
johan van der keuken (à gauche) et willem breuker (à droite)
sur la pochette du lp « 1967-1978 – music for his films » (bvhaast 015)
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« (…) la musique – ou peut être faudrait-il dire le son – m’a obsédé tout au long de ma vie. cela me poursuit comme un fantôme, comme une relation d’amour-haine, comme une maladie étrange.
le marchand de poissons de notre quartier criait constamment quelque chose que je n’arrivais pas à déchiffrer. une sorte de harangue pour vendre sa marchandise. ça me mettait dans tous mes états. les orgues de barbarie également. et les camions de pompiers. j’habitais la zeeburgerdijk, à l’est [d’amsterdam] et quand il y avait le feu dans le quartier, on pouvait déjà entendre arriver le camion à hauteur du moulin. puis, il tournait au carrefour et le son enflait. s’il devait passer sous les voies du chemin de fer, le son changeait à nouveau. je trouvais ça particulièrement passionnant. je savais qu’il devait y avoir de la musique qui répondait à ces sons. et je devais apprendre à la connaitre. j’étudiais scrupuleusement le programme de la radio et si une émission tombait en journée et que ma mère n’était pas à la maison, je faisais l’école buissonnière. plus tard, j’allais écouter des disques à la bibliothèque. c’est comme ça que j’ai découvert edgar varèse, schönberg et les néerlandais tels que willem pijper. toujours de la musique bizarre, déviante. c’étaient les moments les plus excitants de mon encore jeune existence (…) »
(willem breuker, extrait d’une interview de 2008 au journal « vrij nederland » – traduction libre par mes soins)
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willem breuker est mort à amsterdam ce vendredi 22 juillet. l’occasion de lui rendre hommage en republiant ici un article écrit il y a deux ans sur sa complicité créatrice avec le cinéaste documentaire johan van der keuken :
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alfred hitchcock et bernard hermann, federico fellini et nino rota, jacques demy et michel legrand, tim burton et danny elfmann… si dans le domaine du cinéma de fiction, les binômes réalisateur / musicien caractérisés par une grande fidélité dans leur relation de travail et des parcours créatifs communs sur le long terme sont fréquents, il en va tout autrement des cinéastes documentaires… sûrement déjà, en grande partie, parce qu’un double demi-mensonge (ou un double raisonnement biaisé) maintient les cinémas dits “du réel” et les musiques de film à l’écart l’un de l’autre: les premiers seraient par nature les champs irréductibles du vrai ; les secondes seraient par excellence l’un des principaux stratagèmes de la manipulation des affects et des sentiments des spectateurs… le pan du cinéma documentaire qui se passe de toute musique (où cantonne celle-ci au seul générique de début ou de fin) est ainsi plus important que le pan équivalent du cinéma de fiction et, dans les autres cas, proportionnellement au traitement de défaveur médiatique qui est encore réservé à ce cinéma, les compositeurs de musiques de documentaires voient plus rarement leurs compositions éditées en cd et leur travail médiatisé… personnellement, il y a cependant deux de ces nœuds de complicité entre un filmeur du réel et un homme du son qui me viennent à l’esprit ; deux couples où le musicien évolue dans les sphères des musiques improvisées d’après le free-jazz, d’ailleurs: robert kramer et le contrebassiste barre phillips (quatre films en commun de 1980 à 1999 – si kramer n’était pas mort alors, il y a fort à parier qu’il y aurait eu d’autres rencontres entre leurs deux univers) et, surtout, johan van der keuken et le clarinettiste, saxophoniste et chef de bande willem breuker. de “een film voor lucebert” en 1966-67 à “animal locomotion“ en 1994, ce ne sont pas moins d’une petite douzaine de films de van der keuken que breuker aura, en trente ans de parcours commun avec son complice-cinéaste, entrelardé de ses sons.
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terreau fertile de l’épanouissement entrelacé de ces deux créateurs il y a d’abord une sensibilité politique partagée. en 1966, un jeune willem breuker de vingt-deux ans atteint la finale – télévisée – d’un concours de jazz avec sa pièce litanie voor de 14de juni. ce jour-là, de très violents affrontements avaient opposé à amsterdam la police et des manifestants – ouvriers du bâtiment et jeunes radicaux du mouvement “provo” – suite à la mort accidentelle d’un ouvrier lors d’une manifestation la veille (13 juin). “je n’étais pas vraiment un ‘provo’ mais ces événements se produisaient devant moi et ils se produisaient aussi déjà à une époque où il n’y avait pas encore de ‘provos ‘. je me sens encore concerné par les provos à cause de la façon dont vont les choses… quand je vois des mendiants dans la rue, j’ai affaire avec la société toute entière et ma musique aussi a affaire avec ça, même si je ne traduis pas mes idées politiques en musique” (willem breuker, coda n°160 – avril 1978, cité par françoise et jean buzelin in “willem breuker”, éditions du limon, 1992). des mouvements de politisation de la jeunesse à la rencontre desquels johan van der keuken partira en 1968 pour son film “de tijdsgeest” [l'esprit du temps, 1968].
