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gLgL_gomes_nova_030113

ce cher mois d’août et carnaval ; vasco pimentel, miguel gomes, paulo ‘moleiro’, raquel bernardo et ana cristina ferreira

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tabou [tabu]
, le dernier film en date du portugais miguel gomes sort la semaine prochaine en belgique (tout particulièrement au cinéma nova, seule salle belge il y a quelques années à sortir son précédent long métrage, ce cher mois d’août (aquele querido mês de agosto), seule salle belge à projeter cette fois le film en pellicule et à l’accompagner d’un vrai travail de programmation (et d’amitié complice) sous forme d’une intégrale de la filmographie du cinéaste et d’une série de rencontres généreusement musicales).

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depuis une bonne dizaine de mois, partout où tabou a pointé le bout de son nez (du festival de berlin à celui de gand où il a été primé cet automne et tout particulièrement lors de sa sortie il y a six semaines en salles en france – territoire de coproduction des deux derniers films de gomes, par ailleurs professeur invité au fresnoy près de lille), le film suscite un impressionnant concert de louanges, une unanimité critique qui peut faire peur. des voix discordantes pointent au sein de la communauté cinéphile (reprochant p.ex. au réalisateur une trop grande intelligence, l’amenant régulièrement vers une sorte de roublardise manipulatrice et des formes trop maniéristes, voire kitsch) mais c’est précisément comme si ces voix restaient cantonnées au discours privé, n’avaient pas d’existence publique, ne prenaient pas forme écrite, n’étaient pas publiées. c’est dans ce contexte, qu’avant de voir tabou, j’ai décidé de revoir – en dvd – ce qui avait été mon film préféré de 2009 : ce cher mois d’août, chronique-puzzle, entre documentaire et fiction, d’un été dans les montagnes du portugal, rythmé par les fêtes de village, les chansons et la farandole des sentiments.

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(à raison) on a beaucoup écrit sur le très beau (et long) final forestier du film qui en présentant à l’image une partie de l’équipe dite « technique » fait office de premier générique – avant le générique déroulant habituel. miguel gomes y « remonte les bretelles » de vasco pimentel, preneur de son de ses trois longs  métrages (ainsi que de ceux de la seconde partie de la filmographie de joão césar monteiro, de silvestre (1982) à souvenirs de la maison jaune (1989), et collaborateur ponctuel de robert kramer, samuel fuller ou werner schroeter). le premier reproche au second la présence de « sons fantômes » dans ses prises de son direct :

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– vasco pimentel : c’est possible. même si techniquement ça ne l’est pas. moi, je vais vers les choses. c’est un disque dur qui est ici {le preneur de son montre l’enregistreur qui pend autour de son cou, à hauteur de son (bas-)ventre} et qui enregistre ce que je veux. mais, je peux vouloir des choses et alors elles viennent vers moi mais pas vers vous. techniquement, ça ne change rien. c’est moi qui les veux, ces choses. mon désir crée la différence !
(…)
– miguel gomes : mais j’aimerais avoir le son des choses qui sont là. (…) dans la montagne il n’y a pas de chansons, non ?
– vasco pimentel : non ?
– miguel gomes : dans la montagne, il n’y a pas de chansons, vasco ! tu le sais !
– vasco pimentel : ici par exemple, en ce moment, il n’y a rien ?

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cette séquence de désaccord feint trouve écho dans un drôle de petit (non-) film de vingt minutes : carnaval. non repris dans les filmographies de gomes (et dans l’intégrale des courts métrages du cinéaste au nova), « la chose » se présente (non sans humour : par une variante de ces dialogues… « de sourds » entre le cinéaste et son producteur qui ponctuent la première partie de ce cher mois d’août) comme un « bonus » (dvd) et revient, sous forme d’une enquête (assez particulière, on le verra) sur le personnage / la personne de paulo ‘moleiro’. paulo (le) ‘meunier’ est cet homme qui zone, claudiquant (une de ses jambes a été bousillée par un plongeon dans une rivière trop peu profonde et/ou par la colère de caïds marocains qui lui ont foncé dessus en voiture suite à un malentendu dans les termes de l’échange d’une veste en cuir) d’un travail occasionnel et précaire (dans l’agriculture, dans la construction) à une longue période de repos choisi ou forcé et à qui le cinéaste donne une très belle existence / présence d’homme de la rivière (une rivière dont un moulin à aubes lui donne son surnom).

