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rue saint-denis
sketch du film collectif paris vu par…
(1965 – couleurs – totalité du film : 95 minutes – fragment de pollet : 12 minutes)
en 1965, le jeune producteur barbet schroeder – déjà producteur de « méditerranée » – confie à six cinéastes de la nouvelle vague (outre jean-daniel pollet : jean rouch, éric rohmer, claude chabrol, jean douchet et jean-luc godard) une caméra 16 mm et un peu de pellicule et leur demande de filmer, au plus près d’une certaine idée du « cinéma-vérité » (tournages in situ, son direct, rapidité et quasi-improvisation), six quartiers de Paris. le résultat final permettra d’admirer une excellentissime contribution en plan-séquence de jean rouch (« gare du nord ») et de fuir un des pires films de jean-luc godard, qui selon moi a rarement été à ce point à côté de son sujet.
en montant les marches qui mènent des trottoirs la rue saint-denis à sa petite chambre, léon/melki, devenu plongeur dans un restaurant du quartier, passe d’un univers quasi muet à un cinéma résolument bavard. à l’écran, c’est la prostituée incarnée par micheline dax (elle était déjà présente, mais invisible, dans « gala », dont elle sifflait le thème musical) qui, par la rafale incessante de ses questions, pilonne son mutisme. derrière la caméra, c’est jean-daniel pollet qui lui aura appris à trouver sa manière de parler au cinéma : « l’intention principale était de faire parler melki. Je n’y avais jamais réussi. s’il disait les textes de manière naturaliste, il parlait faux. il fallait lui trouver une diction particulière, mais j’étais handicapé par les conditions matérielles de tournage. nous avions très peu de temps et très peu de pellicule. le premier plan tourné (l’entrée de melki et de la fille dans la chambre) fut un vrai cauchemar. il a fallu recommencer la prise une quinzaine de fois. et puis melki a répété une phrase comme je la lui indiquais : c’était bon. ensuite, cela fut sans problème. l’idée de ce sketch était aussi de mettre en présence une actrice super-professionnelle qui compose son rôle (micheline dax) et cet acteur qui vit le sien. » (« image et son » n°232 – novembre 1969)
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début et fin de mon article sur le site de la médiathèque
micheline dax: “les plus grands airs sifflés par micheline dax” (emi, 1995)
lien 1 [début du sketch]
