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- urgence rocha

photo de plateau (en nb ; le film est en couleurs flamboyantes) : « la sainte » (rosa maria pena) et coïrana (lorival apriz)
+ deux affiches du film (“ ein polit-western aus der dritten welt “)

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dans une heure, ce mardi à 14h10,  dernière occasion – avant pas mal de temps, sans doute – de voir (et d’entendre) sur grand écran à bruxelles, à l’écran total :

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« antonio das mortes » [o dragão da maldade contra o santo guerreiro]
(glauber rocha – brésil, 1969 – coul. – 95 min)
lundi 02.08.10 – 16h40
+ mardi 03.08.10 – 14h10
+ mercredi 04.08.10 – 21h40
+ vendredi 06.08.10 – 16h40
+ lundi 09.08.10 – 19h10

+ mardi 10.08.10 – 14h10
écran total – arenberg 26 galerie de la reine – 1000 bruxelles

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sinon, il faudra se reporter sur une des trois film versions dvd du film : en double dvd chez versatil (brésil) ou en simple dvd chez films sans frontières (France) ou chez trigon (suisse)

une chorégraphie de corps et de taches de couleurs

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très très content il y a un bon mois de découvrir en page 11 du programme de l’écran total 2010, un extrait de mon article sur « antonio das mortes » de glauber rocha . vendredi dernier, été revoir une x-ième ce film, mais une première fois sur grand écran dans les couleurs vives voulues par le cinéaste (au cours des années nonante, le film passait au musée du cinéma dans la seule copie subsistant alors en belgique : une copie virée au magenta). pas mal de spectateurs ont quitté la salle avant la fin… peut-être le son vraiment trop fort dans la salle, mais aussi  la difficulté pour certains d’appréhender aujourd’hui ce film d’il y a quarante ans. en 2008, je finissais déjà mon texte par ces quelques phrases  : « (…) mystique athée, rocha croyait par exemple au cinéma – y compris à des possibilités de transformations sociales par le cinéma que l’histoire ne rendit pas possible. ce n’est plus très à la mode aujourd’hui. et ce décalage le rend d’autant plus précieux. ».

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« (…) antonio das mortes [o dragão da maldade contra o santo guerreiro] évolue sur le terrain partagé de trois champs de forces proches mais non strictement réductibles : l’histoire, le mythe et la politique. la puissance du propos naît de l’entrechoquement de ces trois dynamiques. […] sans surprise, on est ici aux antipodes d’un cinéma engagé lénifiant ; antonio das mortes est un film de corps en mouvement (danses, combats, empoignades, embrassades…), de couleurs et de musiques éclatantes. la scène du combat d’antonio et coïrana en est un excellent exemple. hormis un court métrage documentaire de commande, antonio das mortes est le premier film en couleur de glauber rocha. et le cinéaste ne se prive pas d’utiliser les possibilités de cette nouvelle palette technique. Les ocres de ses paysages arides sont bariolés de taches de couleurs vives : la tunique rouge du nègre saint-georges/oxossi, le chapeau, le foulard et les lèvres rouges de coïrana, la robe mauve de laura, la femme du ‘coronel’, ou le foulard rose d’antonio…

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bout d’étoffe dont la tension se retrouve au centre de la scène du duel, cordon ombilical, viscère textile flamboyant reliant les bouches des deux hommes, dansant et se battant – entre chorégraphie et boucherie – au milieu du chant obsédant des ’beatos’ – cette
musique du diable” inécoutable par le ‘coronel’ et qu’il s’évertue donc à faire taire par ses sbires. mais la musique ne se taira pas parce que le film de rocha est fondamentalement – et comme peu d’autres films de l’histoire du cinéma – un film musical. un film vraiment – profondément – musical. pas des images auxquelles on aurait rajouté de la musique ni l’inverse, mais un film qui sans les musiques (musiques du folklore de bahia et de minas, ‘música popular brasileira’ de sergio ricardo, musique contemporaine de marlos nobre, blues historiographiques et chansons de gestes nordestines…) qui le structurent, l’innervent et le font avancer, mourrait sur place (…) »

>> début et fin de mon article sur le site de la médiathèque

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« antonio das mortes » [o dragão da maldade contra o santo guerreiro]
(glauber rocha – brésil, 1969 – coul. – 95 min)
lundi 02.08.10 – 16h40
+ mardi 03.08.10 – 14h10
+ mercredi 04.08.10 – 21h40
+ vendredi 06.08.10 – 16h40
+ lundi 09.08.10 – 19h10
+ mardi 10.08.10 – 14h10
écran total – arenberg 26 galerie de la reine – 1000 bruxelles

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par ailleurs, film a été édité (en double dvd) au brésil chez versatil et en (simple dvd) en france chez films sans frontières et en suisse chez trigon.

