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Posts Tagged ‘cinéma nova’

gLgL_gomes_nova_030113

ce cher mois d’août et carnaval ; vasco pimentel, miguel gomes, paulo ‘moleiro’, raquel bernardo et ana cristina ferreira

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tabou [tabu]
, le dernier film en date du portugais miguel gomes sort la semaine prochaine en belgique (tout particulièrement au cinéma nova, seule salle belge il y a quelques années à sortir son précédent long métrage, ce cher mois d’août (aquele querido mês de agosto), seule salle belge à projeter cette fois le film en pellicule et à l’accompagner d’un vrai travail de programmation (et d’amitié complice) sous forme d’une intégrale de la filmographie du cinéaste et d’une série de rencontres généreusement musicales).

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depuis une bonne dizaine de mois, partout où tabou a pointé le bout de son nez (du festival de berlin à celui de gand où il a été primé cet automne et tout particulièrement lors de sa sortie il y a six semaines en salles en france – territoire de coproduction des deux derniers films de gomes, par ailleurs professeur invité au fresnoy près de lille), le film suscite un impressionnant concert de louanges, une unanimité critique qui peut faire peur. des voix discordantes pointent au sein de la communauté cinéphile (reprochant p.ex. au réalisateur une trop grande intelligence, l’amenant régulièrement vers une sorte de roublardise manipulatrice et des formes trop maniéristes, voire kitsch) mais c’est précisément comme si ces voix restaient cantonnées au discours privé, n’avaient pas d’existence publique, ne prenaient pas forme écrite, n’étaient pas publiées. c’est dans ce contexte, qu’avant de voir tabou, j’ai décidé de revoir – en dvd – ce qui avait été mon film préféré de 2009 : ce cher mois d’août, chronique-puzzle, entre documentaire et fiction, d’un été dans les montagnes du portugal, rythmé par les fêtes de village, les chansons et la farandole des sentiments.

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(à raison) on a beaucoup écrit sur le très beau (et long) final forestier du film qui en présentant à l’image une partie de l’équipe dite « technique » fait office de premier générique – avant le générique déroulant habituel. miguel gomes y « remonte les bretelles » de vasco pimentel, preneur de son de ses trois longs  métrages (ainsi que de ceux de la seconde partie de la filmographie de joão césar monteiro, de silvestre (1982) à souvenirs de la maison jaune (1989), et collaborateur ponctuel de robert kramer, samuel fuller ou werner schroeter). le premier reproche au second la présence de « sons fantômes » dans ses prises de son direct :

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– vasco pimentel : c’est possible. même si techniquement ça ne l’est pas. moi, je vais vers les choses. c’est un disque dur qui est ici {le preneur de son montre l’enregistreur qui pend autour de son cou, à hauteur de son (bas-)ventre} et qui enregistre ce que je veux. mais, je peux vouloir des choses et alors elles viennent vers moi mais pas vers vous. techniquement, ça ne change rien. c’est moi qui les veux, ces choses. mon désir crée la différence !
(…)
– miguel gomes : mais j’aimerais avoir le son des choses qui sont là. (…) dans la montagne il n’y a pas de chansons, non ?
– vasco pimentel : non ?
– miguel gomes : dans la montagne, il n’y a pas de chansons, vasco ! tu le sais !
– vasco pimentel : ici par exemple, en ce moment, il n’y a rien ?

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cette séquence de désaccord feint trouve écho dans un drôle de petit (non-) film de vingt minutes : carnaval. non repris dans les filmographies de gomes (et dans l’intégrale des courts métrages du cinéaste au nova), « la chose » se présente (non sans humour : par une variante de ces dialogues… « de sourds » entre le cinéaste et son producteur qui ponctuent la première partie de ce cher mois d’août) comme un « bonus » (dvd) et revient, sous forme d’une enquête (assez particulière, on le verra) sur le personnage / la personne de paulo ‘moleiro’. paulo (le) ‘meunier’ est cet homme qui zone, claudiquant (une de ses jambes a été bousillée par un plongeon dans une rivière trop peu profonde et/ou par la colère de caïds marocains qui lui ont foncé dessus en voiture suite à un malentendu dans les termes de l’échange d’une veste en cuir) d’un travail occasionnel et précaire (dans l’agriculture, dans la construction) à une longue période de repos choisi ou forcé et à qui le cinéaste donne une très belle existence / présence d’homme de la rivière (une rivière dont un moulin à aubes lui donne son surnom).

