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Posts Tagged ‘cinéma expérimental’

gLgL_brouillard_line_cone
expanded cinema : le brouillard, non plus sur l’écran mais – palpable – dans la salle

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LINE DESCRIBING A CONE

anthony McCALL

grande-bretagne – 1973

mcfb

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SPECIFICATIONS FOR THE PROJECTION OF
“LINE DESCRIBING A CONE” TO AN AUDIENCE
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please note : there is, obviously, especially for one-time showings, a certain necessary improvisatory spirit. so these specifications should be taken as guidelines rather than imperatives. however, I can say that the most successful showings that I have witnessed have been reasonably close to these recommended conditions. – anthony mccall

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(…)
7) the light of the beam is visible through its contact with tiny particles in the air, be they from dust, humidity or smoke. the most effective and controllable method of ensuring visibility is by hiring or borrowing a “hazer”.

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line describing a cone d’anthony mccall, plus island monologue (vidéo, 1976) de charlemagne palestine et une performance de manuel padding, demain à bozar cinéma, au programme de la soirée smoke signals (« une soirée en images et en musique autour du brouillard et des machines à fumée »), co-produite avec la médiathèque dans le cadre de la thématique « la théorie du brouillard ».

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ce mardi 11 décembre 2012 – 20h
smoke signals
anthony mccall
– charlemagne palestine – manuel padding
bozar cinema (terarken)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – 6 eur / 8 eur

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ce soir, séquence smoke signals dans big bang sur musiq3 (entre 22h et 23h)

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lien 1 [site anthony mccall]
lien 2 [vidéo de line describing a cone au festival 25fps de zagreb]
lien 3 [vidéo de line describing a cone à la tate galery de londres]
lien 4 [texte de c. chamberlain dans la revue cabinet sur l’art des particules dans l’air]
lien 5 [texte de s. biset pour la sélec sur les nuages, les nuées, les fumées, les fumigènes, etc.]

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la présentation metric cinema de peter kubelka, en 2010 au festival 25 fps de zagreb

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« i believe firmly that film… cinema is an art form that is complete. it has a hard core which no other art can touch. that’s always important in an art form. sculpture has a hard core that painting can not touch… which music can not touch. and film has a hard core which i hope to be able to show you in these two projections which no other art can touch.

and this hard core of cinema was what i was researching all my life – what i was searching always for »

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« (…) we are holding here – phisically – a minute of time »

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> résumé video de 5 minutes de la présentation

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un de mes quelques cinéastes préférés (tous genres et toutes approches confondues) doublé sans doute d’un de mes parleurs-conteurs préférés (tous genres confondus aussi) pour trois dates à bruxelles (culminant sous forme de climax par la performance du 6 décembre – à ne rater sous aucun prétexte) :

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ce jeudi 29 novembre 2012 – 21h15
rencontre – courts métrages de peter kubelka
cinematek
rue baron horta – 1000 bruxelles – 4 eur / 2 eur

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ce dimanche 2 décembre 2012 – 16h
fragments of kubelka
(martina kudlácek, autriche 2012 – 232’)
bozar cinema (studio)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – 4 eur / 6 eur

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jeudi 6 décembre 2012 – 20h
monument film
projection / conférence + entretien peter kubelka / mark webber
bozar cinema (studio)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – 6 eur / 8 eur

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du 6 décembre 2012 au 6 janvier 2013 – aux heures d’ouverture
monument film
exposition
bozar (salle du conseil)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – gratuit

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stephen dwoskin et quelques-unes de ses muses dans outside in, trying to kiss the moon, behindert et girl.