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mais, surtout, si les deux hommes se sont si bien entendus, c’est probablement aussi parce que dans leurs domaines respectifs, ils étaient tous deux des “esprits débordants”, deux pieuvres aux nombreuses tentacules partant à l’exploration de l’inconnu qui les environnait, totalement incapables de rester sagement engoncés dans les carcans des rôles qu’on aurait voulu les voir tenir. johan van der keuken était un photographe et un cinéaste et en tant que cinéaste, n’hésitait nullement à faire s’entrechoquer, dans un même court ou moyen métrage, documentaire et mise en scène, point de vue personnel et thèse politique collective, enregistrement de la réalité et expérimentation de nouvelles formes de cinéma pour la raconter… bref, loin d’être timoré, c’était un documentariste en expansion, centripète, perméable… dans le champ de la musique, on peut presque dire la même chose de willem breuker: plus à l’aise dans la rue ou les théâtres que dans les clubs de jazz , un pied dans la radicalité du free jazz et un pied dans les musiques populaires (p.ex. son attirance pour les musiques de fanfares ou sa composition pour trois orgues de barbarie: “lunchconcert for three amsterdam street organs“, 1969)… “quand j’étais enfant, les orgues de barbarie étaient très répandus à amsterdam et je les entendais souvent… je m’y suis toujours intéressé. un jour, j’ai demandé aux types qui en jouaient dans la rue comment ça marchait. ils ne savaient pas. alors, je suis allé dans la boutique du type qui leur louait les orgues et il m’a dit exactement ce qu’il fallait faire” (w.b. – opus cit.).
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sans cette ouverture d’esprit et cet esprit d’expérimentation des deux hommes, il n’aurait sans doute jamais été possible à johan van der keuken (grand amateur de jazz qui pensait aussi son cinéma en termes de musique) d’écrire a posteriori: “ce qui m’a beaucoup enrichi dans le travail de willem breuker, c’est l’ancrage de la musique dans les qualités et les structures de tous les bruits et de tous les sons de la bande sonore elle-même. donc, la musique n’est pas quelque chose qui joue derrière les images ou sous les images, elle peut jouer devant les images et elle peut aussi s’ancrer ou se fondre dans une bande sonore déjà montée“. ou encore: “lors du mixage, j’essaie souvent de dresser la musique contre la voix en la poussant au maximum de sa puissance, c’est-à-dire jusqu’au seuil où la voix deviendrait inaudible. la musique s’affirme donc dans mes films avec une présence très forte, parfois déterminante dans le déroulement de l’action“. (johan van der keuken, éditions vidéo ciné troc 1985).
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emballé dans une pochette immonde (qui ne sera pas reproduite ici), un double cd reprend le lp qui en 1978 compilait les premières compositions de breuker pour van der keuken, en le complétant des compositions plus récentes pour les films “de meester en de reus“ [le maître et le géant, 1980], “de weg naar het zuiden” [vers le sud, 1980-81], “i love $” [1986] et “on animal locomotion” [1994]. on citera la très émotionnelle composition pour cris de mouettes et section de cordes du gewestelijk orkest de beauty, les chassés-croisés saxophone-hautbois-contrebasse-batterie du triptyque for you – woman – spanish song pour le film de 1967 sur le poète lucebert… mais la vraie merveille de ce disque réside dans la longue, et lente, plainte pour pianos et trombone de la waddenzee suite pour “de plate jungle” [la jungle plate, 1978]. onze minutes de pur bonheur!
philippe delvosalle
avril – mai 2008
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> lien 1 [extrait de "lucebert, tijd en afscheid" de j.v.d.k]
> lien 2 [willem breuker présente sa collection de disques en 1994]
> lien 3 [conférence – en néerlandais - de w.b. sur sa vision du jazz, en 2003]
> lien 4 [bertolt brecht / hans eisler / gisela may / willem breuker]
johan van der keuken (à gauche) et willem breuker (à droite)
sur la pochette du lp « 1967-1978 – music for his films » (bvhaast 015)
« (…) la musique – ou peut être faudrait-il dire le son – m’a obsédé tout au long de ma vie. cela me poursuit comme un fantôme, comme une relation d’amour-haine, comme une maladie étrange.
