Feeds:
Posts
Comments

Posts Tagged ‘bozar’

gLgL blow up disques

/
/
sortie en 2001 sur le label plain recordings de san francisco, la compilation iamaphotographer. a été conçue comme un hommage en musique à blow up (1966) de michelangelo antonioni. elle reprend 13 propositions musicales émanant de quelques éclaireurs du rock, du jazz, du folk ou des musiques électroniques (richard youngs, sun city girls, loren mazzacane connors, william parker, arthur doyle, matmos, etc. ). tenter de suivre les fils qui relient ces multiples approches sonores du film à leur objet de fascination et d’inspiration amène presque automatiquement à réécouter sa bande-son d’origine – voire à le re-regarder en confiant, plus que de coutume, à nos oreilles le poste de commandement de notre vision.

/
il est de notoriété publique que la musique de blow up (1966) avait été confiée par le cinéaste italien déjà quinquagénaire (1912-2007) au jeune pianiste et compositeur de jazz herbie hancock (1940), compagnon de route de miles davis à l’époque. quand on réécoute – sans images ni narration explicite, donc – le cd de cette bande originale, au-delà de la présence du très rock « stroll on » des yardbirds de jeff beck et jimmy page (la scène du concert dans la boite, vers la fin du film, dont on se souvenait bien) et de deux chansons psychédélisantes (l’une sans paroles ; l’autre chantée) dues à deux membres de lovin’ spoonful (absentes du lp de 1966 et rajoutées lors de sa réédition en cd), ce qui nous frappe – dans la musique même de hancock et de ses acolytes – ce sont ces inflexions swing, planantes ou psychédéliques, la porosité de leur jazz aux sons et mélodies de la pop. et cela nous paraît encore plus clair à la vision du film : l’utilisation et la mise en place de la musique de herbie hancock (et de ses brillants complices parmi lesquels ron carter, tony williams, joe henderson, freddie hubbard, etc.) tend presque plus à la faire oublier qu’à la faire remarquer. ses volutes se fondent quasiment dans le décorum et le monde d’objets du milieu de la mode du swinging london des années 1960, elles semblent émaner presque « organiquement » des phonographes et autoradios (pour antonioni la musique devait être discrète et « naturelle », donc exclusivement diégétique – hancock eut besoin de quelques jours pour digérer la première vision de la version mixée du film et l’estompage de ses compositions). mais, s’il y a bien à la fois ce souci de naturel et une motivation quasi documentaire (au-delà du goût d’antonioni pour le jazz – cf. la fin de cet article – il explique très vite à hancock qu’il fait appel à lui parce que le jazz est la bande-son de la plupart des sessions de photos de mode à londres à l’époque), on ne tombe jamais dans le naturalisme ; il y a fréquemment des effets de stylisation, d’onirisme ou d’étrangeté notamment dans les rapports entre la pulsation de la musique et le rythme de l’action. ainsi, lors du premier shooting du film avec la top-modèle veruschka, la musique que le photographe demande à  son assistant (« reg, let’s have some noise, can we ? » – sous-titre du dvd : « reg, du jazz ! »)  est divisée en deux parties différemment syncopées, articulées, quasi dans la continuité, par un break presque imperceptible. et ce point d’articulation correspond précisément à un changement d’appareil (d’un 6×6 sur pied, il passe à un 24×36) et d’attitude de la part du photographe (de distante et posée, sa position devient entreprenante, exploratrice et conquérante). plus loin dans le film, c’est plus dans le décollage que dans le calage que se joue le rapport entre musique et action diégétique : sur fond d’une mélodie jazz-swing plutôt chaloupée, thomas (david hemmings) et jane (vanessa redgrave) fument un joint, comme au ralenti (le premier donne à la seconde des instructions qui pourraient être celles d’un musicien leader à ses collègues : « slowly », « against the beat »… ).

gLgL blow up 2 appareils

/
blow up
est un film de personnages très vides, évoluant dans un milieu où le paraître prend le pas sur l’être, et où les surfaces (la peau des modèles, le papier photographique) comptent plus que les organes de la profondeur (les tripes, les sexes ou le cœur). mais c’est aussi un film très rempli, quasi saturé d’informations et de signes (quelques restes de la nouvelle de départ de cortázar mais aussi nombre de détails liés à l’époque, à Londres et à l’angleterre, mais aussi au milieu de la photographie, à celui de la mode ; signs of the times et genius loci). dans ce contexte de surcharge, ce que je trouve le plus beau dans blow up ce sont justement deux longues séquences quasi silencieuses (pas de parole, pas de musique, juste quelques sons discrets) : celle des photos dans le parc (le bruit du vent dans les feuilles des arbres) et celle – intrinsèquement liée / en correspondance – du tirage des photos et de l’émanation, des bacs de révélateur et de fixateur de la chambre noire, d’une réalité jusque-là cachée.