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lien 1 [la scène du duel]

johan van der keuken (à gauche) et willem breuker (à droite)
sur la pochette du lp « 1967-1978 – music for his films » (bvhaast 015)

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« (…) la musique – ou peut être faudrait-il dire le son – m’a obsédé tout au long de ma vie. cela me poursuit comme un fantôme, comme une relation d’amour-haine, comme une maladie étrange.

le marchand de poissons de notre quartier criait constamment quelque chose que je n’arrivais pas à déchiffrer. une sorte de harangue pour vendre sa marchandise. ça me mettait dans tous mes états. les orgues de barbarie également. et les camions de pompiers.  j’habitais la zeeburgerdijk, à l’est [d’amsterdam] et quand il y avait le feu dans le quartier, on pouvait déjà entendre arriver le camion à hauteur du moulin. puis, il tournait au carrefour et le son enflait. s’il devait passer sous les voies du chemin de fer, le son changeait à nouveau. je trouvais ça particulièrement passionnant. je savais qu’il devait y avoir de la musique qui répondait à ces sons. et je devais apprendre à la connaitre. j’étudiais scrupuleusement le programme de la radio et si une émission tombait en journée et que ma mère n’était pas à la maison, je faisais l’école buissonnière. plus tard, j’allais écouter des disques à la bibliothèque. c’est comme ça que j’ai découvert edgar varèse, schönberg et les néerlandais tels que willem pijper.  toujours de la musique bizarre, déviante. c’étaient les moments les plus excitants de mon encore jeune existence (…) »

(willem breuker, extrait d’une interview de 2008 au journal « vrij nederland » – traduction libre par mes soins)


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willem breuker est mort à amsterdam ce vendredi 22 juillet. l’occasion de lui rendre hommage en republiant ici un article écrit il y a deux ans sur sa complicité créatrice avec le cinéaste documentaire johan van der keuken :


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alfred hitchcock et bernard hermann, federico fellini et nino rota, jacques demy et michel legrand, tim burton et danny elfmann… si dans le domaine du cinéma de fiction, les binômes réalisateur / musicien caractérisés par une grande fidélité dans leur relation de travail et des parcours créatifs communs sur le long terme sont fréquents, il en va tout autrement des cinéastes documentaires… sûrement déjà, en grande partie, parce qu’un double demi-mensonge (ou un double raisonnement biaisé) maintient les cinémas dits “du réel” et les musiques de film à l’écart l’un de l’autre: les premiers seraient par nature les champs irréductibles du vrai ; les secondes seraient par excellence l’un des principaux stratagèmes de la manipulation des affects et des sentiments des spectateurs… le pan du cinéma documentaire qui se passe de toute musique (où cantonne celle-ci au seul générique de début ou de fin) est ainsi plus important que le pan équivalent du cinéma de fiction et, dans les autres cas, proportionnellement au traitement de défaveur médiatique qui est encore réservé à ce cinéma, les compositeurs de musiques de documentaires voient plus rarement leurs compositions éditées en cd et leur travail médiatisé… personnellement, il y a cependant deux de ces nœuds de complicité entre un filmeur du réel et un homme du son qui me viennent à l’esprit ; deux couples où le musicien évolue dans les sphères des musiques improvisées d’après le free-jazz, d’ailleurs: robert kramer et le contrebassiste barre phillips (quatre films en commun de 1980 à 1999 – si kramer n’était pas mort alors, il y a fort à parier qu’il y aurait eu d’autres rencontres entre leurs deux univers) et, surtout, johan van der keuken et le clarinettiste, saxophoniste et chef de bande willem breuker. de “een film voor lucebert” en 1966-67 à animal locomotion en 1994, ce ne sont pas moins d’une petite douzaine de films de van der keuken que breuker aura, en trente ans de parcours commun avec son complice-cinéaste, entrelardé de ses sons.