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très triste d’avoir appris ce matin par le blog de l’ami tatum la mort (il y a presque trois semaines! merci la presse!) d’un de mes cinéastes préférés: stephen dwoskin. l’occasion de poster ici, le texte que j’avais écrit en son temps pour l’ilot ‘corps’ du projet archipel de la médiathèque :

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« si vous effleurez le bois avec le doigt, vous sentez le bois ; si une écharde vous blesse, vous allez sentir votre doigt. c’est ainsi que fonctionne la douleur. »
(stephen dwoskin, dans pain is, 1997)

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« c’est pas simple de décrire une chaîne… ce qui est dur en fin de compte, c’est d’avoir un métier dans les mains. moi je vois, je suis ajusteur, j’ai fait trois ans d’ajustage, pendant trois ans j’ai été premier à l’école… et puis, qu’est-ce que j’en ai fait ? au bout de cinq ans, je ne sais plus me servir de mes mains, j’ai mal aux mains. j’ai un doigt, le gros, j’ai du mal à le bouger, j’ai du mal à toucher dominique le soir. ça me fait mal aux mains. la gamine quand je la change, je peux pas lui dégrafer ses boutons. tu sais, t’as envie de pleurer dans ces cas-là. ils ont bouffé tes mains. j’ai envie de faire un tas de choses et puis, je me vois maintenant avec un marteau, je sais à peine m’en servir. c’est tout ça, tu comprends. t’as du mal à écrire. j’ai du mal à écrire, j’ai de plus en plus de mal à m’exprimer. ça aussi, c’est la chaîne… »
(christian corouge, dans avec le sang des autres du groupe medvedkine de sochaux, 1974)

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il pourra paraître osé à certains, qui connaissent à la fois le cinéma de stephen dwoskin et celui des groupes medvedkine, de mettre ces deux citations en parallèle. qu’y a-t-il de commun entre un ancien étudiant en design devenu peintre et cinéaste underground professionnel et un ouvrier spécialisé d’une usine peugeot, cinéaste du soir et du week-end (comprenez : en dehors de ses harassantes journées de travail à la chaîne) ? d’abord, il y a leurs corps meurtris, leurs handicaps. conséquences de la poliomyélite, maladie virale paralysante, contractée à l’âge de sept ans par stephen dwoskin (né en 1939 à brooklyn, new york) et de conditions de travail inhumaines subies vers l’âge de vingt ans pour christian corouge (né vers 1950, sans doute quelque part dans l’est de la france). un corps amoindri qui se voit confronté à des obstacles à une vie sociale facile ou insouciante pour le premier ; une position sociale défavorable (une condition de classe) qui pousse à un travail qui abîme le corps pour le second. puis, même si à partir de là pas mal de choses diffèrent (en 1974, corouge dit sa douleur à ne plus pouvoir caresser sa femme avec ses mains bousillées tandis qu’on exagèrerait à peine en affirmant que, dès ses premiers films du début des années 1960, dwoskin n’a fait que caresser des femmes, de ses mains, sans doute, et, clairement, de sa caméra), il y a surtout une idée très forte qui les rassemble : se réapproprier leur image à l’écran. en avril 1968, chris marker vient montrer aux ouvriers de la rhodiacéta de besançon le film à bientôt j’espère qu’il a tourné, treize mois auparavant, lors de leur grande grève de 1967. malgré la sensibilité de gauche du cinéaste et sa sympathie pour leur cause, les ouvriers ne se reconnaissent pas dans son film. chahuté par ces remises en questions, marker pousse les ouvriers à réaliser leurs propres films, à reprendre le contrôle de leur propre discours. conséquent dans l’enchaînement de ses paroles et de ses actes, le réalisateur se déplacera régulièrement à besançon et à sochaux, en compagnie de camarades techniciens (preneurs de son, monteuses, etc.), pour donner des cours de cinéma aux ouvriers et permettre l’éclosion des groupes medvedkine. je ne sais pas vraiment comment, quelques années auparavant et dans un tout autre contexte culturel, politique et économique (celui des avant-gardes new-yorkaise et, dès 1964, londonienne du cinéma), stephen dwoskin en était arrivé à un parti pris du même ordre mais la démarche qui s’en suit est en tout cas très proche : ne compter sur personne d’autre que soi-même – aussi bien intentionné que puisse être l’éventuel porte-parole qui offrirait ses services – pour filmer ses propres émotions, joies, plaisirs, rêves, déconvenues et blessures.