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entre les séquences de feux d’artifice qui l’ouvrent et le ferment (au sens littéral à la fin ; lichtspiel métaphorique de clignotements d’un briquet, d’une cigarette, des clignotants d’une voiture dans la nuit au début), le petit objet impur (mais attachant et fascinant) qu’est carnaval propose essentiellement, dans sa partie centrale, une quête de la parole perdue de paulo (le) ’meunier’. dans le coin sombre d’une salle des fêtes où l’on va décerner le prix du meilleur costume du carnaval, paulo parle à la bonnette du micro de vasco pimentel. mais on n’entend pas ce qu’il dit : on continue à entendre les injonctions du monsieur loyal de la cérémonie. jusqu’à ce qu’on entende deux messages de répondeur téléphonique :

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miguel ?
écoute, c’est vasco. je suis… je suis… enfin… à la recherche du son de cette entrevue qu’on a filmé avec ‘meunier’, de cette conversation que j’ai eue avec paulo ‘meunier’ où il disait qu’il allait se jeter du pont le lendemain ou quoi… et qu’il était dans le cortège avec le maire, dans le char allégorique, ou quoi. je ne le trouve nulle part. y a pas ! le son n’existe pas ! il n’est pas dans la perche, il n’est pas dans le magnéto, il n’est pas dans l’ordinateur… il n’y est pas. techniquement, hein, je ne sais pas. ça ne me dit pas quelle erreur j’ai fait. ça peut être un tas de choses. je peux simplement ne pas avoir appuyé sur la touche d’enregistrement. j’ai pas enregistré ! j’ai cru que j’enregistrais… et je n’enregistrais pas, voilà. et…
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alors, voilà… traite-moi d’animal (cavalgadura) parce que je suis un animal. crucifie-moi, je mérite d’être crucifié. et compte sur moi. voilà. je ne peux rien te dire de mieux. je suis désolé, miguel. à plus.

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raccord avec le gros plan, très beau, du visage concentré d’une jeune femme regardant hors champ vers la droite de l’écran. sur-titrage : « deux ans plus tard ». miguel gomes renoue avec une figure récurrente du cinéma, de la télévision, de la littérature policière – de white heat (walsh, 1949) à 2001 , odyssée de l’espace (kubrick, 1968), de seinfeld (larry david et jerry seinfeld, cinquième saison, sixième épisode – the lip-reader, 1993) à étreintes brisées (almodovar, 2009) – : la séquence de déchiffrage par lecture labiale d’une parole inaudible à l’oreille. mais on retrouve aussi dans cet emprunt d’un dispositif fréquemment utilisé des accents qui lui sont propres : un jeu sur le réel et sa mise en scène, sur l’échec apparent et le retournement de situation transformant l’obstacle en atout et, via le recours à deux lectrices labiales, là où au sens strict une seule aurait pu suffire, la mise en place d’un triangle (parole – absente – de paulo, reconstitutions de raquel et d’ana cristina) qui joue à la fois sur la complémentarité (l’une arrivant à lire ce sur quoi l’autre bute) et l’individualité (des nuances de lecture qui subsistent). on peut peut-être aussi y déceler un écho lointain au très court métrage pre evolution soccer’s one-minute dance after a golden goal in the master league (2004), danse quasi muette (juste quelques craquements de fin de face de disque vinyle) pour joueurs de football de console playstation ou un signe avant-coureur au volet « muet » (mais pas nécessairement silencieux) de tabou.

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la question du son est un fil rouge du cinéma de miguel gomes et, on l’aura compris, pour le cinéaste et « l’animal » pimentel, le son est un territoire éminemment subjectif, peuplé de fantômes de mélodies et de chansons. avec beaucoup d’à propos la programmation du nova propose dès lors deux concerts de complices de la « tribu » gomes (mariana ricardo et norberto lobo) et un bal en prolongation de ce cher mois d’août.