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entre les séquences de feux d’artifice qui l’ouvrent et le ferment (au sens littéral à la fin ; lichtspiel métaphorique de clignotements d’un briquet, d’une cigarette, des clignotants d’une voiture dans la nuit au début), le petit objet impur (mais attachant et fascinant) qu’est carnaval propose essentiellement, dans sa partie centrale, une quête de la parole perdue de paulo (le) ’meunier’. dans le coin sombre d’une salle des fêtes où l’on va décerner le prix du meilleur costume du carnaval, paulo parle à la bonnette du micro de vasco pimentel. mais on n’entend pas ce qu’il dit : on continue à entendre les injonctions du monsieur loyal de la cérémonie. jusqu’à ce qu’on entende deux messages de répondeur téléphonique :

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miguel ?
écoute, c’est vasco. je suis… je suis… enfin… à la recherche du son de cette entrevue qu’on a filmé avec ‘meunier’, de cette conversation que j’ai eue avec paulo ‘meunier’ où il disait qu’il allait se jeter du pont le lendemain ou quoi… et qu’il était dans le cortège avec le maire, dans le char allégorique, ou quoi. je ne le trouve nulle part. y a pas ! le son n’existe pas ! il n’est pas dans la perche, il n’est pas dans le magnéto, il n’est pas dans l’ordinateur… il n’y est pas. techniquement, hein, je ne sais pas. ça ne me dit pas quelle erreur j’ai fait. ça peut être un tas de choses. je peux simplement ne pas avoir appuyé sur la touche d’enregistrement. j’ai pas enregistré ! j’ai cru que j’enregistrais… et je n’enregistrais pas, voilà. et…
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alors, voilà… traite-moi d’animal (cavalgadura) parce que je suis un animal. crucifie-moi, je mérite d’être crucifié. et compte sur moi. voilà. je ne peux rien te dire de mieux. je suis désolé, miguel. à plus.

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raccord avec le gros plan, très beau, du visage concentré d’une jeune femme regardant hors champ vers la droite de l’écran. sur-titrage : « deux ans plus tard ». miguel gomes renoue avec une figure récurrente du cinéma, de la télévision, de la littérature policière – de white heat (walsh, 1949) à 2001 , odyssée de l’espace (kubrick, 1968), de seinfeld (larry david et jerry seinfeld, cinquième saison, sixième épisode – the lip-reader, 1993) à étreintes brisées (almodovar, 2009) – : la séquence de déchiffrage par lecture labiale d’une parole inaudible à l’oreille. mais on retrouve aussi dans cet emprunt d’un dispositif fréquemment utilisé des accents qui lui sont propres : un jeu sur le réel et sa mise en scène, sur l’échec apparent et le retournement de situation transformant l’obstacle en atout et, via le recours à deux lectrices labiales, là où au sens strict une seule aurait pu suffire, la mise en place d’un triangle (parole – absente – de paulo, reconstitutions de raquel et d’ana cristina) qui joue à la fois sur la complémentarité (l’une arrivant à lire ce sur quoi l’autre bute) et l’individualité (des nuances de lecture qui subsistent). on peut peut-être aussi y déceler un écho lointain au très court métrage pre evolution soccer’s one-minute dance after a golden goal in the master league (2004), danse quasi muette (juste quelques craquements de fin de face de disque vinyle) pour joueurs de football de console playstation ou un signe avant-coureur au volet « muet » (mais pas nécessairement silencieux) de tabou.

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la question du son est un fil rouge du cinéma de miguel gomes et, on l’aura compris, pour le cinéaste et « l’animal » pimentel, le son est un territoire éminemment subjectif, peuplé de fantômes de mélodies et de chansons. avec beaucoup d’à propos la programmation du nova propose dès lors deux concerts de complices de la « tribu » gomes (mariana ricardo et norberto lobo) et un bal en prolongation de ce cher mois d’août.

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tabou [tabu]
miguel gomes – portugal-france-allemagne-brésil, 2012 – 118’
30 séances – du 10 janvier au 24 février – cinéma nova

3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles

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autres films de l’intégrale miguel gomes au cinéma nova

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mariana ricardo ~ münchen (concert)
vendredi 11 janvier – 23h – cinéma nova


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norberto lobo (concert)
vendredi 18 janvier – 22h – cinéma nova

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bailecito (bal)
samedi 23 février – 24h – cinéma nova

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john butcher au festival all tomorrow’s parties de 2010 (programmé par gybe ; photographié par sam shepherd), au musée de la pierre oya au japon (photo : osamu enamoto) et dans le lyness oil tank sur l’île de hoy (photo : garrard martin).

