumb strum…
“(…) now, I honestly think that the best way to learn to play the dulcimer is just to do what we all used to do. pick it up and fool around with it, try out things as they come to you. and if you have any kind of an ear to hear right and wrong harmonies, you’ll be playing as well as I play in a short time. but, assuming that you have a dulcimer and that you don’t know what in the world to do with it, let me see if I can tell you how to get started.
sit down on a fairly low chair or stool without arm rests. place the dulcimer flat on your lap so that the tuning pegs are on the left and the first or melody string is nearest to you. now, adjust your legs so that you feel comfortable and so that the instrument doesn’t slide. (…)”
“the field trip“ (sorti à l’origine en 1954 et réédité en 2001) documente un voyage de dix-huit mois effectué au début des années cinquante (vers 1951-52) en grande-bretagne (écosse, irlande et angleterre) à la recherche de chansons traditionnelles cousines des trois-cent chansons familiales que jean ritchie avait appris au cours de son enfance et de son adolescence. le disque reprend deux par deux une dizaine de chansons telles que connues et chantées par elle et la dizaine de chansons correspondantes dans leur version britannique. la comparaison est souvent éclairante: selon les cas, même sujets, à peu près les mêmes histoires (avec des variantes: ici un homme devenant femme, là l’inverse… ), parfois d’autres paroles et une autre mélodie… il y a multiplicité de cas possible et jean ritchie de préciser quels indices l’amènent à penser que telle ou telle chanson est plus ancienne / plus primitive dans sa version britannique ou dans la version nord-américaine de son kentucky natal (les deux cas de figure existent).
le cd “none but one“ combine le lp du même nom (1976) et la compilation “high hills and mountains” (1996). la voix et le jeu de dulcimer de jean ritchie restent très très beaux mais, parfois, les arrangements (instruments électriques) alourdissent un peu le propos et la musique.
- lien 1 ['mountain born': site jean ritchie]
- lien 2 [jean ritchie joue 'shady grove' pour pete seeger]
- lien 3 [le même morceau chanté en 2007, à l'âge de 85 ans]
- lien 4 [larkin grimm joue du dulcimer au bord d'un lac et chante 'the last tree']

[...] > sujet précédent consacré à jean ritchie et alan lomax… [...]