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terreau fertile de l’épanouissement entrelacé de ces deux créateurs il y a d’abord une sensibilité politique partagée. en 1966, un jeune willem breuker de vingt-deux ans atteint la finale – télévisée – d’un concours de jazz avec sa pièce litanie voor de 14de juni. ce jour-là, de très violents affrontements avaient opposé à amsterdam la police et des manifestants – ouvriers du bâtiment et jeunes radicaux du mouvement “provo” – suite à la mort accidentelle d’un ouvrier lors d’une manifestation la veille (13 juin). “je n’étais pas vraiment un ‘provo’ mais ces événements se produisaient devant moi et ils se produisaient aussi déjà à une époque où il n’y avait pas encore de ‘provos ‘. je me sens encore concerné par les provos à cause de la façon dont vont les choses… quand je vois des mendiants dans la rue, j’ai affaire avec la société toute entière et ma musique aussi a affaire avec ça, même si je ne traduis pas mes idées politiques en musique” (willem breuker, coda n°160 – avril 1978, cité par françoise et jean buzelin in “willem breuker”, éditions du limon, 1992). des mouvements de politisation de la jeunesse à la rencontre desquels johan van der keuken partira en 1968 pour son film de tijdsgeest” [l'esprit du temps, 1968].

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mais, surtout, si les deux hommes se sont si bien entendus, c’est probablement aussi parce que dans leurs domaines respectifs, ils étaient tous deux des “esprits débordants”, deux pieuvres aux nombreuses tentacules partant à l’exploration de l’inconnu qui les environnait, totalement incapables de rester sagement engoncés dans les carcans des rôles qu’on aurait voulu les voir tenir. johan van der keuken était un photographe et un cinéaste et en tant que cinéaste, n’hésitait nullement à faire s’entrechoquer, dans un même court ou moyen métrage, documentaire et mise en scène, point de vue personnel et thèse politique collective, enregistrement de la réalité et expérimentation de nouvelles formes de cinéma pour la raconter… bref, loin d’être timoré, c’était un documentariste en expansion, centripète, perméable… dans le champ de la musique, on peut presque dire la même chose de willem breuker: plus à l’aise dans la rue ou les théâtres que dans les clubs de jazz , un pied dans la radicalité du free jazz et un pied dans les musiques populaires (p.ex. son attirance pour les musiques de fanfares ou sa composition pour trois orgues de barbarie: “lunchconcert for three amsterdam street organs“, 1969)… “quand j’étais enfant, les orgues de barbarie étaient très répandus à amsterdam et je les entendais souvent… je m’y suis toujours intéressé. un jour, j’ai demandé aux types qui en jouaient dans la rue comment ça marchait. ils ne savaient pas. alors, je suis allé dans la boutique du type qui leur louait les orgues et il m’a dit exactement ce qu’il fallait faire” (w.b. – opus cit.).

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sans cette ouverture d’esprit et cet esprit d’expérimentation des deux hommes, il n’aurait sans doute jamais été possible à johan van der keuken (grand amateur de jazz qui pensait aussi son cinéma en termes de musique) d’écrire a posteriori: “ce qui m’a beaucoup enrichi dans le travail de willem breuker, c’est l’ancrage de la musique dans les qualités et les structures de tous les bruits et de tous les sons de la bande sonore elle-même. donc, la musique n’est pas quelque chose qui joue derrière les images ou sous les images, elle peut jouer devant les images et elle peut aussi s’ancrer ou se fondre dans une bande sonore déjà montée“. ou encore: “lors du mixage, j’essaie souvent de dresser la musique contre la voix en la poussant au maximum de sa puissance, c’est-à-dire jusqu’au seuil où la voix deviendrait inaudible. la musique s’affirme donc dans mes films avec une présence très forte, parfois déterminante dans le déroulement de l’action“. (johan van der keuken, éditions vidéo ciné troc 1985).

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emballé dans une pochette immonde (qui ne sera pas reproduite ici), un double cd reprend le lp qui en 1978 compilait les premières compositions de breuker pour van der keuken, en le complétant des compositions plus récentes pour les films de meester en de reus [le maître et le géant, 1980], “de weg naar het zuiden” [vers le sud, 1980-81], “i love $” [1986] et on animal locomotion” [1994]. on citera la très émotionnelle composition pour cris de mouettes et section de cordes du gewestelijk orkest de beauty, les chassés-croisés saxophone-hautbois-contrebasse-batterie du triptyque for you – woman – spanish song pour le film de 1967 sur le poète lucebert… mais la vraie merveille de ce disque réside dans la longue, et lente, plainte pour pianos et trombone de la waddenzee suite pour de plate jungle” [la jungle plate, 1978]. onze minutes de pur bonheur!