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double actualité bruxelloise autour du saxophoniste anglais john butcher en cette fin de semaine : un concert au cinéma nova ce samedi soir et, la veille, une introduction sans doute idéale (quand on connait la haute tenue – accessible tant aux déjà convaincus qu’aux néophytes – de l’ensemble des exposés du cycle), la veille à la médiathèque de bruxelles-centre, par hugues warin qui replacera john butcher dans une famille bigarrée de saxophonistes (cf. au bas de ce billet).

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l’occasion de ressortir un portrait écrit en 2008 pour la sélec (puis pour le projet archipel) :

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john butcher
est un saxophoniste improvisateur (aux saxophones soprano et ténor), né en 1954 à brighton et vivant depuis les années septante à londres. au cours des quinze dernières années, la médiathèque a progressivement constitué une collection d’une petite centaine de disques qui jalonnent le parcours créatif et personnel de ce musicien qui nous a souvent très profondément touchés lors de ses concerts. le temps était venu de vous le présenter et de lui demander de choisir lui-même une douzaine de portes d’entrées à sa foisonnante discographie.

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en 1982, john butcher défend sa thèse de doctorat en physique théorique « spin effects in the production and weak decay of heavy quarks » [sans rentrer dans les détails, les quarks sont des particules élémentaires, nommées poétiquement d’après… « finnegan’s wake » de james joyce]. si lui-même préfère ne pas trop insister sur les liens entre physique et musique, entre recherche scientifique et explorations sonores, c’est cependant bien au cours de ses années passées à l’université que l’on peut trouver le point originel de toutes ses aventures musicales ultérieures. en duo avec le pianiste et compositeur chris burn qui, à cette époque, joue souvent les doigts directement sur les cordes, à l’intérieur du piano, plutôt que sur les touches du clavier puis, dès 1984, en trio avec le guitariste john russel et le violoniste phil durrant, butcher est confronté par la pratique à trouver des sons de saxophone qui n’écrasent pas ceux, beaucoup plus fragiles, des instruments à cordes. une recherche de nouveaux sons non immédiatement connotés « jazz » ou « saxophone » qui l’oblige à la fois à prendre de la distance vis-à-vis de son instrument (« au cours de cette première époque, je me suis souvent retrouvé dans la situation où j’avais en tête un son – qui pouvait être un son d’un disque de howlin’ wolf ou d’une œuvre de penderecki – et de chercher à le recréer sur l’instrument. le seul moyen d’y arriver, c’était d’oublier que je tenais entre les mains un saxophone ») et à s’y consacrer corps et âme, en déroulant des heures et des heures d’un jeu de saxophone beaucoup plus conventionnel que ce qu’il en fait dans sa propre musique (« la différence entre une harmonique résonnante telle que je la recherche et un horrible ‘scrouitch’ est tellement ténue – il suffit d’une petite erreur des lèvres ou des doigts – que répéter est la seule solution. parce que je joue beaucoup aux frontières des possibilités de l’instrument, utilisant des sons à la limite du contrôlable »). de ce dialogue avec les sonorités vulnérables des instruments à cordes de ses amis découle directement une sorte de transparence de ses propres couleurs sonores, un sens inouï des microdétails et un certain bagage quasi éthique (une attitude) de la délicatesse et de la prévenance dans l’écoute et dans la place laissée à ses co-improvisateurs. ce qui ne l’empêche néanmoins pas, de temps en temps, ces dernières années, de se frotter à des musiciens plus énergiques (paal nilssen-love) ou bruyants (andy moor, thomas lehn) et de s’y faire entendre.

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dans une seconde étape de son parcours, entamée en 1997 par des duos avec son complice de la première heure phil durrant qui jouait désormais autant d’électronique que de violon, john butcher, très influencé par certaines œuvres de xenakis ou de stockhausen dans sa jeunesse, a eu à se poser de nouvelles questions d’interaction sonore: comment interagir avec l’électronique ou d’autres tactiques analogues de modulation du son ? Il se confrontera ainsi par exemple avec la no input mixing desk (table de mixage en circuit fermé de feedback) de toshimaru nakamura ou le laptop de christian fennesz dans le cadre du collectif acoustique-électronique polwechsel