/
/
« – what are you doing ? stop it ! stop it !
give me those pictures. you can’t photograph people like that !
– who says I can’t?
i am only doing my job. some people are bullfighters, some people are politicians…
i am a photographer. »
(altercation entre jane et thomas sur les marches de l’escalier du parc)

gLgL blow up i am

/
comme deux ans plus tard sur le même label, toujours plain recordings, le projet you can never go fast enough (2003) irait planter ses racines du côté du film-culte de monte hellman two lane blacktop [macadam à deux voies], en 2001 le projet iamaphotographer. n’entend ni rejouer la b.o. de hancock pour blow up ni lui en réinventer une autre (comme greg weeks et ses acolytes du valerie project allaient en 2007 recomposer une bande-son alternative à celle de luboš fišer pour le film valérie au pays des merveilles de jaromil jireš) mais proposer blow up comme point de départ et source d’inspiration à une série de musiciens.

/
entre jazz et rock (trip-hop), entre groove et montées de volutes de saxophone, les relativement inconnus mushroom et birdsong’s air force collent sans doute le plus à ce qu’aurait pu être la musique de hancock revue par un musicien « fusion » qui aurait eu 25 ans en l’an 2000. le morceau des seconds s’intitule « full frontal nudity » : est-ce là tout ce qu’ils ont retenu du film ? niveau titre de chanson, on préfèrera celui du duo de musique électronique conceptuelle matmos : « despite its aesthetic advances, in its policing of the sexuality of public space antonioni’s film perpetuates misogyny and homophobia ». on est ici dans la lignée du « what’s yr take on cassavettes ? » du groupe féministe queer le tigre (« what’s yr take on cassavetes / we’ve talked about it in letters / and we’ve talked about it on the phone / but how you really feel about it / i don’t really know / what’s yr take on cassavetes ? (x 4) / misogynist ? genius ? misogynist ? genius ? (x2) / what’s yr take on cassavetes ? (x4) / alcoholic ? messiah ? alcoholic ? messiah ? ») dans un paysage culturel américain où, à la croisée des gender studies et du militantisme gay, des cinéastes établis sont bousculés sur leur piédestal pour des critères qui n’ont plus rien à voir avec ceux du cinéma ou de la cinéphilie. et ce n’est pas un mal. Il y a juste que pour revenir à matmos, musicalement l’intérêt retombe (basse groovy et extraits des conversations radio entre le photographe dans sa voiture et l’opératrice privée de son port d’attache, de son studio). le propos reste relativement cryptique et en dit peut-être autant sur matmos (p.ex. leurs problèmes avec la censure homophobe dans plusieurs états des états-unis ou leur album the rose has teeth in the mouth of a beast qui comprend 10 morceaux en hommage à une personnalité gay ou bisexuelle inspirante : william burroughs, joe meek, ludwig wittgenstein, valerie solanas, patricia highsmith, etc. ) que sur antonioni. sauf qu’en ne délivrant pas l’explication riche, nuancée et étayée de leur interminable titre militant, m.c. schmidt et drew daniel renvoient du coup l’auditeur à une nouvelle vision de blow up pour qu’il s’y forge son propre avis. pas bête ! le guitariste britannique richard youngs ne s’embarrasse pas d’autant de conceptualité ou de conceptualisme et livre avec « 1966 » une balade pastorale pour guitare, flûtes et clochettes, sorte de relecture à distance de l’esprit d’une époque qui est aussi celle de sa naissance.

/
mais, c’est peut-être son aîné américain loren mazzacane connors qui, avec « the wind in the trees / the couple », le morceau le plus court de la compilation, offre paradoxalement la proposition la plus ample, la plus ouverte, la plus aérée… on raconte qu’antonioni écouta des centaines d’enregistrements de vent soufflant dans les arbres pour trouver la bonne texture sonore pour la scène du parc. trente-cinq ans plus tard, connors s’approprie ce moment de temps suspendu avec une composition à base de guitare lointaine, de souffle, de vibrations de membranes d’ampli ; de profondeur de champ, donc d’espace sonore. et de temps : son morceau nous paraît durer deux ou trois fois sa durée réelle de 2’30’’.