philippe delvosalle
avril – mai 2008

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> lien 1 [extrait de "lucebert, tijd en afscheid" de j.v.d.k]
> lien 2 [willem breuker présente sa collection de disques en 1994]
> lien 3 [conférence – en néerlandais - de w.b. sur sa vision du jazz, en 2003]
> lien 4 [bertolt brecht / hans eisler / gisela may / willem breuker]

johan van der keuken (à gauche) et willem breuker (à droite)
sur la pochette du lp « 1967-1978 – music for his films » (bvhaast 015)

« (…) la musique – ou peut être faudrait-il dire le son – m’a obsédé tout au long de ma vie. cela me poursuit comme un fantôme, comme une relation d’amour-haine, comme une maladie étrange.

le marchand de poissons de notre quartier criait constamment quelque chose que je n’arrivais pas à déchiffrer. une sorte de harangue pour vendre sa marchandise. ça me mettait dans tous mes états. les orgues de barbarie également. et les camions de pompiers.  j’habitais la zeeburgerdijk, à l’est [d’amsterdam] et quand il y avait le feu dans le quartier, on pouvait déjà entendre arriver le camion à hauteur du moulin. puis, il tournait au carrefour et le son enflait. s’il devait passer sous les voies du chemin de fer, le son changeait à nouveau. je trouvais ça particulièrement passionnant. je savais qu’il devait y avoir de la musique qui répondait à ces sons. et je devais apprendre à la connaitre. j’étudiais scrupuleusement le programme de la radio et si une émission tombait en journée et que ma mère n’était pas à la maison, je faisais l’école buissonnière. plus tard, j’allais écouter des disques à la bibliothèque. c’est comme ça que j’ai découvert edgar varèse, schönberg et les néerlandais tels que willem pijper.  toujours de la musique bizarre, déviante. c’étaient les moments les plus excitants de mon encore jeune existence (…) »
(willem breuker, extrait d’une interview de 2008 au journal « vrij nederland » – traduction libre par mes soins)

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willem breuker est mort à amsterdam ce vendredi 22 juillet. l’occasion de lui rendre hommage en republiant ici un article écrit il y a deux ans sur sa complicité créatrice avec le cinéaste documentaire johan van der keuken :


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alfred hitchcock et bernard hermann, federico fellini et nino rota, jacques demy et michel legrand, tim burton et danny elfmann… si dans le domaine du cinéma de fiction, les binômes réalisateur / musicien caractérisés par une grande fidélité dans leur relation de travail et des parcours créatifs communs sur le long terme sont fréquents, il en va tout autrement des cinéastes documentaires… sûrement déjà, en grande partie, parce qu’un double demi-mensonge (ou un double raisonnement biaisé) maintient les cinémas dits “du réel” et les musiques de film à l’écart l’un de l’autre: les premiers seraient par nature les champs irréductibles du vrai ; les secondes seraient par excellence l’un des principaux stratagèmes de la manipulation des affects et des sentiments des spectateurs… le pan du cinéma documentaire qui se passe de toute musique (où cantonne celle-ci au seul générique de début ou de fin) est ainsi plus important que le pan équivalent du cinéma de fiction et, dans les autres cas, proportionnellement au traitement de défaveur médiatique qui est encore réservé à ce cinéma, les compositeurs de musiques de documentaires voient plus rarement leurs compositions éditées en cd et leur travail médiatisé… personnellement, il y a cependant deux de ces nœuds de complicité entre un filmeur du réel et un homme du son qui me viennent à l’esprit ; deux couples où le musicien évolue dans les sphères des musiques improvisées d’après le free-jazz, d’ailleurs: robert kramer et le contrebassiste barre phillips (quatre films en commun de 1980 à 1999 – si kramer n’était pas mort alors, il y a fort à parier qu’il y aurait eu d’autres rencontres entre leurs deux univers) et, surtout, johan van der keuken et le clarinettiste, saxophoniste et chef de bande willem breuker. de “een film voor lucebert” en 1966-67 à animal locomotion en 1994, ce ne sont pas moins d’une petite douzaine de films de van der keuken que breuker aura, en trente ans de parcours commun avec son complice-cinéaste, entrelardé de ses sons.