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toute l’œuvre de stephen dwoskin tourne autour (parfois au sens littéral) du corps – et de son corollaire immédiat, dès qu’il est question de la présence du corps au cinéma : le regard. ou plutôt, les corps et les regards – au pluriel. il y a d’abord le corps de stephen dwoskin lui-même – évidemment inséparable de ses béquilles, orthèses cruro-jambières ou chaise roulante – qui ne semble apparaître durablement à l’image dans un de ses films qu’au bout de presque quinze ans d’exercice intense du cinéma, dans son dix-huitième opus : behindert (le titre est clair ; en français : handicapé) tourné à munich et londres en 1973 et 1974. de leur rencontre (un repas chez des amis où le cinéaste n’a d’yeux que pour elle) à leur séparation (la femme s’éloigne sur le trottoir d’en face), en passant par l’excitation des débuts et l’apparition progressive des difficultés et des doutes, ce faux documentaire remet en scène les relations entre dwoskin et l’actrice de théâtre et danseuse allemande carola regnier. le film est cru, sans complaisance bien-pensante. quand carola déshabille stephen en défaisant les lanières de l’exosquelette qui maintient ces jambes qui, depuis longtemps, n’arrivent plus à le porter, le regard de la femme en dit long : triste, compassé et décomposé, au bord des larmes. plus tard, en mots cette fois-ci, au cours d’une dispute, elle n’arrive même plus à taire le sentiment que « tout est difficile » et que le handicap de stephen « leur gâche la vie ». en 1981, dans outside in, dwoskin traite, comme presque toujours dans son œuvre, quasiment du même sujet mais selon un traitement légèrement différent. d’une seule femme et d’une seule période de sa vie, on passe à une approche plus diachronique et plus éclatée, à plusieurs muses (olimpia carlisi, béatrice cordua, etc.). mais, surtout, on passe d’un film triste à une quasi-comédie qui flirte régulièrement avec le burlesque (on sait que les chutes et les problèmes de verticalité de personnages vacillants au bord du vide sont une des figures-clés de ce cinéma de la fragilité de l’homme). une femme nue essaie les orthèses et les béquilles du cinéaste tandis qu’un peu plus tard, comme en écho à cette scène, une autre enfile avec lenteur et méticulosité les pièces de cuir (ou de latex) de sa combinaison bondage. un goût pour les rituels érotiques qu’on retrouvait déjà – mais de manière plus singulière et personnelle, moins liée à des imageries collectivement répandues – dans les courts métrages des années 1960 et du début des années 1970. dans take me (1968), une jeune femme en peignoir molletonné (clodagh brown) chantonne et fait des allers-retours, du bord gauche du cadre au bord droit. un rapport de séduction est perceptible ; la fille est aguicheuse mais sans en rajouter. trois échelles de plans (plan américain / plan de taille / gros plan) se succèdent. la mélopée (mise en musique comme souvent dans les films de dwoskin par gavin bryars) se teinte de plus en plus d’écho et part en vrille. la fille se déshabille, embrasse la caméra. son maquillage déborde et contamine petit à petit tout son corps. entre peintures tribales et camouflage de g.i., entre performance actionniste viennoise et films plus tardifs de mara mattuschka (une approche plus typographique d’un body painting tirant vers le body printing), sa peau blanche est bientôt entièrement peinturlurée de noir. la caméra caressante, maniée comme toujours par dwoskin lui-même, cadre des gros plans qui touchent à l’abstraction. les bouts de corps ne sont pas toujours identifiables. et au milieu de cette chorégraphie sensuelle en clair-obscur pointent régulièrement deux yeux très blancs qui, sans ambages, fixent l’axe de la caméra et interrogent le voyeurisme du cinéaste et du spectateur – et l’attitude, entre abandon et prise de contrôle, de celle qui s’y expose. une omniprésence du regard qu’on retrouve dans girl (1975), mais selon un dispositif assez différent. linda marlowe y est nue dès le début, contre un mur, dans l’embrasure d’une fenêtre occultée par un rideau noir, les pieds sur un tapis rouge, comme un modèle de nu pour un peintre. le plan se poursuit (il durera tout le film, c’est-à-dire 22’), le temps s’écoule lentement. au début, il y a chez la fille comme une gêne, un malaise, presque des tics. elle baisse la tête ou joue nerveusement avec ses doigts. mais, au fur et à mesure que le temps passe et que le plan dure, on la voit parler (on ne peut pas l’entendre : le film est musical mais sans dialogues), communiquer avec dwoskin derrière la caméra, sourire, voire carrément rigoler. ces deux courts métrages (comme pas mal d’autres de la même période) rendent très clair le fait que dans ces films d’avant behindert et d’avant l’apparition à l’image du corps de dwoskin celui-ci était déjà très présent hors champ, derrière la caméra et – en pensées, en sensualité et en complicité – très près de la peau de ces femmes (et qu’objectivement il se trouve à 20 cm de l’une et à 5 m de l’autre, n’a ici que peu d’importance). en filmant, selon différents dispositifs et rituels, le corps nu de ces très belles femmes dont leurs visages (« le visage c’est le centre de l’émotion pour moi. l’idée d’un visage auquel réagir. un miroir à partir duquel les gens peuvent répondre et insérer subjectivement et émotionnellement ce qu’ils veulent », dwoskin dans trying to kiss the moon), le cinéaste parle aussi, en creux, de son corps à lui et de la relation de désir qui les lie.