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une dernière ligne de force ayant accompagné sur la longue durée les vingt-cinq premières années du parcours de john butcher qu’on relèvera ici dans cette présentation rapide réside dans son attachement à l’exploration des lieux. c’est-à-dire dans le jeu avec les particularités d’écho et de réverbération d’espaces naturels ou construits: citernes, silos, gazomètre à oberhausen, musée de la pierre oya dans les montagnes japonaises (cavern with a nightlife), mausolée pharaonesque d’une lignée de ducs écossais (resonant spaces)…


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présentation de 12 disques de sa discographie
   (choisis à l’époque – en 2008 – par john butcher lui-même)

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un choix de 12 coups de cœur musicaux et cinématographiques
   (où l’on croise e.a. roscoe holcomb, laura nyro, captain beefheart, michael powell et emeric pressburger, etc.)

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vendredi 9 décembre 2011 – 19h30
rendez-vous par hugues warin
« de john coltrane à john butcher »
la médiathèque de bruxelles-centre
passage 44 – 1000 bruxelles – gratuit

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samedi 10 décembre 2011 – 22h
john butcher
(ang)
cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 6 eur / 7.5 eur

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lien 1 [site officiel de john butcher]
lien 2 [le site de la tournée écossaise resonant spaces]
lien 3 [john butcher + mark sanders à londres en 2008]
lien 4 [john butcher + max eastley à londres en 2008]
lien 5 [john butcher + john edwards à londres en 2010]
lien 6 [john butcher + andy moor + thomas lehn]
lien 7 [john butcher + christian marclay à londres en 2010]

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henry grimes des années 1950-1960 aux années 2000-2010 (et à la contrebasse « olive oil » que william parker lui a offert pour sa « résurrection »): la persistance d’un regard.

+ annonces de la conférence «  de john coltrane à john butcher » de hugues warin (médiathèque de bruxelles centre – 09.12.11) et des concerts de john butcher (cinéma nova – bruxelles – 10.12.11), de henry grimes (kask – gent – 10.12.11), i dm theft able (les bulles – louvain-la-neuve – 09.12.11 + kask – gent – 10.12.11) et dylan nyoukis (kask – gent – 10.12.11) et élodie (ateliers claus – bruxelles – 11.12.11)

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 P L A Y L I S T
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1- arltchien mort, mi amore – 7” « le pistolet » (almost musique, 2011)

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2- kukuruchox klanremix (origin.: hijos de quien)

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3- john butchera sense of occasion – « 13 friendly numbers » (acta, 1992 – reedit. unsounds, 2004)
4- john butcher + xavier charles + axel dörnerpamplemousse – « the contest of pleasure » (potlatch, 2001)
5- john butcher + andy moor + thomas lehnweak alarm – « thermal » (unsounds, 2001)
6- john butcher + rhodri daviesgallow gate – « carliol » (ftarri, 2010)
7- henry grimesfish story – « the call » (esp disk, 1966)

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8- henry grimes + hamid drake + david murrayblues of savannah – « live at the kerava jazz festival » (ayler, 2005)

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9- cecil taylor (avec henry grimes) – tales (8 whisps) – « unit structures » (blue note, 1966)
10- don cherry (avec henry grimes) – the thing – « where is brooklyn? » (blue note, 1969)
11- albert ayler (avec henry grimes) – our prayer – « live in greenwich village – the complete impulse recordings » (enr. 1965-1967 – dble cd: impulse!, 1998)
12- cecil taylor (avec henry grimes) – with (exit) – « conquistador » (blue note, 1967)

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13- i dm theft ablethis dusty erection lay’ midst peacock feathers – cassette « hangin’ flaccid like a wet lilac » (kraag, 2011)
14- blood stereo (= dylan nyoukis + karen constance) – the taking of the tonic – lp « your snakelike king » (pan, 2009)

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15- élodie (= timo van luijk + andrew chalk) – gouttes lumineuses – lp « échos pastoraux » (la scie dorée, 2011)
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MU
“deux heures de contrastes en musiques mutines et mutantes”
est l’émission radio que j’anime presque tous les dimanches de 20.30 à 22.30
sur radio campus bruxelles (92.1 mhz à bruxelles ou en streaming)
avec david mennessier (dj rupert pupkin), david zabala jarrin et jean-françois henrion.