 /
on finira sur les invitations à participer au projet faites à william parker et arthur doyle, deux jazzmen free environ dix ans plus jeunes que herbie hancock. leur présence s’inscrit dans la logique de cette filiation en pointillés mais me parait aussi faire très bien écho à « the naked camera », le morceau de la b.o. d’origine dont le lyrisme des cuivres et une série de hachures de saxophone et de piano rapproche le plus d’une certaine lignée du free jazz. Les 9 minutes du long solo de contrebasse de parker peut rappeler l’intro de ce morceau, si ce n’est que ce dernier joue surtout à l’archet là où ron carter jouait aux doigts. en écoutant, la mélopée pour voix plaintive et stridences de saxophone « you end me on the african express » de doyle, il est difficile d’y déceler immédiatement un lien clair avec blow up. la connexion est peut-être plus indirecte. herbie hancock raconte : « [antonioni] m’a dit qu’il voulait que le musique du film soit jazz parce que c’était la musique qu’il aimait. Je lui ai demandé qui étaient quelques-uns de ses musiciens préférés et il m’a dit que son musicien favori était le saxophoniste albert ayler. j’étais soufflé ! il voyait qui était albert ayler ? » (notes de pochette de la réédition cd de la b.o. ). par leur amour des rengaines populaires, d’une musique de la convulsion et du cri strident, leurs flirts avec l’idée établie de cacophonie, albert ayler et arthur doyle sont comme dans un même flot expressif où le second aurait repris le flambeau (le saxophone) du premier, trop tôt noyé dans les eaux de la hudson river.

/
/
iamaphotographer. a les défauts de 90% des compilations : un niveau inégal et une intensité qui varie d’une plage à l’autre, le voisinage de belles réussites et de propositions qui nous laissent de marbre. les liens qui se tissent avec blow up ne sont pas toujours évidents mais la disparité des approches souligne justement comment un même film, même aussi canonisé que le film londonien d’antonioni, peut être vu et lu sous des angles très différents les uns des autres.

/
/
/
mercredi 19 juin 2013 – 18h30
antonioni à l’actif présent – enjeux d’une exposition de cinéma
conférence par dominique païni
pointculure (médiathèque) de bruxelles-centre
passage 44 – 44 bld botanique – 1000 bruxelles – gratuit mais réserver au 02 218 44 27

/
/
du samedi 22 juin au dimanche 8 septembre 2013
michelangelo antonioni – il maestro del cinema moderno
exposition
bozar (palais des beaux-arts)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – gratuit

Advertisements

Read Full Post »

gLgL_brouillard_line_cone
expanded cinema : le brouillard, non plus sur l’écran mais – palpable – dans la salle

/
/
LINE DESCRIBING A CONE

anthony McCALL

grande-bretagne – 1973

mcfb

/
/
SPECIFICATIONS FOR THE PROJECTION OF
“LINE DESCRIBING A CONE” TO AN AUDIENCE
/
please note : there is, obviously, especially for one-time showings, a certain necessary improvisatory spirit. so these specifications should be taken as guidelines rather than imperatives. however, I can say that the most successful showings that I have witnessed have been reasonably close to these recommended conditions. – anthony mccall

/
(…)
7) the light of the beam is visible through its contact with tiny particles in the air, be they from dust, humidity or smoke. the most effective and controllable method of ensuring visibility is by hiring or borrowing a “hazer”.

/
/
line describing a cone d’anthony mccall, plus island monologue (vidéo, 1976) de charlemagne palestine et une performance de manuel padding, demain à bozar cinéma, au programme de la soirée smoke signals (« une soirée en images et en musique autour du brouillard et des machines à fumée »), co-produite avec la médiathèque dans le cadre de la thématique « la théorie du brouillard ».

/
/
ce mardi 11 décembre 2012 – 20h
smoke signals
anthony mccall
– charlemagne palestine – manuel padding
bozar cinema (terarken)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – 6 eur / 8 eur

/
/

ce soir, séquence smoke signals dans big bang sur musiq3 (entre 22h et 23h)

/
/
lien 1 [site anthony mccall]
lien 2 [vidéo de line describing a cone au festival 25fps de zagreb]
lien 3 [vidéo de line describing a cone à la tate galery de londres]
lien 4 [texte de c. chamberlain dans la revue cabinet sur l’art des particules dans l’air]
lien 5 [texte de s. biset pour la sélec sur les nuages, les nuées, les fumées, les fumigènes, etc.]