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entre films expérimentaux assez clairement inspirés par ceux d’andy warhol ou de jack smith et « journal filmé » à la jonas mekas, entre films sur l’art, captations de spectacles, adaptations littéraires, films-essais sur la douleur ou la maladie et échange de lettres-vidéo avec robert kramer, stephen dwoskin multiplie les formes et les prétextes mais ne perd jamais le fil global de son œuvre. une intensité qui traverse tous ses films depuis 1961, les imbrique les uns dans les autres et transforme chacun d’entre eux en une pièce d’un grand tout qui palpite de l’énergie folle de la nécessité. ce que la cinéaste cathy day, dans un texte pour le livret du coffret de six dvd parus en 2006 aux éditions du renard, exprime dans les trois équations de stephen dwoskin : « je filme donc je suis » / « je te filme donc tu es » / « je filme donc nous sommes ». ou ce que dans trying to kiss the moon (1994), sorte de film-bilan qui incorpore à la fois des images poignantes de lui enfant (encore valide) et adolescent (déjà handicapé) tournées par son père et des extraits de pas mal de ses propres œuvres, dwoskin exprime lui-même ainsi : « le travail c’est comme un ami. sans le travail, je me sens comme perdu. mon travail est centré sur les gens. c’est une manière aussi de capturer ou d’embrasser quelque chose qui me manquait, une manière aussi de trouver un moyen de dialoguer avec d’autres. »

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(philippe delvosalle pour archipel / la médiathèque)

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lien 1 [site officiel]
lien 2 [portail de textes en français dur le site dérives]
lien 3 [naissant, 1964]
lien 4 [belle série de captures d’écran de behindert sur endlesspictureshow]
lien 4bis [d’autres captures sur le même splendide site]

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à lire sur papier :

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stephen dwoskin, film is – the international free cinema, peter owen publishers, 1975.

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stephen dwoskin : « réflexions – le moi, le monde, les autres, comment cet ensemble se fond dans les films », in trafic n° 50, spécial « qu’est-ce que le cinéma ? », été 2004.

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collectif, stephen dwoskin in décadrages n° 7, printemps 2006

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michael snow, le paysage, la machine, le diagramme, les photogrammes (sans doute recadrés).

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ce vendredi, un de mes films (dits) « expérimentaux » préférés (et une de mes plus intenses expériences de spectateur – et d’auditeur : incroyable bande-son électronique minimale !!) passe à la cinematek. la séance sera présentée par stéfani de loppinot qui a consacré l’an dernier un beau petit livre au film, publié aux indispensables éditions yellow now de crisnée. un ouvrage qui dès la page 7 (un exergue plus que bien vu) tire une fort inspirante flèche bien affûtée vers un autre tout grand film (que les esprits étriqués ne considèreront pas comment faisant partie des mêmes chapelles du cinéma – on les plaint).