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tabou [tabu]
miguel gomes – portugal-france-allemagne-brésil, 2012 – 118’
30 séances – du 10 janvier au 24 février – cinéma nova

3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles

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autres films de l’intégrale miguel gomes au cinéma nova

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mariana ricardo ~ münchen (concert)
vendredi 11 janvier – 23h – cinéma nova


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norberto lobo (concert)
vendredi 18 janvier – 22h – cinéma nova

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bailecito (bal)
samedi 23 février – 24h – cinéma nova

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marion brown : “le temps fou” (marcel camus, 1968) : pochette du lp et carte postale


+ hommage à marion brown (1931 – 2010) + séquence reprises de moondog
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annonces des concerts de joseph ghosn (chapelle saint-roch en volière – liège 06.11.10), wire (zaal belgië – hasselt – 06.11.10) et de la soirée de sortie de “tradi-mods vs. rockers” (magic mirrors – bruxelles – 06.11.10)

 

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P L A Y L I S T
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1- marion brown + gunter hampel + jeanne leemalipieros midnight theatre – lp “in sommerhausen” (calig, 1969)

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2- archie shepp [avec marion brown] quiet dawn – “attica blues” (impulse, 1972)
3- marion brownla placita – lp “la placita – live in willisau” (timeless, 1977)
4- marion brownsong for serge and helle – lp b.o. “le temps fou” (polydor, 1968)

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5- marion brownand then they danced – “wildflowers: loft jazz new-york 1976” (douglas music, 1977 – reedit. cd: douglas music, 2006)
6- marion brown [avec jeanne lee] – djinji’s corner [extrait] – “afternoon of a georgia faun” (ecm, 1970)

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7- discipline [alias joseph ghosn]– 4 moogs – soundtrack – 12” “4 moogs” (paperplane, 2001)
8- wire99.9 – “read & burn 02” (pink flag, 2002)

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9- kasai all stars + akron/family coupe-jarret – 7” du coffret 6 lp “congotronics” (crammed discs, 2010)
10- the ex theme from konono – dble album “turn” (ex records, 2004)
11- les hoquets likembés – dble compilation “tradi-mods vs. rockers: alternative takes on congotronics” (crammed discs, 2010)

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12- moondogfog on the hudson (425 w 57th street) – compilation “the viking of sixth avenue” (honest jon’s, 2005)
13- kenny graham and his satellites fog on the hudson [reprise de moondog] – “moondog and suncat suites” (lp: mgm, 1959 – reedit. cd: trunk, 2010)
14- moondogchant –“more moondog” (lp: prestige, 1956 – reedit. cd: prestige, 1991)
15- kenny graham and his satellites chant [reprise de moondog] – “moondog and suncat suites” (lp: mgm, 1959 – reedit. cd: trunk, 2010)

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16- moondogall is loneliness – compilation “the viking of sixth avenue” (honest jon’s, 2005)
17- antony and the johnsons all is loneliness [reprise de moondog] – “live at midnight rotterdam” (2005)

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18- david fenech all is loneliness [reprise de moondog] – compilation “un hommage à moondog” (trace, 2005)

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MU
“deux heures de contrastes en musiques mutines et mutantes”
est l’émission radio que j’anime presque tous les dimanches de 20.30 à 22.30
sur radio campus bruxelles (
92.1 mhz à bruxelles ou en streaming)
avec david mennessier (dj rupert pupkin),
david zabala jarrin et jean-françois henrion.