Read Full Post »

glgL_kubelka_de_papier

le cinéma de papier de peter kubelka : partitions à la machine à écrire pour arnulf rainer

/
/
point d’orgue des trois soirées bruxelloises avec peter kubelka ce soir avec la présentation à bozar, en exposition et en projection(s), de monument film (= arnulf rainer + antifon).

/
/
dimanche passé, dans le passionnant (très) long métrage (presque quatre heures) fragments of kubelka de martina kudlácek, séquence magique et émouvante autour de l’ouverture d’une petite boite de métal contenant des esquisses rythmiques à la machine à écrire pour ce qui allait devenir arnulf rainer (1958-1960). temporairement relocalisé en suède suite à son détournement de la commande de la publicité pour la bière schwechater (1957-1958), kubelka y imagine son film futur d’abord sur papier. pour obtenir un carré noir à la machine à écrire, il est obligé de taper de multiples caractères différents les uns sur les autres…

/
/
ce jeudi 6 décembre 2012 – 20h
monument film
projection / conférence + entretien peter kubelka / mark webber
bozar cinema (studio)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – 4 eur / 6 eur

/
/
/
du 6 décembre 2012 au 6 janvier 2013 – aux heures d’ouverture
monument film
exposition
bozar (salle du conseil)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – gratuit

Read Full Post »

\
demain, vendredi 11 novembre, débutera la 14e édition du festival de cinéma documentaire filmer à tout prix auquel j’ai consacré une grande partie de mon temps les dix derniers mois (et qui a été une des causes de la rotation “au petit trot” de ce blog sur ladite période). on essayera d’évoquer quelques coups de cœur ici, de jour en jour.

\
\
(quelques bouts de) communiqué de presse :

\
un festival renouvelé dans les starting blocks
vous avez pu apercevoir en ville ses affiches, ses cartes postales ou ses dépliants ornés d’un jeune skateur québécois des années 1960 et du nouveau logo du festival : la 14e édition du festival de cinéma documentaire filmer à tout prix débute tout prochainement, ce vendredi 11 novembre.

\
s’il ne se clôturera que le 20 décembre à l’espace magh, c’est bien ce weekend (samedi 12 et dimanche 13 novembre), au sein de son nouveau centre névralgique de flagey, que sera proposée, de 10h du matin à minuit, dans trois salles du splendide bâtiment, une part importante de sa programmation, à la fois riche et courageuse, exigeante mais accessible à tous.

\
\
vendredi 11 novembre, un film d’ouverture en prise directe avec l’actualité récente
le festival sera lancé avec la première belge du film 
tahrir, réalisé par stefano savona et produit par penelope bortoluzzi: un portrait sincère et captivant des acteurs anonymes du basculement historique que l’égypte a vécu lors des insurrections populaires contre le régime du président hosni moubarak. un autre regard que celui des actualités télévisées du début de cette année sur ce deuxième volet du « printemps arabe ».

\
\
de nombreux invités belges et étrangers
en plus des cinéastes belges venant présenter leurs films (cf. plus loin), le festival accueillera dès ce weekend de prestigieux invités étrangers tels que kazuo hara (grand pourfendeur du « ronron » et des hypocrisies de la société japonaise 
mainstream des années 1970 et 1980 ; invité d’honneur du festival), jean-louis comolli (ancien rédacteur en chef des cahiers du cinéma, homme de jazz et de cinéma), françois niney (philosophe et critique, auteur récent d’importants livres de réflexion sur le documentaire), les jeunes cinéastes et activistes de l’association et de la revue dérives, etc. 

\
\
plus de trente films belges de ses trois dernières années 

\
\

mercredi 16 novembre, palmarès et soirée de clôture du volet flagey du festival
ce soir-là, seront remis les différents prix des deux compétitions (compétition belge et compétition premières œuvres belges).

\
et pour clôturer cette partie du festival à flagey, le public pourra, via le film
free radicals de pip chodorov qui « est tombé dedans quand il était petit », regarder avec des yeux d’enfant (sans – trop – d’aprioris, prêt à l’émerveillement et à l’amusement) un genre cinématographique souvent réputé aride ou difficile d’accès : le cinéma expérimental.

