
un-be-lie-va-ble!! on-ge-loof-lijk!!
peter stampfel joue à saint-gilles ce dimanche 18 mai!!
- euh, peter stampfel??
aux côtés de steve weber ce violoniste-banjoïste-chanteur fut, au début des années soixante, l’un des deux membres fondateurs du groupe de folk urbain (lower east side – nyc), psychédélique et décalé, the holy modal rounders. comme leurs contemporains les fugs (que les stampfel et weber rejoindront un court moment) et les godz, les holy modal rounders avaient une façon tellement iconoclaste de dépoter la vieille plante rurale du folk pour la rempoter dans le contexte cru, bétonné et sous influence des caniveaux new-yorkais que beaucoup – cf. jeffrey lewis à la fin de ce sujet – ont rétrospectivement vu en eux de sortes d’attachants ptérodactyles proto-punks visionnaires. pour attirer l’attention du public sur ce groupe trop méconnu, il est toujours facile d’agiter le chiffon “easy rider” (dennis hopper repris un de leurs morceaux pour la bande-son de son road movie) ou la carte de visite de sam shepard (l’écrivain fut, un temps, leur batteur)… personnellement, on préfèrera rappeler que dès leur troisième album, ils furent hébergés sur le meilleur label du moment: esp disk, impressionnant cœur à deux ventricules (free jazz et acid-folk barré) pouvant se targuer d’avoir sorti en direct, sans aucun recul de l’histoire, des disques d’albert ayler, de sun ra, des fugs, de patty waters, d’henry grimes, des godz, des fugs, des pearls before swine, de william burroughs…
la soirée de dimanche commencera – à 20h – par la projection du documentaire de 2006 “the holy modal rounders: bound to lose” de paul lovelace avant d’enchaîner – vers 22h – par le concert de peter stampfel rejoint pour l’occasion par les “worm all stars”, un trio de musiciens européens: nina hitz, alan purves et le maître des lieux des ateliers claus, luka simonis. wilf plum, ex-batteur des dog faced hermans et homme-orchestre / jukebox humain rodera dans les parages…
laissons pour finir la parole à un des petits neveux spirituels de stampfel & co, le barde et dessinateur new-yorkais jeffrey lewis qui dans son incroyable thèse de doctorat chantée “the complete history of the development of punk on the lower east side [1950-1975]“ nous raconte e.a., au tout début de son histoire, juste après avoir parlé de l’anthologie de harry smith:
(…) [harry] smith’s plan began to work as foretold.
this weird music began to take hold
that sparked an interest in these forms of life underground from the norm
and soon millions of folk records were being sold.
by the early sixties, dylan, baez, phil ochs
were doing intellectualised copies of the old folks
then one strange folk band downtown called the holy modal rounders
began to make it more anarchistic, with weird voices and drug jokes:
“moms out their, switchin in the kitchen
and dads in the living room, fussin’ and a-bitchin’
i’m out here, kickin’ the gong for euphoria
euphoria – when your mind starts reelin’ and a-walkin’
inside voices start squealin and a-squawkin’
floatin around on a ballad on a cloud.
singin’ euphoria”
> lien 1 [bande-annonce du documentaire sur les holy modal rounders]
> lien 2 [les quatre premières minutes du documentaire]
> lien 3 [les holy modal rounders vers 1973]
> lien 4 [la chansons des holy modal rounders dans "easy rider"]
> lien 5 [images récentes de peter stampfel]
> lien 6 [encore une fois… la conférence chantée de jeffrey lewis]
ateliers claus – 15 rue crickx – 1060 saint-gilles – 8 eur
ps// pour les amateurs de rembobinage temporel à vitesse rapide, il sera possible ce même dimanche en fin d’après-midi (17h) de voir à l’œuvre à la ferme du biéreau les fleurons de la nouvelle génération de beatniks psychédéliques: mv&ee, alias matt valentine et erika elder. thurston moore adore (ça rime) ; je reste agnostique.