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« les hommes ne connaissent jamais qu’une partie
de la réalité. et pourquoi ? parce qu’ils ne voient
qu’un seul aspect des choses. moi je les vois tous,
parce que je vois… en rond.
»
(anton walbrook, le meneur de jeu dans la ronde de max ophuls)

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« (…) la région centrale [de michael snow] dure un peu plus de trois heures, alors que son sujet est on ne peut plus minimal : un paysage, plutôt aride, un désert en fait, toujours filmé depuis le même endroit, « central ». on y voit surtout de la rocaille, des petits cailloux mais aussi de gros rochers, quelques brins d’herbe et, au loin, des montagnes et un lac. le tout dans des dégradés très subtils de brun, de vert éteint et de gris, contrebalancés par le bleu du ciel et l’éclat du soleil. et c’est tout ? oui c’est tout. aucune trace de vie à l’horizon. il n’y a personne, non plus derrière la caméra. c’est une machine, seule au milieu du désert, qui filme ; solidement plantée dans le sol. elle ressemble à un arbre. le désert se situe au québec, à quelques 160 km au nord de sept-îles. on est au mois de septembre 1970 et il ne doit pas y faire bien chaud, le ciel est couvert mais prendra le temps de s’éclaircir. unité de lieu, unité d’action et unité de temps : le film commence un jour et s’achève aux aurores du lendemain. c’est une tragédie parfaite, sans aucune trace d’humanité. (…) »
(stefani de loppinot, ed. yellow now)

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la région centrale
michael snow – canada, 1970-1971 –  190’
en présence de stéfani de loppinot
ce vendredi 4 février – 19h30 – cinematek
rue baron horta – 1000 bruxelles
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> !!! d’autres films du cinéaste sont programmés en février !!! <

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lien 1 [quatre minutes du film]
lien 2 [michael snow présente la copie restaurée de son film en 2010]

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trois images de films de paul clipson.

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~ live soundtrack ~
bram devens / ignatz
(bel) – paul labrecque / head of wantastiquet (usa-bel)
jouent sur les films de paul clipson (usa)
ce samedi 25.09 – 20h
bozar (studio) – 23 rue ravenstein – 1000 bruxelles

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une belle occasion de découvrir les films super 8 du cinéaste expérimental américain paul clipson tout en retrouvant, à trois semaines de la sortie de leurs nouveaux albums respectifs, les deux complices bram devens et paul labrecque, alias ignatz et head of wantastiquet…

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« (…) estomper les contours pour affûter la force de suggestion // blues blanc, blues noir ? pochette grise sur fond gris (pour l’album II), présence fantomatique, timidité: bram devens / ignatz entretient une zone de flou – graphique mais surtout textuelle (paroles marmonnées, presque jamais intelligibles autrement que par bribes) – qui fait écho, une fois encore, au monde de george herriman dont les exégètes et les historiens de la bd n’arrivent décidément pas à déterminer s’il était blanc ou coloredmulatto (mulâtre) ou créole? -; n’arrivant d’ailleurs guère mieux à s’accorder sur le sexe du personnage krazy kat. chatte ou matou, les spécialistes argumentent et contre-argumentent… en tout cas, une chose est sûre: pendant trente ans, de sa naissance en 1910-1913 à la mort de son créateur en 1944, le petit félin stylisé a passé sa vie de papier à, quasi journellement dans les quotidiens du magnat de la presse william randolph hearst, se voir jeter une brique à la tête par la souris ignatz! une répétition et une fausse monotonie sublimées par l’inventivité et l’imagination qui – une dernière fois – à trois générations de distance renvoient d’ignatz la souris de coconino county à ignatz le musicien de schaerbeek. chez ce dernier aussi, même si elles sont sans doute d’un autre ordre (plus spontanées et organiques, moins conceptuelles, préméditées et combinatoires), les répétitions, les ressemblances et une uniformité feinte font partie intégrante du projet créatif. la manière précise dont la juxtaposition de ces motifs récurrents met en place, pour l’auditeur qui s’y abandonne, un envoûtement et une fascination plutôt que l’ennui et la redondance demeure la partie non résolue de l’équation de ce mystère musical. pour notre plus intense bonheur ébahi »
> début de ma chronique de l’album III (2008) de ignatz sur le site de la médiathèque

