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Posts Tagged ‘benoit deuxant’

guy-marc hinant et david toop transbahutant un fauteuil, dans l’appartement londonien du second, au début de « i never promised you a rose garden » (observatoire des musiques électroniques – 2004-2008).

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assez paradoxalement (en apparence, en tout cas) la « chose » que je suis le plus fier d’avoir contribué à offrir en lecture sur le site de la médiathèque en 2009 – et qui, malheureusement, n’y sera sans doute pas la plus lue – n’est pas de moi – ou alors si peu. ce n’est pas un article que j’aurais écrit mais une interview que j’ai coréalisée avec benoit deuxant. envoyer quelques « balles » (questions) puis suivre les échanges, la pensée en train de s’exprimer, de rebondir… de temps en temps (pas souvent), la relancer… enregistrer puis retranscrire… têtes enregistreuses, coutumiers d’un travail cinématographique essentiellement basé sur l’écoute de la parole des autres, guy-marc hinant et dominique lohlé passent avec aisance de l’autre côté du filet – ou du micro – au statut de têtes parlantes.

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depuis le début des années 2000, la paire guy-marc hinant / dominique lohlé enregistre, dans leurs films à quatre mains, à toute petite équipe et à mini budgets, deux réalités fondamentales et passionnantes mais pourtant quasiment toujours absentes de ce que l’on a l’habitude de nommer documentaires musicaux : la parole (des musiciens) et l’écoute. une sorte de feuilleton éclectique, donc chaotique, où le cinéma joue le rôle précieux d’un dispositif de production – et d’enregistrement – d’une série de présences à l’écran difficiles à oublier.

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«  (…) moi : on a l’impression qu’aux diverses personnalités rencontrées correspond à chaque fois un traitement un peu différent, ça semble évident. mais est-ce que vous pouvez nous dire si c’est vous qui l’imposez – par exemple, est-ce que vous arrivez chez vos interlocuteurs avec une idée de « quel jeu jouer » – ou bien est-ce que ça vient aussi d’eux…?

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dominqiue lohlé : c’est compliqué parce qu’en fait ça engage quasiment la totalité de la pratique… je pensais à ça, il y a quelques jours, parce qu’on vient de reprendre le travail sur célestin deliège, il a très peu de temps… je pense que, d’une façon très générale, on fonctionne sur une pensée à posteriori, donc avec très très peu de préméditation. comme j’aime à le répéter de manière un peu
snob, on fonctionne dans un système qui est purement épiméthéen et non prométhéen; on est vraiment des artistes anti-prométhéens par excellence… et donc, ça produit quelque chose qui ressemble quand même à de la panique. je pense que le tournage est un moment de panique…

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guy-marc hinant : parfois, ça apparaît dans le film. au tout début du toop par exemple, on le voit bien. le spectateur voit qu’on ne sait pas très bien ce qu’il faut faire. comme on sait que le film va se dérouler dans cette pièce, il est très important de savoir comment disposer par exemple une chaise, où toop va s’asseoir, etc. c’est finalement la chose la plus importante, mais on ne le savait pas. ce qui fait que le début du film, c’est une interrogation sur comment on va procéder et comment on va résoudre ce problème. puis, de façon assez comique, c’est évidemment toop qui dit «
déplaçons ce fauteuil là ». on le fait, et le film commence… donc voilà : là, c’est la panique – dont tu parlais – qui apparaît dans le film.