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terreau fertile de l’épanouissement entrelacé de ces deux créateurs il y a d’abord une sensibilité politique partagée. en 1966, un jeune willem breuker de vingt-deux ans atteint la finale – télévisée – d’un concours de jazz avec sa pièce litanie voor de 14de juni. ce jour-là, de très violents affrontements avaient opposé à Amsterdam la police et des manifestants – ouvriers du bâtiment et jeunes radicaux du mouvement “provo” – suite à la mort accidentelle d’un ouvrier lors d’une manifestation la veille (13 juin). “je n’étais pas vraiment un ‘provo’ mais ces événements se produisaient devant moi et ils se produisaient aussi déjà à une époque où il n’y avait pas encore de ‘provos ‘. je me sens encore concerné par les Provos à cause de la façon dont vont les choses… quand je vois des mendiants dans la rue, j’ai affaire avec la société toute entière et ma musique aussi a affaire avec ça, même si je ne traduis pas mes idées politiques en musique” (willem breuker, coda n°160 – avril 1978, cité par françoise et jean Buzelin in “willem breuker”, éditions du limon, 1992). des mouvements de politisation de la jeunesse à la rencontre desquels johan van der keuken partira en 1968 pour son film de tijdsgeest” [l'esprit du temps, 1968].

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mais, surtout, si les deux hommes se sont si bien entendus, c’est probablement aussi parce que dans leurs domaines respectifs, ils étaient tous deux des “esprits débordants”, deux pieuvres aux nombreuses tentacules partant à l’exploration de l’inconnu qui les environnait, totalement incapables de rester sagement engoncés dans les carcans des rôles qu’on aurait voulu les voir tenir. johan van der keuken était un photographe et un cinéaste et en tant que cinéaste, n’hésitait nullement à faire s’entrechoquer, dans un même court ou moyen métrage, documentaire et mise en scène, point de vue personnel et thèse politique collective, enregistrement de la réalité et expérimentation de nouvelles formes de cinéma pour la raconter… bref, loin d’être timoré, c’était un documentariste en expansion, centripète, perméable… dans le champ de la musique, on peut presque dire la même chose de willem breuker: plus à l’aise dans la rue ou les théâtres que dans les clubs de jazz , un pied dans la radicalité du free jazz et un pied dans les musiques populaires (p.ex. son attirance pour les musiques de fanfares ou sa composition pour trois orgues de barbarie: “lunchconcert for three amsterdam street organs“, 1969)… “quand j’étais enfant, les orgues de barbarie étaient très répandus à amsterdam et je les entendais souvent… je m’y suis toujours intéressé. un jour, j’ai demandé aux types qui en jouaient dans la rue comment ça marchait. ils ne savaient pas. alors, je suis allé dans la boutique du type qui leur louait les orgues et il m’a dit exactement ce qu’il fallait faire” (w.b. – opus cit.).


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sans cette ouverture d’esprit et cet esprit d’expérimentation des deux hommes, il n’aurait sans doute jamais été possible à johan van der keuken (grand amateur de jazz qui pensait aussi son cinéma en termes de musique) d’écrire a posteriori: “ce qui m’a beaucoup enrichi dans le travail de willem breuker, c’est l’ancrage de la musique dans les qualités et les structures de tous les bruits et de tous les sons de la bande sonore elle-même. donc, la musique n’est pas quelque chose qui joue derrière les images ou sous les images, elle peut jouer devant les images et elle peut aussi s’ancrer ou se fondre dans une bande sonore déjà montée“. ou encore: “lors du mixage, j’essaie souvent de dresser la musique contre la voix en la poussant au maximum de sa puissance, c’est-à-dire jusqu’au seuil où la voix deviendrait inaudible. la musique s’affirme donc dans mes films avec une présence très forte, parfois déterminante dans le déroulement de l’action“. (johan van der keuken, éditions vidéo ciné troc 1985).


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emballé dans une pochette immonde (qui ne sera pas reproduite ici), un double CD reprend le LP qui en 1978 compilait les premières compositions de breuker pour van der keuken, en le complétant des compositions plus récentes pour les films de Meester en de reus [le maître et le géant, 1980], “de weg naar het zuiden” [vers le sud, 1980-81], “i love $” [1986] et on animal locomotion” [1994]. on citera la très émotionnelle composition pour cris de mouettes et section de cordes du gewestelijk orkest de beauty, les chassés-croisés saxophone-hautbois-contrebasse-batterie du triptyque for you – woman – spanish song pour le film de 1967 sur le poète lucebert… mais la vraie merveille de ce disque réside dans la longue, et lente, plainte pour pianos et trombone de la waddenzee suite pour de plate jungle” [la Jungle plate, 1978]. onze minutes de pur bonheur!