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saginaw, michigan et son usine de disques senora
+ les sun city girls et leur aura anonyme (masques et floutages)

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l’histoire commence peu après la moitié du siècle précédent – le vingtième – à saginaw dans l’état du michigan, à l’époque ville de cent mille habitants (aujourd’hui soixante mille âmes, seulement). même si les quartiers populaires y détiennent alors le record national du nombres de meurtres par tête de pipe, pour deux enfants, les petits frères alan et richard bishop, ils sont aussi l’écrin qui entoure leur paradis terrestre: la cave de leur grand-père libanais, joueur de oud, de doumbek et de multiples cuivres à double anche, franc-maçon et fumeur de shisha… en 1979, la famille déménage à phoenix dans l’arizona et un an plus tard les deux frères rencontrent le batteur charles gocher et fondent le freeform orchestra, vite rebaptisé sun city girls. par son éclectisme, son audace et son imprévisibilité, ce trio issu de la scène punk locale autour de groupes tels que les meat puppets se retrouve artistiquement vite à des années lumières du hardcore de base: de cassettes en lp, de voyages en performances de rue, leur fourre-tout musical mêle allègrement improvisation, jazz déglingué, humour décalé, agit-prop’, pop-art, poésie beat, influences mystiques, paranormales et ésotériques… et… résurgences de flux mélodiques asiatiques, moyen-orientaux ou nord-africains (particulièrement dans la série d’albums carnival folklore ressurection).

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des vibrations qu’on retrouve au centre des préoccupations du label sublime frequencies, créé par les deux frères au début de ce siècle – le vingt-et-unième : archiver puis dévoiler des sons rares de ces régions du monde, comme ocora, folkways, b.a.m. ou chant du monde mais le micro aussi fièrement tendu vers les formes bâtardes, les musiques populaires, la variété, les cassettes non-identifiables des souks et marchés…

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charles gocher est mort le 19 février 2007 à peine deux semaines avant le concert tant attendu des sun city girls au festival kraak 2007 à hasselt. quatre ans plus tard, kraak et le cinéma nova accueillent les frères bishop pour une soirée combinant film(s) et concert :

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vendredi 20 mai 2011
– 20h
the handsome stranger + autres films
21h30 – the brothers unconnected
(usa) = concert
  cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 6 / 7.5 eur pour la soirée

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lien 1 [site officiel des sun city girls]
lien 1bis [site in memoriam charles gocher]
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lien 2 [interview de 1999 dans perfect sound forever]
lien 2bis [autre interview de 1999 sur le même site]
lien 3 [vidéo de charles gocher]
lien 3bis (…) [en 6 épisodes, l’intégralité de la même vidéo]
lien 4 [vieille vidéo de la fin des années 1980]
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lien 5 [les brothers unconnected à san francisco en 2008]
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lien 6 [“i was born in saginaw, michigan” par… leo kottke en 1983]

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une auditrice [x] transportée par le jeu de batterie mélodique de günter sommer, lors d’un concert à dresden en 2009.

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les mêmes images en sons et en mouvements :
certains latinistes appellent cela une vidéo… [clic !]

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et en version vivante, avec de vrais corps curieux et palpitants, demain à bruxelles :

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« baby sommer in the city : freak jazz & kettlizistisches uschanagarnobil »
(günter ‘baby’ sommer – oliver schwerdt – friedrich kettlitz)
ce samedi 15 janvier – 19h, puis 21h – cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 6,00 / 7,50 eur

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[x] ps ~ l’auditrice m’a tout l’air d’être la joueuse de guzheng et de sanxian d’origine chinoise xu fengxia…  (2e clic)

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le reflex du cyclope (dessin de carl roosens, photos du spectacle à nantes) et trois « clichés de diane arbus »

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«  (…) sur un élastique au sol,
qui se tortille comme un fakir,
sur une couverture… – merde !
sur la couverture d’un livre,
pour juger la lecture d’une conne,
sur des chevelures décolorées,
sur des tupperware fluorescents,
au contenu dégoûtant,
sur des boucles d’oreilles
en forme de dauphins,
sur le ventre d’une fille,
qui meurt d’impatience,
sur un cliché de diane arbus,
ou de lee friedlander,
sur des lacets défaits,
sur des mains abimées,
dures comme du pain rassis,
sur des chevilles de jeunes filles,
sur le lieu d’un crime,
sur un champ de boue,
où trônait un cirque,
sur un tag – plutôt moche,
d’un type qui baise le monde que dans sa tête,
sur une mer d’impatience,
sur un incendie de forêt…

où poser des yeux ? »
(carloù poser des yeux ? – humpty dumpty, 2009)

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ce samedi dernière soirée radioactivities au cinéma nova, à l’occasion de la sortie de la sélec #14, en partie consacrée à la radio et de la présentation de la fiction radiophonique en live :

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le reflex du cyclope
(compagnie des castors / a.c.s.r. – belgique 2010– env. 70 min)
ce samedi 11 décembre – 20h – cinéma nova

3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 6 eur / 7.5 eur

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évoquer la photo (par la bande : la découverte du monde des monstres par diane arbus) via la radio et transplanter cet acte radiophonique sur une scène, devant un public, en touchant à la fois au théâtre et au concert mais sans perdre la nature radiophonique de l’entreprise : voici le double défi que s’est posé la compagnie des castors.