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dominique lohlé
: mais, ce truc est peut-être symptomatique mais pas totalement emblématique de  la manière dont on travaille parce que la forme que prend la panique chez moi est plutôt une forme agitée et chez guy-marc une forme plutôt stupéfaite. or, stupeur et tremblement sont deux figures extrêmement importantes de la complexité en dramaturgie. en dramaturgie quand un personnage rentre dans un système de complexité, d’indétermination, on peut reconnaître des traits de comportements qui appartiennent, soit à de la stupeur – « être ou ne pas être », soit à de l’agitation – « garçon, la même chose ». et, on est un petit peu, tous les deux, dans un état de complexité dramaturgique, dans un état d’indétermination. et bizarrement, par des traits qui sont certainement liés à nos personnalités, ça  produit un espace qui permet aux gens qu’on rencontre d’émerger petit à petit tels qu’en eux-mêmes… puisqu’on imprime très très peu de choses, ça passe par un moment de flottement, et puis ce flottement, avec la fatigue, débouche en général sur quelque chose qui correspond de plus en plus aux automatismes de fonctionnement des gens. et ces automatismes finissent par produire eux-mêmes le matériau. la structure du film est construite uniquement sur le matériau a posteriori. c’est comme ça que la structure du film évolue et change, de personne en personne, puisque c’est chacune des personnes qu’on filme qui fini par donner la structure du film, quasiment du fait de sa personne.

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guy-marc hinant : c’est pour cela aussi que le dispositif doit être excessivement simple au départ »

> début et fin de « monstre à quatre oreilles », l’interview-fleuve de guy-marc hinant et dominique lohlé par benoit deuxant et moi-même sur le site de la médiathèque

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accès (à l’interview) par « chapitres » / par inter-titres :

temps qui passe et temps suspendu
xenakis et l’acid
le tournage comme moment de panique
un discours théorique né de la pratique – tournage et montage
contre le fantasme du film kilométrique
le plaisir du regret contre la tentation du repentir
la puissance de la parole – la rareté de l’écoute
produire une présence
ici et maintenant
mythologie contre hagiographie
la recette du documentaire rtbf
toujours quelque chose?
envers et contre la maladresse: une esthétique quasiment ordurière

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> chronique de « i never promised you a rosegarden » par benoit deuxant

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> site de l’observatoire des musiques électroniques (o.m.e.) – achat des dvds

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jeanneau_kink_gong

laurent jeanneau micro tendu en asie + quelques pochettes de son label


depuis plus de dix ans, laurent jeanneau, globe-trotteur d’origine française désormais installé en chine, enregistre de par le monde les musiques de minorités en danger (en danger de disparition pure et simple ou d’acculturation). Sous la bannière kink gong il a ainsi sorti une grosse vingtaine de cd consacrés aux minorités ethniques du Sud-Est asiatique [lire l’article de benoit deuxant à ce sujet]. Ses enregistrements ont aussi donné lieu à trois disques sur l’excellentissime label sublime frequencies. mais comme son rapport à ces musiques est avant tout… musical (plutôt qu’avant tout ethnographique ou humanitaire), il utilise le même jeu de mot – kink gong, donc – pour proposer sa propre musique dans laquelle se retrouvent entrelacées en une étoffe fascinante le fil rouge de ses bandes de field recordings [enregistrements de terrain] et de délicates interventions electronica ou électro-acoustiques. une construction sonore hybride qui fera fuir les ayatollahs du purisme… mais accourir les auditeurs curieux et les tenants d’une réflexion un peu moins monolithique et un peu plus nuancée sur l’état des musiques de notre planète. une réflexion qui commencerait… par l’écoute.

> traduction d’une interview de laurent jeanneau et rob millis parue dans “ruis”


en première partie, un autre expatrié, le cow-boy écossais-belge wilf plum (ex-dog faced hermans) proposera par une technique plus ancienne (la chanson, la reprise) une autre voie pour la réappropriation d’un certain corpus musical collectif à partager. Avant, après et entre les deux concerts, notre collègue benoit deuxant, l’homme-noreille, répondra, par un de ces enchaînements de disques dont il a le secret, à la thématique sous-jacente de la soirée.

> il y a quelques mois, un billet de ce blog déjà consacré à wilf plum


kink gong (france-chine) ~ wilf plum (écosse-Belgique) ~ dj b200 (belgique)
samedi 11 octobre – 20h – la compilothèque
50 quai des péniches – 1000 bruxelles – env. 5 eur

lien 1 [espace king gong]
lien 2 [bande annonce d’un dvd sublime frequencies tourné par rob millis en thaïlande]
lien 3 [les excellentes vidéos de wilf plum et andy kerr sur y**t***]

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