philippe delvosalle
avril – mai 2008

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> lien 1 [extrait de "lucebert, tijd en afscheid" de j.v.d.k]
> lien 2 [willem breuker présente sa collection de disques en 1994]
> lien 3 [conférence – en néerlandais - de w.b. sur sa vision du jazz, en 2003]

> lien 4 [bertolt brecht / hans eisler / gisela may / willem breuker]

pendant qu’à mons…
à bruxelles, rennes, québec, beyrouth :

24h BD / 24h radio
grandpapier.org / radio campus

à l’occasion des 30 ans de radio campus et des 10 ans d’existence de la maison d’édition bruxelloise de l’employé du moi, la plate-forme grandpapier organise sa troisième session de 24 heures de bande dessinée.

comme l’année passée, entre trente et quarante auteurs participeront depuis Bruxelles et un tas d’autres d’ailleurs (rennes, beyrouth, paris, québec… ), tous réunis autour du site le temps d’un weekend pour tenter de relever le défi : 24 pages de bande dessinée en 24 heures à partir d’une contrainte dévoilée à 14h et quelques secondes.

vous pourrez comme d’habitude lire au fur et à mesure de leur production les histoires postées sur le site grandpapier, tout en écoutant radio campus (92.1 mhz à bruxelles ou streaming via le site) qui accompagnera ce marathon sur toute sa longueur. enfin un blog qui ne manquera pas d’être alimenté régulièrement en photos sera disponible. Des webcams montrant l’activité des différents lieux sont également prévues.

cette année l’événement se passera en collaboration – radiophonique et dessinée – avec le festival périscopage à rennes et la radio jet fm à nantes.

date 29 au 30 mai 2010, de 14h à 14h

http://www.radiocampusbruxelles.org
http://grandpapier.org

david greenberger, ernest noyes brookings et william onyeabor

+ “post-scriptum” des séquences titanic / naufrages et beatles des émissions précédentes + spéciales ernest noyes brookings et william onyeabor + annonces des concerts de ichi et the hand (caveau sauvage – louvain-la-neuve – 14.05.10) et de fred frith (ateliers claus – saint-gilles – 27.05.10) ainsi que de la “conférence” de pierre deruisseau sur l’afro-futurisme (médiathèque du passage 44 – bruxelles – 14.05.10)

= = = = = = =
P L A Y L I S T
= = = = = = =

1- matt elliott the kursk – “drinking songs” (ici d’ailleurs, 2004)
2- half japanese titanic – “we are they who ache with amorous love” (psycho acoustic sounds, 1990)
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3- ichi – 音の葉とんび – “mono” (coup, 2006)
4- the handand fold I – “berries from the rubble” (angel’s egg, 2009)
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5- between meals john lennon and the beatles [paroles d’ernest noyes brookings] – mini-lp “oh no, i just knocked over a cup of coffee” (irridescence, 1983)
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6- pale nudes duplex nursing home – “wise to the heat” (recrec, 1996)
7- eugene chadbourne picnic – compilation lp “lyrics by ernest noyes brookings” (shimmy-disc, 1989)
8- dumpwhite worms – “a plea for tenderness” (brinkman, 1997)
9- yo la tengoartificial heart – “genius + love = yo la tengo” (matador, 1996)
10- fred frithlife of a detective – compilation “place of general happiness – lyrics by ernest noyes brookings vol.2” (east side digital, 1991)
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11- jad fairshoes – 7’’ e.p. “short songs” (smells like records, 1993)
12- jad fairshoestrings – “greater expectations” (psycho acoustic sounds / tec tones, 1995)
13- jad & naohaircuts – “half robot” (sakura / psycho acoustic sounds / erl / seminal twang, 1992)
14- half japaneseear – “we are they who ache with amorous love” (psycho acoustic sounds, 1990)
15- duplex halloween planethalloween – “duplex halloween planet” (hello recording club, 1993)
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16- william onyeaborbetter change your mind – lp “atomic bomb” (wilfilms, 1978)
17- william onyeaborgood name – lp “good name” (wilfilms, 1983)
18- william onyeaborlove is blind – lp “great lover” (wilfilms, 1981)
19- n’draman blintchsagnier l’afrique – lp “cikamele” (wilfilms / cosmic sounds, 1979)
20- william onyeaborwhen the going is smooth and good – lp “anything you sow” (wilfilms, 1985)
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21- mike laddblade runner – “easy listening 4 armageddon” (scratchie, 1997)