\
\
et, dès le 17 novembre, le festival se redéploie ailleurs
après les six jours passés à ixelles, le festival se déplacera vers le centre-ville pour une programmation polonaise à bozar cinéma, une auscultation en cinéma du corps de l’adolescent à la cinematek et, en première belge, la splendide fresque documentaire
mafrouza d’emmanuelle demoris à l’espace magh.

Read Full Post »

trois images de films de paul clipson.

/
/

~ live soundtrack ~
bram devens / ignatz
(bel) – paul labrecque / head of wantastiquet (usa-bel)
jouent sur les films de paul clipson (usa)
ce samedi 25.09 – 20h
bozar (studio) – 23 rue ravenstein – 1000 bruxelles

/
/
une belle occasion de découvrir les films super 8 du cinéaste expérimental américain paul clipson tout en retrouvant, à trois semaines de la sortie de leurs nouveaux albums respectifs, les deux complices bram devens et paul labrecque, alias ignatz et head of wantastiquet…

/
/
« (…) estomper les contours pour affûter la force de suggestion // blues blanc, blues noir ? pochette grise sur fond gris (pour l’album II), présence fantomatique, timidité: bram devens / ignatz entretient une zone de flou – graphique mais surtout textuelle (paroles marmonnées, presque jamais intelligibles autrement que par bribes) – qui fait écho, une fois encore, au monde de george herriman dont les exégètes et les historiens de la bd n’arrivent décidément pas à déterminer s’il était blanc ou coloredmulatto (mulâtre) ou créole? -; n’arrivant d’ailleurs guère mieux à s’accorder sur le sexe du personnage krazy kat. chatte ou matou, les spécialistes argumentent et contre-argumentent… en tout cas, une chose est sûre: pendant trente ans, de sa naissance en 1910-1913 à la mort de son créateur en 1944, le petit félin stylisé a passé sa vie de papier à, quasi journellement dans les quotidiens du magnat de la presse william randolph hearst, se voir jeter une brique à la tête par la souris ignatz! une répétition et une fausse monotonie sublimées par l’inventivité et l’imagination qui – une dernière fois – à trois générations de distance renvoient d’ignatz la souris de coconino county à ignatz le musicien de schaerbeek. chez ce dernier aussi, même si elles sont sans doute d’un autre ordre (plus spontanées et organiques, moins conceptuelles, préméditées et combinatoires), les répétitions, les ressemblances et une uniformité feinte font partie intégrante du projet créatif. la manière précise dont la juxtaposition de ces motifs récurrents met en place, pour l’auditeur qui s’y abandonne, un envoûtement et une fascination plutôt que l’ennui et la redondance demeure la partie non résolue de l’équation de ce mystère musical. pour notre plus intense bonheur ébahi »
> début de ma chronique de l’album III (2008) de ignatz sur le site de la médiathèque

/
/
head of wantastiquet alias paul labrecque (à ne pas confondre avec le hair stylist new-yorkais du même nom) de sunburned hand of the man, auteur en 2007 du cd-r mortagne, un splendide album enregistré dans les écuries de la ferme du biéreau à louvain-la-neuve et resorti en 2008 en lp par thurston moore et byron coley sur leur label ecstatic yod.

/
/
lien 1 [site paul clipson]
lien 2 [site ignatz]
lien 2bis [krazy kat bugologist par g. herriman / f. moser, 1916]
lien 3 [espace head of wantastiquet]
lien 4 [paul clipson + yo la tengo + ralph carney – big sur, 2010]
lien 5 [« the water » d’ignatz filmé par sami sänpäkkilä]
lien 6 [24 minutes de concert de head of wantastiquet – florence, massachussets, 2009]

Read Full Post »

friends_of_the_enemy

captures d’écran du documentaire d’époque “friends with the enemy”

/
/

préliminaires étymologiques: “outnumbered by sheep” [moins nombreux que les moutons] est le nom d’une compilation de pop et de rock néo-zélandais (avec e.a. chris knox, les ables tasmans et une série de musiciens dont la renommée n’a jamais vraiment fait de vagues jusque sur nos côtes) sortie en 1986 par le fameux label local flying nun. le titre est un clin d’œil ironique à la réputation dépeuplée – réelle et/ou exagérée – de île.