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laurie bird, laurie bird et laurie bird

+ annonces des concerts d’emeralds (zaal belgië – hasselt 16.10.10), oneohtrix point never (idem. + ab – bruxelles – 26.10.10), lem (anvert – liège – 11.10.10), cave (le vecteur – charleroi – 16.10.10), huntsville (de singel – antwerpen – 15.10.10) et wise bluhd (caveau sauvage – louvain-la-neuve – 22.10.10)
+ séquences john lennon et laurie bird


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P L A Y L I S T
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1- daniel johnstonthe lennon song – 7” e.p.  “laurie” (seminal twang, 1992)

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2- natural snow buildings song for laurie bird – cd-r “laurie bird” (students of decay, 2008)

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3- emeralds candy shoppe – “does it like like i’m here” (mego, 2010)
4- mark mcguire two different people – “living with yourself” (mego, 2010)
5- oneohtrix point never stress waves – “returnal” (mego, 2010)
6- mark mcguire moving apart – “living with yourself” (mego, 2010)
7- emeralds [avec anthony]– returnal – 7” “returnal” (mego, 2010)

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8- lemles photos – split-7” avec anemie s. + erve t. (heroika, 2000)
9- cave hot bricks – 12” e.p. “pure moods” (drag city, 2010)
10- huntsville tudor – “eco, arches and eras” (rune grammofon, 2008)
11- weyes bluhd shattered mirror – 7” “liquor castle” (smokers gifts / memoirs from an aesthete, 2009)

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12- colonel elliott and the lunatics jumping jupiter – “interstellar reggae drive” (olympo, 1974)
13- lee perry and the upsetters dreamland dub – “blackboard jungle dub” (upsetter, 1973)
14- vulcansshang hied – “star trek” (trojan, 1972)
15- colonel elliott and the lunatics guns of the martian giants – “interstellar reggae drive” (olympo, 1974)

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16- jim o’rourkedespite the water supply pt.1 – 7” “despite the water supply” (touch, 2008)

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17- pumicepacific ocean [reprise des axemen] – 7” e.p. “persevere” (soft abuse, 2009)
18- axemenpacific ocean – “three virgins, three versions, three visions” (flying nun, 1986)

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19- morteza mahjoubi homayoun – “piano navazi”

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20- chimp eats bananas shopping list – compilation “greatest hiss” (enregistré en 1979-1982 – cd: hyped to death, 2008)

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MU
“deux heures de contrastes en musiques mutines et mutantes”
est l’émission radio que j’anime presque tous les dimanches de 20.30 à 22.30
sur radio campus bruxelles (92.1 mhz à bruxelles ou en streaming)
avec david mennessier (dj rupert pupkin), david zabala jarrin et jean-françois henrion.

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ephia / thibault delferière / thomas bonvallet (l’ocelle mare) / cam deas / spoono / benjmain franklin / le label esp disk / jean-françois pauvros / buffy sainte-marie / ghédalia tazartès / yune.yards / micah blue smaldone / rolo des woodentops / charles gayle / bill orcutt / bruno wizard des homosexuals : tous dans l’agenda musiques de gLgL

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il y a huit jours, mardi soir passé, j’ai « fait johnny clegg » tout seul dans ma chambre et sans musique (juste les rudiments de la chorégraphie si vous voulez). visitant le site internet de kraak afin d’avoir des renseignements sur le concert d’ignatz et de gary war qu’ils organisaient le lendemain au bunker de saint-josse, j’ai découvert, avec une vraie jubilation (d’où le sourire aux oreilles et les petits pas de danse), la programmation de leur annuel festival kraak du début mars qui cette année se déroulera, pour la première fois, du côté d’alost. mon tiercé gagnant, dans l’ordre chronologique de la période d’activité principale des musiciens concernés : the homosexuals (ang), bügsküll (usa) et bill orcutt (usa).

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honnêtement, la veille au matin – lundi passé, donc – je ne connaissais pas bill orcutt et la lecture de son nom m’aurait laissée froid ou circonspect. mais voilà, via mon collègue et ami yves p. qui lui-même l’avait découvert via le podcast de l’émission du magazine « the wire » sur resonance fm, je venais d’entendre pour la première fois l’étonnant – et surexcitant – boulot à la guitariste acoustique de cet ex-membre de harry pussy (groupe de noise-core de miami au cours des années nonante) : une sorte de rencontre entre l’âme des vieux bluesmen ruraux, le doigté savant de derek bailey et l’énergie du hardcore. sans électricité. hallelujah !

