
suite à l’article de mon amie pascale pour chronicart, été voir le film “dans la vie” de philippe faucon à l’arenberg-galeries hier soir. j’en suis sorti ravi!
presque tout est écrit (et beaucoup mieux que je pourrais le faire) dans l’article de pascale que je vous engage vivement à lire (si possible après avoir été voir le film) mais pour les curieux, les sceptiques et les incrédules, on dira juste – un peu maladroitement – que ce dernier film en date du réalisateur de “samia” et “muriel fait le désespoir de ses parents” est à nouveau un film de femmes et un film méditerranéen (comment la rive française de cette mer, vibre en écho – à la fois dans la douleur des souvenirs passés et dans la saveur présente des mets, des langues et des accents – à ce qui se vit sur l’autre rive, de l’autre côté de l’horizon). sur fond médiatique (en bordure du film, très présent mais quasi hors champ) de l’invasion israélienne du liban en 2006, deux femmes, deux mères, toutes deux déracinées de leur algérie, l’une juive, l’autre musulmane, apprennent à se connaître, à rigoler ensemble la nuit, comme des gamines qui continuent à parler longtemps après l’heure où il aurait été “raisonnable” qu’elles ne se couchent…
avant même d’en avoir vu la première image, un premier indice d’éventuelle réussite du film réside dans sa durée: septante-trois minutes ; une heure et treize. à une époque où la quasi-totalité des films d’une heure quarante-cinq apparaissent soit trop courts, soit trop longs, le cinéaste réussit parfaitement à raconter son histoire en “sacrifiant” une demi-heure par rapport à la norme cinématographique de l’époque. les plans sont plutôt courts (en durée) et serrés (dans la cadrage) et le film s’articule parfaitement autour de ses pleins (les scènes qui le font avancer, qui le nourrissent, les rigolades et les gueulantes) et de ses vides (les ellipses, les non-dits, les accélérations)… on y rajoutera la musique de lili boniche (décédé le 6 mars dernier) et de biyouna et une splendide brochette de personnages/acteurs parmi lesquels on pourrait presque ne pas remarquer le très discret et absent fils-médecin incarné par philippe faucon lui-même… un philippe faucon qui évite les pièges de la fable ou de la parabole: pas un vingt-quatrième de seconde il ne cherchera à faire imaginer à ses spectateurs que l’amitié particulière de ces deux femmes-là pourrait être ne fut-ce même que l’embryon d’une entente entre leurs communautés religieuses et affectives éloignées – israël et ses voisins arabes. faucon est trop dans le réel pour croire à l’effet papillon.
> l’article de pascale bodet sur le film
> le film passe actuellement à bruxelles, namur et mons
> lien 1 [bande-annonce sur y*t*]
> lien 2 [interview du cinéaste à propos du film sur y*t*]
> lien 3 [interview + ancienne – nov. 2000 – sur chronicart]