/
/
ce vendredi au bozar, michael morley (surtout connu pour sa participation au groupe noise the dead c aux côtés de bruce russell et pour son projet solo gate) fera siffler quelques paires d’oreilles et en profitera pour projeter un échantillon de ses activités dans le champ de la vidéo. la venue de ce musicien culte des antipodes a aussi mis en route un petit branle bas de combat au sein de la médiathèque:

/

1°/ presque deux cents cds néo-zélandais du tout début des années quatre-vingt à aujourd’hui, pour la plupart sortis sur les labels flying nun, xpressway, corpus hermeticum et celebrate psi phenomenon sont mis en évidence au passage 44.
2°/ patrick thinsy a concocté deux mix de musique néo-zélandaise écoutables en streaming via le site de la médiathèque
3°/ j’ai moi-même écrit un premier texte d’introduction sur les deux périodes fastes des vingt-cinq dernières années du rock néo-zélandais
4°/
et je me débats encore à mes heures dites ‘perdues’ avec un texte plus long, pus nuancé et plus riche sur le même sujet dont j’espère qu’il sera fini d’ici vendredi

/
en faisant des recherches pour raviver mes souvenirs et connaissances sur tout ce pan passionnant de l’histoire de la pop, je suis tombé sur quelques pépites dont ce friends with the enemy, reportage quasi d’époque (1977-1982) sur la scène de la septentrionale petite ville de dunedin et le rayonnement qu’y eu the enemy, le premier groupe de chris knox et alec bathgate, avant qu’ils ne s’en aillent former toy love puis les tall dwarfs. les tous jeunes david kilgour (the clean) et shayne carter (encore bored games, pas encore dans les straitjacket fits) témoignent. et comme il paraît qu’un miracle ne vient jamais seul, l’arbre “friends with the enemy” cache l’entrée d’une véritable caverne d’ali baba: la chaîne y**t*** jpdkiwi: d’autres reportages ou documentaires (sur les scènes de christchurch, wellington ou auckland), des images de concerts ou des clips de the clean, the chills, the verlaines, this kind of punishment… et beaucoup d’autres… allez y faire un tour (c’est presque un ordre!)

/
/
michael morley (nz – gate / membre des dead c)
– concert et films / vidéos –
vendredi 12 juin – 20h30 – bozar (studio)
23 rue ravenstein – 1000 bruxelles – 5 / 7 eur

/
/
dans les jours à venir, quelques autres épisodes du feuilleton “outnumbered by sheep”…

Read Full Post »

losier_conrad_dreamosaic

tony conrad dans “dreaMinimalist” son portrait cinématographique par marie losier
(y compris quelques images du sulfureux “flaming creatures” de jack smith dont conrad composa la musique)


portraits cinématographiques de (e.a.)
tony conrad,
genesis p-orridge, guy maddin
par marie losier (fra-usa)

lundi 16 février – 20h30 – bozar (studio)
23 rue ravenstein – 1000 bruxelles – 5 eur


> lien 1 [site marie losier]
> lien 2 [extrait de 5 minutes de “tony conrad: dreaminimalist” de m. losier]

======
======

1- joshua burkett[pas de titre visible] – lp “yellowbeard” (enr. 1990-94 – lp: ultra eczema, 2009)
2- joshua burkettor a constant maze – “where is my hat?” (enr. 2002-06 – time-lag, 2008)
======
3- tony conrad + faustfrom the side of the machines – “outside the dream syndicate” (caroline, 1972 – réédit.: table of the elements, 1993 & 2002)
======
4-
pattonlove boat #1 – “love boat” (prohibited, 1998)
5- pattonla charge – “
jr for jaune rouge” (prohibited, 2000)
6- pattonmacarons montgolfières ballons – “hellénique chevaleresque récital” (
matamore / prohibited, 2009)
7- k-brandingnieu-latyn – “
facial” (humpty dumpty, 2009)
======
8- pescado rabioso (avec e.a. luis alberto spinetta) – cantata de puentes amarillos – “artaud” (1973 – reedit. cd sony, 1996 & 2008)
======
9- pandit kamalesh maitra & trilok gurturaag bilash khani todi – “
tabla tarang – melody on drums” (smithsonian / folkways, 1996)
10-
brij bhushan kabra & sakir hussainraga bihag – 10″ “brij bhushan kabra & sakir hussain” (decca, 1964 / réédit. topic, 1999)


==
==

MU
“deux heures de contrastes en musiques mutines et mutantes”
est l’émission radio que j’anime presque tous les dimanches de 20.30 à 22.30
sur radio campus bruxelles (
92.1 mhz à bruxelles ou en streaming)
avec david menessier (arlequin, dj rupert pupkin) et david zabala jarrin

Read Full Post »

Older Posts »