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et hasard de programmation, sa musique m’a pas mal fait penser à ce que thomas bonvalet – lui aussi issu d’un groupe rock guitare/batterie (cheval de frise) – fait désormais en solo et en acoustique sous le nom de l’ocelle mare [quatre concerts à bruxelles (2x), liège et charleroi au cours des dix jours à venir]

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puisque, voilà, c’est aussi l’occasion de vous annoncer la GRANDE mini-nouvelle à l’échelle locale de ce blog :

> l’agenda concerts pour la période janvier –avril 2010 est en ligne ! [CLIC]

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en avant-goût, quelques concerts très prochains, que je soutiens particulièrement :

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ephia + jeff gburek + thibault delférière (usa / all / bel)
jeudi 21 janvier – 20h – écuries de la ferme du biéreau
3 scavée du biéreau – 1348 louvain-la-neuve – 6 eur

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l’ocelle mare (fra) – simon queheillard (fra) – les mémoires de l’oeil (fra-bel)
samedi 23 janvier – 20h – {schip}
4 rue des mariniers – 1080 molenbeek – 5 eur

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jack allett [= spoono] (ang) – cam deas (ang)
dimanche 24 janvier – 19h – écuries de la ferme du biéreau
3 scavée du biéreau – 1348 louvain-la-neuve – 5 eur

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lien 1 [bill orcutt à l’automne 2009]
lien 2 [la sauvagerie de harry pussy]
lien 3 [thibault delférière + paul metzger au biéreau en 2009]
lien 4 [jeff gburek avec une autre danseuse – yuko kaseki – à berlin en 2007]
lien 5 [l’ocelle mare à lyon en 2007]
lien 6 [thomas bonvalet dans cheval de frise à lusignac en 2000]
lien 7 [cam deas fin 2008 en norvège]

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yo_la_kids_paris

yo la tengo et quelques très jeunes admiratrices devant la caméra de vincent moon
(paris – juin 2009) [clic]

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je n’ai jamais été vraiment  fan de yo la tengo – plutôt une sorte de sympathisant « à distance ». je n’ai quasiment aucun de leurs disques. trois si je compte bien : un exemplaire en pas très bon état de leur cd de reprises « fakebook » (1990),  leur lp « strange but true » (1998) en compagnie de jad fair (écouté deux ou trois fois, rarement jusqu’à la fin – vraiment pas ce que jad a fait de mieux) et, pièce à la fois la plus modeste et la plus précieuse de ma micro-collection, le 45t qui documente une version live à la radio de speeding motorcycle de daniel johnston chantée par lui au téléphone, depuis la maison, alors que le trio de hoboken l’accompagne depuis les studios de w.f.m.u. (east orange, new jersey).

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mon inculture en la matière fut cependant un peu soignée, à ma demande, par une amie précieuse qui, un peu avant la noël 2006, sur l’autoroute entre bruxelles et liège – en route vers un concert autrement plus noise et sauvage – me fit un petit mix rétrospectif en forme de cours de rattrapage quant à l’histoire de ce groupe quand même assez « touche-à-beaucoup » (polymorphe). elle se reconnaitra ; ce billet lui est dédié.

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en revanche, dès l’été 2006 j’ai été assez fan des « concerts à emporter » de blogotheque.net. via mon intérêt musical pour ramona cordova, jeffrey lewis, françois virot, les liars ou les dirty projectors je découvrais, assez admiratif, un boulot de « quasi-cinéma » (en vidéo) qui me touchait beaucoup.  un projet qu’en novembre 2007 je résumais ainsi : « filmer en plan-séquence deux ou trois morceaux de musiciens jouant dans le “monde réel” – arrêt de bus, salon de coiffure, trottoir, wasserette… –  plutôt que dans les cocons surprotégés du monde du spectacle – scènes, studios… ». aujourdhui, presque arrivée à sa centième session, la série semble avoir pris quelques libertés avec cette forme du plan-séquence (à moins que je l’aie moi-même surévaluée au départ ?), en tout cas dans les amorces et mises en situations des chansons proprement dites… mais c’est toujours une captation assez directe de ce qui se passe – ou, parfois, ne se passe pas – dans l’instant, dans les trois minutes d’une chanson, qui prime (« produire une présence » diraient dominique lohlé et guy-marc hinant). quand « ça marche », vincent moon et les siens saisissent en tout cas cette essence trop souvent négligée dans les flots de « musique filmée » qui viennent aguicher nos rétines et nos tympans : l’écoute (déjà entre les musiciens ; puis aussi de la part de passants, de quidams, d’habitants du coin, d’un public non convaincu d’avance… ).