le marchand de poissons de notre quartier criait constamment quelque chose que je n’arrivais pas à déchiffrer. une sorte de harangue pour vendre sa marchandise. ça me mettait dans tous mes états. les orgues de barbarie également. et les camions de pompiers. j’habitais la zeeburgerdijk, à l’est [d’amsterdam] et quand il y avait le feu dans le quartier, on pouvait déjà entendre arriver le camion à hauteur du moulin. puis, il tournait au carrefour et le son enflait. s’il devait passer sous les voies du chemin de fer, le son changeait à nouveau. je trouvais ça particulièrement passionnant. je savais qu’il devait y avoir de la musique qui répondait à ces sons. et je devais apprendre à la connaitre. j’étudiais scrupuleusement le programme de la radio et si une émission tombait en journée et que ma mère n’était pas à la maison, je faisais l’école buissonnière. plus tard, j’allais écouter des disques à la bibliothèque. c’est comme ça que j’ai découvert edgar varèse, schönberg et les néerlandais tels que willem pijper. toujours de la musique bizarre, déviante. c’étaient les moments les plus excitants de mon encore jeune existence (…) »
(willem breuker, extrait d’une interview de 2008 au journal « vrij nederland » – traduction libre par mes soins)
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willem breuker est mort à amsterdam ce vendredi 22 juillet. l’occasion de lui rendre hommage en republiant ici un article écrit il y a deux ans sur sa complicité créatrice avec le cinéaste documentaire johan van der keuken :
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alfred hitchcock et bernard hermann, federico fellini et nino rota, jacques demy et michel legrand, tim burton et danny elfmann… si dans le domaine du cinéma de fiction, les binômes réalisateur / musicien caractérisés par une grande fidélité dans leur relation de travail et des parcours créatifs communs sur le long terme sont fréquents, il en va tout autrement des cinéastes documentaires… sûrement déjà, en grande partie, parce qu’un double demi-mensonge (ou un double raisonnement biaisé) maintient les cinémas dits “du réel” et les musiques de film à l’écart l’un de l’autre: les premiers seraient par nature les champs irréductibles du vrai ; les secondes seraient par excellence l’un des principaux stratagèmes de la manipulation des affects et des sentiments des spectateurs… le pan du cinéma documentaire qui se passe de toute musique (où cantonne celle-ci au seul générique de début ou de fin) est ainsi plus important que le pan équivalent du cinéma de fiction et, dans les autres cas, proportionnellement au traitement de défaveur médiatique qui est encore réservé à ce cinéma, les compositeurs de musiques de documentaires voient plus rarement leurs compositions éditées en cd et leur travail médiatisé… personnellement, il y a cependant deux de ces nœuds de complicité entre un filmeur du réel et un homme du son qui me viennent à l’esprit ; deux couples où le musicien évolue dans les sphères des musiques improvisées d’après le free-jazz, d’ailleurs: robert kramer et le contrebassiste barre phillips (quatre films en commun de 1980 à 1999 – si kramer n’était pas mort alors, il y a fort à parier qu’il y aurait eu d’autres rencontres entre leurs deux univers) et, surtout, johan van der keuken et le clarinettiste, saxophoniste et chef de bande willem breuker. de “een film voor lucebert” en 1966-67 à “animal locomotion“ en 1994, ce ne sont pas moins d’une petite douzaine de films de van der keuken que breuker aura, en trente ans de parcours commun avec son complice-cinéaste, entrelardé de ses sons.
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terreau fertile de l’épanouissement entrelacé de ces deux créateurs il y a d’abord une sensibilité politique partagée. en 1966, un jeune willem breuker de vingt-deux ans atteint la finale – télévisée – d’un concours de jazz avec sa pièce litanie voor de 14de juni. ce jour-là, de très violents affrontements avaient opposé à Amsterdam la police et des manifestants – ouvriers du bâtiment et jeunes radicaux du mouvement “provo” – suite à la mort accidentelle d’un ouvrier lors d’une manifestation la veille (13 juin). “je n’étais pas vraiment un ‘provo’ mais ces événements se produisaient devant moi et ils se produisaient aussi déjà à une époque où il n’y avait pas encore de ‘provos ‘. je me sens encore concerné par les Provos à cause de la façon dont vont les choses… quand je vois des mendiants dans la rue, j’ai affaire avec la société toute entière et ma musique aussi a affaire avec ça, même si je ne traduis pas mes idées politiques en musique” (willem breuker, coda n°160 – avril 1978, cité par françoise et jean Buzelin in “willem breuker”, éditions du limon, 1992). des mouvements de politisation de la jeunesse à la rencontre desquels johan van der keuken partira en 1968 pour son film “de tijdsgeest” [l'esprit du temps, 1968].
