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Archive for the ‘dvd’ Category

Liechti_Signer_X

des feux d’artifices, des rubans rouges et des paysages islandais : raketenbänder de roman signer enregistré par la caméra de peter liechti.

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avant-hier, en googlant le nom de boris barnet, je suis tombé sur le site de la cinémathèque suisse sur la triste nouvelle de la mort de peter liechti (1951-2014), cinéaste ayant e.a. quelque réalisé quelques splendides films-essais sur les artistes voice crack (musiciens – cf. billet ci-dessous) ou roman signer (artificier-poète – cf. ci-dessus).

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je suis très triste mais je ne suis pas près d’oublier ses films.

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lien 1 [bande-annonce de signers koffer / signer ici]
lien 2 [site peter liechti]
lien 3 [un très beau texte de nicole brenez pour le festival de la rochelle

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Liechti Kick golf

peter liechti, andy guhl et norbert möslang jouent au minigolf au début de kick that habit, portrait cinématographique des deux derniers par le premier.

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en hommage à peter liechti (1951-2014), ciné-poète suisse récemment décédé, un texte écrit en 2010 pour le projet archipel :

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métaphoriquement – même s’ils ont commencé, au début des années 1970, à improviser sur des instruments « normaux » (contrebasse, clarinette, saxophone, piano, etc.) –, on pourrait raconter l’aventure du duo suisse voice crack, à partir du moment où ils mutent pour s’inventer petit à petit dompteurs de gadgets électroniques détournés, en la faisant commencer dans une décharge, chez un ferrailleur, sur un marché aux puces ou dans une solderie (« tout à un franc suisse ! ») de saint-gall. c’est effectivement dans ces lieux du recyclage et de la énième vie des objets manufacturés qu’ils pouvaient le plus facilement trouver ces vieux transistors, cartes de vœux sonores, lampes de vélo clignotantes, jeux électroniques démodés dont ils s’appliquaient à extraire des sons non prévus à l’origine par leurs concepteurs. ces fameux cracked everyday electronics qui ont fait leur renommée et qu’ils extirpaient du champ du déchet et du tout-venant pour leur donner un statut d’instruments et les mettre en scène sous les projecteurs du monde de la musique. et – partant de là – qui ont suscité la rencontre avec un public et l’étonnement et l’émerveillement, moult fois vérifiés en concert, de celui-ci.

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kick that habit, le portrait cinématographique que leur concitoyen saint-gallois peter liechti leur consacre en 1989, commence quant à lui dans un étrange mini-golf/tourniquet conçu par un des membres du groupe, par ailleurs architecte, andy guhl : une seule piste mais douze obstacles différents et interchangeables placés sur une roue métallique verticale en milieu de parcours. en une séquence de prégénérique d’à peine plus d’une minute, trois fils rouges liés à la démarche de voice crack sont déjà partiellement déroulés : le plaisir du jeu (évidemment lié au souvenir, vivace, de l’enfance), un certain humour décalé, un peu pince-sans-rire, et, enfin, l’invention d’un monde et sa réalisation manuelle par le biais du bricolage. plus loin dans le film, un repas devient un moment musical : on manie le fer à souder au milieu des assiettes et des couverts, « entre la poire et le fromage »… les sons du tire-bouchon, du casse-noix, des œufs qui bouillent ou des sachets de thé qui goutent sont suramplifiés ; des électrodes reliées à un ampli de guitare posé sur un coin de la table sont sauvagement plantées dans un citron qui se met à « crier » son acidité : voice crack atténue les limites entre l’acte musical (la répétition, l’enregistrement, le concert) et le reste de la vie (un repas, leurs déplacements, une halte dans une cafétéria de haute montagne, etc.), habituellement considérée comme non musicale.

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cette idée que tout ce qui les entoure (toutes les situations, tous les objets, tous les sons) peut entrer dans leur univers créatif et qu’ils pourraient être voice crack vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept est soulignée par un des audacieux partis pris de cinéma de peter liechti. kick that habit est un film foncièrement sonore et musical (comme peu l’ont été dans l’histoire du cinéma) mais aussi, en corollaire, un portrait dans lequel pas un seul mot n’est prononcé (pas de voix off, pas d’entretiens). mieux encore, andy guhl et norbert möslang se sont chargés de la bande-son et sans cesse ils brouillent les pistes entre les sons correspondant aux images (son direct et field recordings) et ceux émanant de leur manipulation des cracked everyday electronics. le spectateur de ce film-poème qu’il s’agit autant d’écouter que de regarder (au-delà de ses superbes images 16 mm, alternant séquences en couleurs et en noir et blanc) ne sait jamais exactement ce qu’il entend. ce trouble est précieux parce que, en estompant la frontière entre musique et non-musique, il élargit les possibilités d’émerveillement à l’écoute du monde.

