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Posts Tagged ‘cinéma sans caméra’

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len lye posant au milieu de ses sculptures cinétiques pour la couverture du magazine « life », dans son atelier de cinéaste et une série de photogrammes de son film « free radicals » (1958)

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il y a un mois et demi, le néo-zélandais michael morley (gate, dead c… ) donnait un concert et montrait deux de ses films au palais des bozar. la ‘mise en valeur’ de deux cent disques de pop, de rock et de noise de nouvelle-zélande orchestrée par patrick thinsy à la médiathèque du passage 44 touche petit-à-petit à sa fin. à partir du week-end prochain, les disques n’auront pas disparu mais ils seront à nouveau dispersés – dans les rayons et dans le ventre de la baleine, dans les  réserves cachées de l’institution. il s’agira alors de les retrouver vous-même dans la base de données et de les faire venir spécialement pour vous dans le centre de prêt que vous fréquentez…

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(contre-) étymologie :
m’inspirant du titre d’une compilation pop/rock néo-zélandaise du label flying nun qui faisait elle-même référence à la réputation d’un pays à l’humanité clairsemée, j’avais intitulé mes trois premiers billets néo-zélandais du mois de juin « outnumbered by sheep » (‘moins nombreux que les moutons’). je me rends compte aujourd’hui que j’aurais aussi pu les baptiser « free radicals » (‘radicaux libres’) du nom d’un film de len lye. trop tard.

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comment ne pas avoir pensé à lui, en temps utile, comme lointain grand-oncle spirituel de tous ces doux expérimentateurs néo-zélandais des sons et des images ?

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leonard charles huia lye est né le 5 juillet 1901 à christchurch. étudiant en art, il est l’un des premiers jeunes intellectuels pākehā [néo-zélandais blancs, descendants de colons européens] à s’intéresser à l’art des maoris. au début des années vingt, il voyage dans le pacifique sud et on raconte qu’il rencontra le cinéaste robert flaherty dans les îles polynésiennes de samoa. les autorités coloniales le renverront cependant manu militari à sydney sous prétexte du fait qu’il s’était intégré à la vie d’une communauté indigène. en 1926, il quitte l’australie et la nouvelle-zélande pour londres en s’engageant pour nourrir en charbon la bouche vorace de la chaudière du navire de vingt-deux mille tonnes qui assure la traversée.

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en 1929, c’est donc installé à londres qu’il réalise son court métrage « tusalava ». même si celui-ci – dans son titre, comme dans son iconographie et son imaginaire – est très fortement inspiré des cultures indigènes australiennes, maories et polynésiennes qu’il avait rencontrées, un peu moins de dix ans auparavant, pendant ses voyages. « a colour box », la publicité qu’il réalise en 1935 pour la poste britannique, est aujourd’hui considérée comme le premier film réalisé directement sur pellicule (ici par grattage de l’émulsion), sans recours à la caméra, et à avoir été projeté à un « grand public » (de par sa nature de film publicitaire). norman mclaren dès 1941, harry smith dès 1946 ou stan brakhage à partir des années soixante lui emboiteront le pas. entre-temps (depuis 1943), len lye est désormais installé aux états-unis et parallèlement à ses films, dans un élan qu’il considère lui-même comme faisant partie d’un même art du mouvement, il imagine aussi un grand nombre de sculptures cinétiques. de graciles tiges de métal dont les balancements ne sont bien sûr jamais exempts de conséquences sonores.

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des rapports existent entre len lye et la belgique : « a colour box » (1935), l’année de son achèvement, la médaille d’honneur au festival international de cinéma de bruxelles et une bonne vingtaine d’années plus tard, « free radicals » (1958) est gratifié du deuxième prix de la compétition de cinéma expérimental que jacques ledoux avait réussi à greffer sur l’exposition expérimentale de bruxelles. [si mes souvenirs sont fiables, c’est  un autre court métrage d’animation, « dom » [‘la maison’] de jan lenica et walerian borowczyk qui obtint le premier prix]

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lien 1 [len lye foundation – plymouth, nz]
lien 2 [‘a colour box’ – 1935 – avec musique de don baretto]
lien 3 [‘free radicals’ – 1958-(79) – avec musique de duke ellington]
lien 4 [portail pour les poèmes de len lye]

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