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mais, surtout, si les deux hommes se sont si bien entendus, c’est probablement aussi parce que dans leurs domaines respectifs, ils étaient tous deux des “esprits débordants”, deux pieuvres aux nombreuses tentacules partant à l’exploration de l’inconnu qui les environnait, totalement incapables de rester sagement engoncés dans les carcans des rôles qu’on aurait voulu les voir tenir. johan van der keuken était un photographe et un cinéaste et en tant que cinéaste, n’hésitait nullement à faire s’entrechoquer, dans un même court ou moyen métrage, documentaire et mise en scène, point de vue personnel et thèse politique collective, enregistrement de la réalité et expérimentation de nouvelles formes de cinéma pour la raconter… bref, loin d’être timoré, c’était un documentariste en expansion, centripète, perméable… dans le champ de la musique, on peut presque dire la même chose de willem breuker: plus à l’aise dans la rue ou les théâtres que dans les clubs de jazz , un pied dans la radicalité du free jazz et un pied dans les musiques populaires (p.ex. son attirance pour les musiques de fanfares ou sa composition pour trois orgues de barbarie: “lunchconcert for three amsterdam street organs“, 1969)… “quand j’étais enfant, les orgues de barbarie étaient très répandus à amsterdam et je les entendais souvent… je m’y suis toujours intéressé. un jour, j’ai demandé aux types qui en jouaient dans la rue comment ça marchait. ils ne savaient pas. alors, je suis allé dans la boutique du type qui leur louait les orgues et il m’a dit exactement ce qu’il fallait faire” (w.b. – opus cit.).
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sans cette ouverture d’esprit et cet esprit d’expérimentation des deux hommes, il n’aurait sans doute jamais été possible à johan van der keuken (grand amateur de jazz qui pensait aussi son cinéma en termes de musique) d’écrire a posteriori: “ce qui m’a beaucoup enrichi dans le travail de willem breuker, c’est l’ancrage de la musique dans les qualités et les structures de tous les bruits et de tous les sons de la bande sonore elle-même. donc, la musique n’est pas quelque chose qui joue derrière les images ou sous les images, elle peut jouer devant les images et elle peut aussi s’ancrer ou se fondre dans une bande sonore déjà montée“. ou encore: “lors du mixage, j’essaie souvent de dresser la musique contre la voix en la poussant au maximum de sa puissance, c’est-à-dire jusqu’au seuil où la voix deviendrait inaudible. la musique s’affirme donc dans mes films avec une présence très forte, parfois déterminante dans le déroulement de l’action“. (johan van der keuken, éditions vidéo ciné troc 1985).
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emballé dans une pochette immonde (qui ne sera pas reproduite ici), un double CD reprend le LP qui en 1978 compilait les premières compositions de breuker pour van der keuken, en le complétant des compositions plus récentes pour les films “de Meester en de reus“ [le maître et le géant, 1980], “de weg naar het zuiden” [vers le sud, 1980-81], “i love $” [1986] et “on animal locomotion” [1994]. on citera la très émotionnelle composition pour cris de mouettes et section de cordes du gewestelijk orkest de beauty, les chassés-croisés saxophone-hautbois-contrebasse-batterie du triptyque for you – woman – spanish song pour le film de 1967 sur le poète lucebert… mais la vraie merveille de ce disque réside dans la longue, et lente, plainte pour pianos et trombone de la waddenzee suite pour “de plate jungle” [la Jungle plate, 1978]. onze minutes de pur bonheur!
philippe delvosalle
avril – mai 2008
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> lien 1 [extrait de "lucebert, tijd en afscheid" de j.v.d.k]
> lien 2 [willem breuker présente sa collection de disques en 1994]
> lien 3 [conférence – en néerlandais - de w.b. sur sa vision du jazz, en 2003]
> lien 4 [bertolt brecht / hans eisler / gisela may / willem breuker]