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lien 1 [la séquence du minigolf]
lien 2 [site peter liechti]
lien 3 [un très beau texte de nicole brenez pour le festival de la rochelle]

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gLgL_brouillard_antichrist

ANTICHRIST

lars VON TRIER

danemark – allemagne – france – suède – italie – pologne – 2009

mcfb

 

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gLgL_brouillard_Sunrise1

SUNRISE: A SONG OF TWO HUMANS

l’aurore

friedrich wilhelm MURNAU

états-unis – 1927

mcfb

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brouillard_sunrise_1bis

SUNRISE: A SONG OF TWO HUMANS

l’aurore

friedrich wilhelm MURNAU

états-unis – 1927

mcfb

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samuel fuller (1912-1997) journaliste à seize ans à park row pour le new york evening graphic ; quatre-vingt ans plus tard, samuel fuller (et michelangelo frammartino, vittorio de seta et artavazd pelechian) sur les versions « tablettes » de la sélec et de détours.

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« ce n’est pas un hasard si le portrait [de samuel fuller] qu’adam simon réalise en 1996 pour le british film institute, avec la complicité de tim robbins, jim jarmusch, martin scorsese et quentin tarantino, porte un titre (the typewriter, the rifle and the movie camera) intimement complémentaire au sous-titre du livre de mémoires que christa lang fuller et jerome henry rudes aident à faire publier presque au même moment: my tale of writing, fighting and filmmaking. qu’on l’aborde sous l’angle de l’outil (machine à écrire, fusil et caméra) ou sous l’angle de l’action qui en découle (écrire, combattre, filmer), tout samuel fuller repose sur ce trépied. »
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> la suite de mon article sur samuel fuller et la mémoire de la guerre (the big red oneverboten –  falkenau, vision de l’impossible) sur le site de la médiathèque

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ou

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désormais, aussi sur « tablettes » ipad ou androïd !!
(applications gratuites avec mise en page adaptée, liens, extraits sonores et vidéo, etc.)

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j’aime à penser que si sam fuller était né en 1992 au lieu de 1912, il publierait très probablement aujourd’hui ses articles sur internet ou via d’autres supports et écrans de lecture. dans vingt ans, lorsqu’il réaliserait alors son park row, il devrait peut-être néanmoins adapter les cartons du générique de début du film de 1952 : « these are the names of the 1,772 daily newspapers in the united states / one of them is the paper you read / all of them are the stars of this story / dedicated to american journalism ».

 

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hangin’ in the treme
watchin’ people sashay
past my steps
by my porch
in front of my door

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church bells are ringin’
choirs are singing
while the preachers groan
and the sisters moan
in a blessed tone

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down in the treme
just me and my baby
we’re all going crazy
while jamming and having fun

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down in the treme
is me and my baby
we’re all going crazy
while jamming and having fun

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trumpet bells ringing
bass drum is swinging
as the trombone groans
and the big horn moans
and there’s a saxophone”

(…)

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les premières saisons de deux séries prestigieuses produites par la chaine payante américaine hbo et initialement diffusées sur cette antenne à quelques mois d’intervalle, au printemps et à l’automne 2010, viennent d’arriver en dvd à la médiathèque.

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la vision – même distraite – de leurs deux génériques de début en dit déjà pas mal, en à peine deux fois 90 secondes, sur ce qui va sous-tendre et faire avancer chacune d’elle pendant une dizaine ou une douzaine d’heures. la séquence d’ouverture de boardwalk empire de terence winter (et son chaperon martin scorsese) montre, sur fond de morceau rock des brian jonestown massacre,  un steve buscemi pas très net sur la plage d’atlantic city devant un ciel de nuages accélérés et une mer de vagues se cassant au ralenti sur les rochers. culminant dans la déferlante de quelques dizaines de bouteilles d’alcool de contrebande en images de synthèse qui échouent sur le rivage, cette introduction annonce en terme de facture pas mal de ce qui va suivre au cœur des épisodes de la série : une culture de l’illusion et de la reconstitution (reconstruire en trois dimensions, avec un souci acharné du détail, une centaine de mètres de la jetée d’atlantic city sous la prohibition – hôtel de luxe, boutique de mode, officine de photographe, etc. – puis en prolonger artificiellement et numériquement les lignes de fuite à l’horizon, quelques kilomètres plus loin, par des techniques infographiques). bien sûr, dans son côté « trop réaliste / donc artificiel », le générique préfigure en particulier un certain nombre de scènes oniriques de la série… mais, cela reste quand même très kitsch (et – avis personnel – assez laid).

