plus tout jeune “passeur d’images et de musiques”, né l’année de “terre en transe” (glauber rocha), “playtime” (tati), de “mouchette” (bresson) et de “the velvet underground and nico” (dit “l’album à la banane”)…
ne serait pas ce qu’il est si ses parents ne l’avaient pas fait regarder “holocauste” à l’âge de neuf ou dix ans (anti-fasciste à vie), puis s’il n’avait fréquenté le magasin de disques d’occasion arlequin et la médiathèque, écouté luc janssen (brt – radio 2), radio campus puis radio aligre (paris), découvert the ex et sonic youth, lu “revue et corrigée”, mis les pieds au musée du cinéma, au cinéma nova et à la ferme du biéreau…
musée du cinéma (1995-2001): programmation – médiathèque (depuis 2002): documentaires, littérature et documents sonores sur cd, équipe rédactionelle… – bardaf!, fanzine papier – www.brdf.net , webzine – ubik, microlabel – ferme du biéreau à louvain-la-neuve (2003-2008 – www.corps-et-logis.agora.eu.org ), programmation musique et cinéma – mu, émission sur radio campus…
musiciens : wire, sonic youth, the ex, moondog, meredith monk, huggy bear, daniel johnston, john fahey, the slits, supreme dicks, the raincoats, red crayola, scratch pet land, pj harvey, robert wyatt, christophe, brian eno, thinking fellers union local 282, lightning bolt, jack rose, glenn jones, james blackshaw, sergio ricardo, george sibanda…
>> des disques de mes vies (playlist printemps 2006)
cinéastes : glauber rocha, ritwik ghatak, boris barnet, john ford, jacques tourneur, maurice pialat, jonas mekas, peter kubelka…
>> quatre-vingt cinéastes qui m’entourent (playlist printemps 2006)
” Préfère de loin miss mend à miss monde et boris barnet à matthew barney “

Hier je m’ennuyai devant l’ordinateur. J’ai eu envie de revoir des beaux visages d’actrices: voici Annouck Aimée dans Lola… là où elle n’a jamais été plus belle.
Je regarde autour: des pictogrammes de Terre en Transe, mon film de chevet, et le nom du site “Globeglauber”, titre d’un chapitre du livre de Sylvie Pierre sur Glauber, que je suis précisément en train de relire. En ce moment, je n’ai envie de lire que du Glauber: O diario, O seculo do cinema. Je commence un film dans le nordeste (le deuxième) et j’ai envie de me replonger dans Glauber. Après tout c’est un peu à cause ou grâce à lui que je me suis retrouvée dans le sertao nordeste, au début sur les traces des cangaceiros.
Glauber, c’est le premier choc cinématographique dont je me souvienne (à part ma première vraie scéance de cinéma longtemps avant de L’apprenti sorcier de Dysney): c’est le soir. Dans la maison tout le monde est monté se coucher. Je dois avoir 11 ans. Je rallume la télé, l’heure du Cinéclub: un personnage étrange, vétu d’une cape et d’un chapeau noir affronte un homme qui ressemble à un guerillero. Ils ont l’air noble tous les deux, je tente de comprendre quel est le bon quel est le méchant, quelle est cette langue, qu’est ce que ce western qui ne se passe pas dans le Far West. Tout me fascine… C’est la fin de l’âge du manichéisme pour moi.
Glauber a une place si onirique, et Terre en Transe, un film qui n’a été vu autour de moi en France par aucunes de mes connaissances (je ne connais que des Brésiliens qui l’aient déjà vu). C’est un petit choc de le voir ainsi présenté comme ce même objet intime, fétiche, un sentiment dont je voulais vous faire part.
Amitiés
Marie Pierre
Merci beaucoup – Très touché
philippe / gLgL