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MU
“deux heures de contrastes en musiques mutines et mutantes”
est l’émission radio que j’anime presque tous les dimanches de 20.30 à 22.30
sur radio campus bruxelles (92.1 mhz à bruxelles ou en streaming)
avec david menessier (dj rupert pupkin) et david zabala jarrin

valérie benguigui et valentin vigourt dans « la famille wolberg » d’axelle ropert (2009) : il prit le quarante-cinq tours, le rompit…

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vu mercredi dernier le film d’axelle ropert, repéré grâce à la liste des films 2009 de pascale bodet sur le site de chronicart.

adoré ! bouleversé par le ton, les personnages et les acteurs (tout particulièrement le petit valentin vigourt – « le naturel chez les jeunes acteurs ne m’intéresse pas du tout. en général, on n’utilise les jeunes acteurs que pour ça, parce qu’ils sont naturels et spontanés. je voulais des jeunes acteurs capables de jouer, de styliser, d’avoir une certaine tenue » – axelle ropert interviewée par virginie apiou), le rapport à la musique et au disque, le traitement, cette manière non-forcée d’avoir un pied dans le cinéma français et un pied ailleurs, plus loin, de l’autre côté de l’atlantique…

quand, ce matin, je me suis aperçu que la dernière projection bruxelloise n’avait pas eu lieu avant-hier, vendredi, mais n’aurait lieu qu’après-demain, mardi, je suis parti chez tropismes acheter le n°73 de la revue trafic pour y lire « la famille wolberg, mexicaine, égyptienne ou ninivite », l’article que pascale bodet – encore elle… – consacre au film :

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« celui qui est cadré, c’est celui qui éprouve le sentiment le plus fort, souvent celui qui a le plus mal. parfois aussi, celui qui a le plus mal parce qu’il est blessé par celui qu’il a en face, veut blesser à son tour. alors, si celui d’en face éprouve un sentiment également fort, ou même plus fort, il est à son tour cadré. parfois aussi, l’autre est blessé, sans que celui qui l’a blessé ait pensé à mal. alors, c’est l’autre, le blessé, qui est cadré. ou bien alors c’est celui qui déclare son amour, et l’absence de contrechamp en fait un amoureux solitaire. le champ-contrechamp, axelle ropert en fait une affaire personnelle. en général, cette technique permet de mettre en scène deux parties à égalité et de montrer comment une confrontation a lieu, comment la guerre se déclare ou comment la paix se fait entre deux individus. c’est au montage qu’on ‘équilibre’ le face à face, qu’on crée l’événement par le passage du champ au contrechamp : en repérant les points d’intensité, en surprenant les réactions. dans les mauvais films, le champ-contrechamp est une technique caricaturale et impudique qui amplifie les réactions jusqu’à  fabriquer la confrontation. plutôt qu’un face à face à équilibrer, le champ-contrechamp est dans la famille wolberg un duel de noblesse en déséquilibre ; on passe au contrechamp, ou on retourne au champ, seulement quand celui qui est filmé a fini de brandir son trophée de douleur, qui est plus lourd, plus grand, plus beau. il n’y a personne pour chaparder une bribe de contrechamp, pour casser le trophée. si événement il y a, il a lieu d’un bloc ou par blocs, parce qu’on est avant de se déclarer la guerre ou de faire la paix. on est dans un monde primitif où les gens, encore dans leurs revendications de forteresses assiégées, ne peuvent pas s’entendre, et où, il n’y a pas de place pour les juger. on est dans une tragédie de portraits. si bien qu’il ne s’agit pas de relier de gré ou de force les blocs qui se font front, de les raccorder sur des réactions spontanées, surprises dans l’instant. des blocs coexistent en entier, comme on dit de quelqu’un que son caractère est entier. entiers dans leur solitude (c’était le sujet d’étoile violette), entiers dans la solitude de leur bouleversement. (…) »

(la suite, page 20 dans trafic n°73)

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« la famille wolberg »
(axelle ropert – france-belgique, 2009 – coul. – 81 min)
dimanche 02.05.10 – 21h
+ lundi 03.05.10 – 14h10
+ mardi 04.05.10 – 17h

arenberg
26 galerie de la reine – 1000 bruxelles

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lien 1 [interview de la cinéaste - retranscrite]
lien 1bis [interview de la cinéaste - vidéo]
lien 2 [extrait – "45t cassé"]
lien 3 [let me down easy de betty lavette]

mains / bouches / discours / regards / rapports de forces dans « terra em transe » de glauber rocha (1967)


ce dimanche à 18h, deuxième et provisoirement dernier passage d’un de mes films préférés au musée du kinéma de bruxelles.