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le générique de début de la première saison de treme, la nouvelle série de david simon et eric overmyer, les créateurs de the wire (sur écoute), peut presque se lire comme la proposition artistique contraire de la précédente : modestie, humanité, émotion, vibration documentaire et, dans sa confection, attachement à des supports argentiques à priori considérés comme relevant du passé. se refusant d’utiliser des images qui réapparaitront au sein même des épisodes, cette  séquence d’ouverture pose les bases de tout ce qui va suivre. c’est sur ce socle documentaire d’une minute trente que vont reposer les six cent minutes de fiction qui suivront. c’est grâce à lui que, quand au tout début du premier épisode, apparaît l’inscription « three months later » on sait à quel évènement on se réfère, quand (et ) on se trouve : fin novembre / début décembre 2005 à la nouvelle-orléans, trois mois après le passage meurtrier de l’ouragan katrina.

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presque « film dans le film », ce véritable petit bijou d’une minute trente (signé karen thorson, nina noble et david simon) est marqué à la fois par la cohérence (surtout au niveau du son : comment les images sont rythmées sur la « treme song » de john boutté – cf. paroles ci-dessus) et l’éclatement (dans les images). combinant l’emprunt d’images couleurs et noir et blanc, en pellicule (35mm, sans doute 16mm et super 8) et en vidéo et même de photographies fixes invitées dans la danse par la science du montage, le générique n’insiste pas plus sur les stigmates de katrina que sur les différentes incarnations vibrantes de musiques de rue (fanfares, « second lines » et autres défilés – voire même, d’autres activités de rue, jouées dans l’espace public, comme le saut à la corde ou le baseball) qui font le patrimoine de la nouvelle-orléans et qui auraient pu être laminées par l’ouragan (ou, en tout cas, pas sa gestion lamentable par les différents échelons de l’administration bush). c’est effectivement la musique – les musiques (de différents styles et statuts, de la plus authentique à la plus touristique) – qui innerve presque tous les méandres de cette série furieusement non tape-à-l’œil qu’est treme.

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le moment même où l’ouragan déferle sur la ville ne se retrouve que par trois brefs plans : un tourbillon et deux violents claquements de vent et de vagues (l’un de la gauche vers la droite ; l’autre de la droite vers la gauche) dans l’embrasure des deux constructions inondées. c’est plutôt l’après-ouragan – le moment où, le calme revenu, on se rend compte de l’étendue des dégâts et de l’ampleur de ce qu’il faudra reconstruire – qui est montré via la tristement célèbre signalétique en X bombée par les équipes de secours sur les bâtiments visités (date de l’intervention, nombre de survivants et de cadavres trouvés, etc.), un travelling sur une rangée de maisons vides et, surtout, via les traces de moisissure, de peinture (et d’émulsion photo) écaillée laissées par les eaux même après qu’elles se soient retirées. on pourrait craindre une esthétisation du malheur humain dans cette utilisation des très belles images de moisissures (échos des peintures de l’abstract expressionism américain ou des films expérimentaux de stan brakhage par ex.). mais, cette bombe à retardement est très vite désamorcée par le sens de l’empathie de simon et overmyer pour leur galerie de personnages toujours respectés, pétris de nuances et de contradictions, presque jamais caricaturaux.

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lien 1 [les 12 minutes de the craddle is rocking de frank decola en 1968]
lien 2 [déconstruction minutieuse du générique de la saison 2 sur le blog inside treme]
lien 3 [autre billet sur le générique de la saison 2]
lien 4 [d’autres photos, moins « plasticiennes », des intérieurs de maisons dévastées après le retrait des eaux]
lien 5 [les archives en ligne de la historic new orleans collection]

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