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« l’utilisation des voix, de leurs différents plans sonores, des ambiances, des sons seuls, de la musique, rappelle les dramatiques radio des années 1960 et 1970. (…) il s’agit de réussir à jouer en direct des effets habituellement réalisés au montage : cuts, montage alterné, fondus, voix de la pensée en proximité, voix réelles en plan large, voix off du narrateur, arrivée de la musique, montage en créneau pour que les voix ne soient pas ‘mangées’ par les sons, etc. ».

avec christophe rault, carl roosens, zoft (damien magnette et nicolas gitto), laurence katina et mélanie lamon, anne-sophie papillon et yvan hanon.

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lien 1 [blog le reflex du cyclope]

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brillante mendoza par mark nicdao pour les cahiers du cinéma (n°656 – mai 2010)


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hier après-midi, j’ai interviewé le cinéaste philippin brillante mendoza.

[dans sa forme longue, la discussion ne sera sans doute retranscrite que pour ‘la sélec’ de février 2011, mais d’ici-là, dans le cadre de la rétrospective que lui consacre la cinematek, j’essaierai d’en poster quelque courts extraits sur ce blog, au cours des prochains jours]

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pour préparer cet entretien, j’ai vu (ou revu) ce weekend un de ses films en salle (masahista [le masseur] à la cinematek) et quatre en dvd (tirador, kinatay, serbis et lola) et, le moins que l’on puisse dire, c’est que je suis impressionné et sous le choc (une confirmation de mon enthousiasme à la sortie de la projection de serbis, au printemps).
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né en 1960, brillante mendoza a donc cinquante ans aujourd’hui. il y a cinq ou six ans, il n’avait pas encore sorti son premier long métrage de fiction (le masseur, 2005). il était alors encore ‘dante’ mendoza, production designer sur les films des autres et réalisateur de commercials. une esthétique publicitaire dont on imagine plutôt qu’elle devait être aux antipodes des images et du propos des neuf longs métrages de fiction qu’il a tourné depuis lors. neuf films qui, au-delà de leurs importantes différences cinématographiques (en termes de genres, de rythme, de construction du scénario, de distribution du statut des personnages, etc.), partagent leur ancrage dans le réel des couches populaires de la société urbaine des philippines (manille, angeles city, etc. ).
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c’est par le cinéma que mendoza « tire son projet vers le haut » : à la fois affute son propos, tend le ressort des histoires qu’il raconte et empêche son entreprise de tourner à vide ou de déjà s’épuiser.

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et c’est dès maintenant qu’il convient de voir ses films – en profitant d’ailleurs du fait que leur vision rapprochée multiplie leur impact :
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foster child [john john]
en présence du cinéaste
(brillante mendoza – philippines 2007 – 129 min)
ce mardi 9 novembre – 21h – cinematek
palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur
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kaleldo

(brillante mendoza – philippines 2006 – ?? min)
ce mercredi 10 novembre – 17h15 – cinematek
palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur
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tirador

(brillante mendoza – philippines 2007 – 86 min)
ce vendredi 12 novembre [date corrigée] – 21h – cinematek
palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur
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serbis

(brillante mendoza – philippines /france 2008 – 90 min)
ce samedi 13 novembre – 21h – cinematek
palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur
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kinatay

(brillante mendoza – philippines /france 2009 – 105 min)
ce dimanche 14 novembre – 21h – cinematek
palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur

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et, dès la semaine prochaine (et jusqu’à la fin janvier) la sortie, en 25 séances, de son dernier film en date au cinéma nova :
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lola

(brillante mendoza – philippines/france 2009 – 110 min)
du jeudi 18 novembre au vendredi 21 janvier 2011 – cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 3,50 / 5 eur

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— n’en déplaise à fernand d. (pauvre type… )–

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