/// je posterai plus tard – après la projection et après mon émission radio de ce soir – un texte relatif à la séquence ci-dessus… /// surprise… /// suspense… ///

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- – -  et voilà… – - -
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« (…) « terre en transe » ne fut pas un succès au box-office, mais il scandalisa les intellectuels et les artistes de rio. certains spectateurs – notamment les partisans du théâtre politique engagé – se mirent à huer lorsqu’on ralluma les lumières. une scène en particuliers les choqua. pendant la manifestation de masse, le poète, qui est aussi l’un des orateurs, fait venir un ouvrier syndiqué devant lui. afin de montrer à quel point celui-ci est peu préparé à lutter pour ses droits, le poète lui plaque violemment la main sur la bouche et crie en direction des autres (et du public) : ‘ voilà ce qu’est le peuple ! un tas d’imbéciles, d’illettrés, qui ne comprennent rien à la politique ! ‘. ensuite, un pauvre hère, représentant les déshérités inorganisés, apparaît au milieu de la foule. il essaie de parler mais est réduit au silence : un des gardes du corps du candidat lui introduit le canon de son arme dans la bouche. le cinéaste répète cette image inoubliable au cours de différents gros plans de plusieurs secondes.

j’ai été témoin des vives discussions, des protestations indignées que cette scène provoquait dans les bars. pour moi, elle symbolisait un grand évènement que j’essayai de cerner des centaines de fois sans arriver à le nommer : la mort du populisme. les démagogues populistes sont somptueusement ridiculisés dans ce film, avec leurs crucifix, leurs drapeaux et leurs décapotables qui roulent sur l’aterro do flamengo (cette route moderne, très large, longe la mer et est bordée de jardins paysagers). on les voit dans leurs hôtels particuliers tapageurs célébrer les rites solennels de l’église et du carnaval qui touchent le cœur des masses, etc. mais c’est surtout leur foi profondes dans les forces populaires – et le respect que les bonnes âmes accordent aux pauvres – qui était rejetée en tant qu’arme politique et que valeur éthique se suffisant à elle-même. je me trouvais face à une véritable hécatombe. et je souhaitais ardemment réfléchir à ce qui la motivait et en anticiper les conséquences. le ‘tropicalismo’ n’aurait jamais pu naître sans cet épisode traumatique. [c’est moi qui souligne – gLgL]

cette critique radicale du populisme de gauche traditionnel nous poussait à envisager notre pays à partir d’une perspective beaucoup plus large. de façon totalement inattendue, elle ouvrait la voie à tout un éventail de nouvelles critiques anthropologiques, mythiques, mystiques, formelles et morales. la scène du poète et de l’ouvrier rendait furieux les communistes et m’enchantait pour son courage : les images qui la précédaient et la suivaient essayaient de dévoiler un élément important de notre situation et de nous pousser à nous interroger sur notre destin. (…) cette dramaturgie politique contrastait violemment avec les stéréotypes traditionnels qui réduisaient tout à la lutte des classes. et surtout glauber rocha présentait la rhétorique et la poétique de la vie brésilienne après 1964 : un profond cri de douleur et de révolte impuissante, mais aussi une vision mise à jour, presque prophétique de nos possibilités réelles d’être et de sentir. (…) »

(caetano veloso « pop tropicale et révolution » – ed. le serpent à plumes, 2003)


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« terra em transe » [terre en transe]
(glauber rocha – brésil, 1967 – nb – s-t. fr. – 108 min)
jeudi 15.04.10 – 18h
+ dimanche 18.04.10 – 18h
musée du kinéma
(petite salle) 9 rue baron horta – 1000 bruxelles – 1 / 3 eur

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lien 1 [extrait – scène de la « rencontre d’un leader avec le peuple »]
lien 2
[extrait – fin du film]

lien 3 [interviews : caetano veloso – glauber rocha]
lien 4 [montage : glauber – frankenstein - caetano]

lien 5 [le texte « esthétique de la fin » de rocha sur dérives.tv]

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