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pour en revenir à yo la tengo, j’aime beaucoup beaucoup les trois premiers quarts de leur « concert à emporter » [ ! CLIC !] filmé en juin dernier par vincent moon et posté il y a six semaines sur la toile. paris, montmartre, la topographie, la pente, les escaliers en plein air, la rampe en métal… une plaine de jeux, des cris d’enfants qui couvrent presque la voix d’ira kaplan dans le deuxième morceau, un soleil timide, du vent dans les cheveux, des « papapa-pââ, papapa-pâââ ! » devant lesquels on ne peut que capituler… à l’image d’une georgia qui me fait de plus en plus penser à moe tucker (baguettes et voix fluette), yo la tengo vieillit bien – nettement mieux, même, que d’autres groupes historiquement ou musicalement plus importants qu’eux mais qui ne sont aujourd’hui plus à la hauteur de leur légende. la modestie et la simplicité se posent tout d’un coup comme d’excellents agents de conservation…

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yo la tengo (usa)
ce mercredi 11 novembre – 20h – het depot
12 martelarenplein – 3000 leuven – belgië –  20 / 23 eur

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yo la tengo (usa) ~ wreckless eric & amy rigby (gb/usa)
vendredi 27 novembre – 21h – fri-son
13 route de la fonderie – 1700 fribourg – suisse – 28 chf

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yo la tengo (usa)
lundi 30 novembre – 19h30 – le bataclan
50 boulevard voltaire – 75011 paris – france – 30 eur (!)

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ps1 / une dette envers yo la tengo que je n’oublierai jamais, c’est que c’est via leur album de reprises « fakebook » – et la médiation érudite de mon ami emmanuel levaufre –  que je découvris une chanson que j’adore : yellow sarong de the scene is now. or, je viens de découvrir via leur « espace », qu’un label australien, lexicon devil, est en train de rééditer un à un leurs albums…

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ps2 / curiosité architecturale : à 4 minutes 42 secondes dans la deuxième partie de leur « concert à emporter », yo la tengo se retrouve à pousser la chansonnette devant la porte de la maison que l’architecte viennois adolf loos (l’auteur du manifeste « ornement et crime » en 1908) construisit en 1926 pour tristan tzara [clic1 ~ clic2]


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higgs_trois_fois

daniel higgs en concert à la salle heliogàbal de barcelone (photo – licence creative commons par astillero) et deux des dessins de l’ex-tatoueur.

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en mars 2007, quelques jours après avoir découvert daniel higgs sur scène, au dernier festival k-raa-k organisé à la zaal belgië de hasselt, j’écrivais :