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head of wantastiquet alias paul labrecque (à ne pas confondre avec le hair stylist new-yorkais du même nom) de sunburned hand of the man, auteur en 2007 du cd-r mortagne, un splendide album enregistré dans les écuries de la ferme du biéreau à louvain-la-neuve et resorti en 2008 en lp par thurston moore et byron coley sur leur label ecstatic yod.

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lien 1 [site paul clipson]
lien 2 [site ignatz]
lien 2bis [krazy kat bugologist par g. herriman / f. moser, 1916]
lien 3 [espace head of wantastiquet]
lien 4 [paul clipson + yo la tengo + ralph carney – big sur, 2010]
lien 5 [« the water » d’ignatz filmé par sami sänpäkkilä]
lien 6 [24 minutes de concert de head of wantastiquet – florence, massachussets, 2009]

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len_lye_free_radical_life

len lye posant au milieu de ses sculptures cinétiques pour la couverture du magazine « life », dans son atelier de cinéaste et une série de photogrammes de son film « free radicals » (1958)

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il y a un mois et demi, le néo-zélandais michael morley (gate, dead c… ) donnait un concert et montrait deux de ses films au palais des bozar. la ‘mise en valeur’ de deux cent disques de pop, de rock et de noise de nouvelle-zélande orchestrée par patrick thinsy à la médiathèque du passage 44 touche petit-à-petit à sa fin. à partir du week-end prochain, les disques n’auront pas disparu mais ils seront à nouveau dispersés – dans les rayons et dans le ventre de la baleine, dans les  réserves cachées de l’institution. il s’agira alors de les retrouver vous-même dans la base de données et de les faire venir spécialement pour vous dans le centre de prêt que vous fréquentez…

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(contre-) étymologie :
m’inspirant du titre d’une compilation pop/rock néo-zélandaise du label flying nun qui faisait elle-même référence à la réputation d’un pays à l’humanité clairsemée, j’avais intitulé mes trois premiers billets néo-zélandais du mois de juin « outnumbered by sheep » (‘moins nombreux que les moutons’). je me rends compte aujourd’hui que j’aurais aussi pu les baptiser « free radicals » (‘radicaux libres’) du nom d’un film de len lye. trop tard.

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comment ne pas avoir pensé à lui, en temps utile, comme lointain grand-oncle spirituel de tous ces doux expérimentateurs néo-zélandais des sons et des images ?

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leonard charles huia lye est né le 5 juillet 1901 à christchurch. étudiant en art, il est l’un des premiers jeunes intellectuels pākehā [néo-zélandais blancs, descendants de colons européens] à s’intéresser à l’art des maoris. au début des années vingt, il voyage dans le pacifique sud et on raconte qu’il rencontra le cinéaste robert flaherty dans les îles polynésiennes de samoa. les autorités coloniales le renverront cependant manu militari à sydney sous prétexte du fait qu’il s’était intégré à la vie d’une communauté indigène. en 1926, il quitte l’australie et la nouvelle-zélande pour londres en s’engageant pour nourrir en charbon la bouche vorace de la chaudière du navire de vingt-deux mille tonnes qui assure la traversée.

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en 1929, c’est donc installé à londres qu’il réalise son court métrage « tusalava ». même si celui-ci – dans son titre, comme dans son iconographie et son imaginaire – est très fortement inspiré des cultures indigènes australiennes, maories et polynésiennes qu’il avait rencontrées, un peu moins de dix ans auparavant, pendant ses voyages. « a colour box », la publicité qu’il réalise en 1935 pour la poste britannique, est aujourd’hui considérée comme le premier film réalisé directement sur pellicule (ici par grattage de l’émulsion), sans recours à la caméra, et à avoir été projeté à un « grand public » (de par sa nature de film publicitaire). norman mclaren dès 1941, harry smith dès 1946 ou stan brakhage à partir des années soixante lui emboiteront le pas. entre-temps (depuis 1943), len lye est désormais installé aux états-unis et parallèlement à ses films, dans un élan qu’il considère lui-même comme faisant partie d’un même art du mouvement, il imagine aussi un grand nombre de sculptures cinétiques. de graciles tiges de métal dont les balancements ne sont bien sûr jamais exempts de conséquences sonores.

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des rapports existent entre len lye et la belgique : « a colour box » (1935), l’année de son achèvement, la médaille d’honneur au festival international de cinéma de bruxelles et une bonne vingtaine d’années plus tard, « free radicals » (1958) est gratifié du deuxième prix de la compétition de cinéma expérimental que jacques ledoux avait réussi à greffer sur l’exposition expérimentale de bruxelles. [si mes souvenirs sont fiables, c’est  un autre court métrage d’animation, « dom » [‘la maison’] de jan lenica et walerian borowczyk qui obtint le premier prix]

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lien 1 [len lye foundation – plymouth, nz]
lien 2 [‘a colour box’ – 1935 – avec musique de don baretto]
lien 3 [‘free radicals’ – 1958-(79) – avec musique de duke ellington]
lien 4 [portail pour les poèmes de len lye]

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pollet_micro1

jean-daniel pollet – et un micro – en 1966 dans son propre court-métrage « le horla »
– ou sur le tournage de ce film –

ce vendredi 8 mai je présenterai au passage 44 quelques extraits de films d’un cinéaste encore trop peu connu et qui me tient particulièrement à cœur : jean-daniel pollet (1936-2004).

il y a une petite année, j’avais déjà abordé ici et sur le site de la médiathèque, le pan « comédies tristes » de sa filmographie tournée avec son alter-ego burlesque claude melki (1939-94) – lui aussi trop méconnu. mais, je conseille de ne plutôt pas lire – ou de relire – ces textes si vous comptez venir m’écouter et regarder les quelques extraits de films correspondants…

vendredi, j’aborderai aussi l’autre facette de l’œuvre de pollet, l’autre côté du miroir : ses films-essais lorgnant du côté du documentaire, de l’expérimental, du film-essai et de rapports singuliers entretenus par l’image (paysages-ruines-visages-objets) et le texte… je ne manquerai évidemment pas de consacrer pas mal de temps à un film qui lorsque je l’ai revu à plusieurs reprises à l’automne/hiver dernier m’a littéralement bouleversé et que je considère désormais comme l’un de mes films préférés : « l’ordre », un documentaire poétique et éminemment politique (la prémonition en 1973-74, via la parole d’un lépreux aveugle – mais clairvoyant – du désastre qui nous lamine aujourd’hui) sur l’île de spinalonga au large de la crête où du début du vingtième siècle à la fin du régime des colonels furent parqués les lépreux crétois.


« les rendez-vous du passage 44 » / cinéma d’auteur et acteurs populaires #1
jean-daniel pollet
vendredi (*) 8 mai – 19h30 –  médiathèque du passage 44
gratuit (mais, si possible, réserver au 02.218.44.27. ou par e-mail)

à lire (…dès samedi matin ou vendredi 21h) :

suzanne liandrat-guigues & jean-louis leutrat « tours d’horizon – jean-daniel pollet »
éditions de l’œil, novembre 2004

lien 1 [un autre article sur ‘la saga melki’ sur critikat.com]
lien 2 [un collage – intéressant – d’images et de citations sur dérives.tv]

(*) clin d’oeil : « pas question le vendredi » fut, en 1981, le titre de travail d’un projet de film que pollet ne tourna finalement jamais…



ps. / une trentaine de concerts ont été rajoutés à l’agenda !

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