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« une chaise, un micro, un banjo, une guimbarde… l’ancien chanteur de lungfish et cone of light trimballe sa longue silhouette dégingandée, sa barbe de révolutionnaire russe ou de captain achab, ses tatouages à la “nuit du chasseur” et ses sourcils plissés dans le public depuis le début de l’après-midi. impossible de le rater; son magnétisme fait de ce gars un aimant à regards (et à écoute, dès qu’il joue). sur scène, il commence par un solo de guimbarde. impressionnant. le musicien joue autant sur les silences, les intervalles que sur les sons et les notes. sa respiration, le son de l’air inspiré par sa bouche dans ses poumons, compte autant que la vibration de la petite lamelle de métal. puis, daniel higgs soumet les cordes de son banjo aux pouvoirs fascinants de son jeu serpentin, se tendant petit-à-petit vers l’avant sur sa chaise, vers le micro, pour faire claquer cette voix qui nous vrille sur place dans nos petits souliers. comme phil minton en début de journée, il fait partie de ses vieux briscards qui savent qu’un micro n’est qu’un intermédiaire, que si on ne le nourrit pas, que si on n’est pas généreux avec lui, ce n’est pas ce petit bout de métal et d’électronique qui donnera de la voix à la place du chanteur… higgs donne, donne beaucoup, même. sa voix, malgré son côté sombre et plaintif (on pense souvent aux derniers disques en date du current 93 de david tibet), vibre, retentit, palpite… le micro fait son boulot et tout ce qu’il donne arrive aux oreilles du public, le submerge… et, entre les morceaux par ses applaudissements et ses cris – et même, pendant les morceaux, par son attention médusée – le public renvoie de l’énergie vers cet homme qui, sur les planches, met en scène une condition humaine dans laquelle beaucoup se reconnaissent. grand grand moment »

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daniel higgs sera en belgique (pas de jaloux : wallonie, bruxelles, flandre) pour trois concerts ce week-end – dont un à l’occasion de la sortie du 7e numéro du bimestriel « la sélec » de la médiathèque :

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daniel higgs (usa) + ignatz (bel)
vendredi 16 octobre – 20h – la chapelle saint-roch
17-19 rue volière – liege – 6 eur

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daniel higgs (usa) + les terrils (bel)
sortie de « la sélec » #7 et du premier album des terrils
samedi 17 octobre – 20h30 – la compilothèque
50 quai des péniches – bruxelles – 5 eur

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daniel higgs (usa) + kattegat (bel)
zondag 18 october – 20u30 – smeraldina-rima
1 komijnstraat – gent – 5 eur

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lien 1 [une vidéo correspondant à la photo ci-dessus]
lien 2 [live devant quelques centaines de lp’s au quartier général d’ecstatic yod]
lien 3 [en concert à nantes – clin d’œil aux attentifs amis nantais]

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paul_metzger__music_boxes__massdistraction

moins connu que son banjo modifié et que sa guitare-cymbale, le petit orchestre portatif de boites à musique de paul metzger – photo : massdistraction (licence creative commons)

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dans quelques heures, mes amis vincent et thierry de la ferme du biéreau vont chercher à l’aéroport de zaventem celui que j’ai personnellement adoubé dans mon petit panthéon personnel d’une couronne métallique en cordes de guitares tressées pour « le meilleur concert de 2008 » (schip – molenbeek – bruxelles – 19 octobre 2008) : paul metzger.

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« (…) la frénésie discographique de paul metzger (presque sept albums de 2005 à 2009) aurait pourtant pu ne jamais se mettre en branle. elle est une trace tardive et inattendue d’une pratique de la musique et du bricolage qui pendant quasi vingt ans est à peine sortie de son atelier et du cercle privé et familial. pendant tout ce temps, paul metzger a construit et perfectionné à partir d’instruments de musique existants et de pièces détachées faciles à se procurer dans son environnement nord américain, une série d’instruments mutants qui devaient lui permettre de jouer ses relectures personnelles des musiques indiennes et afghanes qu’il aimait tant écouter. il y a, d’abord, une guitare peinturlurée, munie d’une grande cymbale montée perpendiculairement au manche à l’autre bout de la caisse de résonnance et sertie d’une série de boites à musique trafiquées (une série d’ergots étant limés pour que la mélodie initiale – souvent ultra-connue – du petit gadget mécanique ne soit plus reconnaissable). puis, surtout (parce que ses sonorités sont encore plus étonnantes), un banjo modifié qui, au fil des ans, s’est vu gratifier d’une petite vingtaine de cordes supplémentaires – quasi exclusivement des cordes sympathiques non directement jouées mais amenées en vibration par résonance – passant ainsi de cinq à vingt-trois cordes. (…) »

> début et suite de mon article « nouveaux continents du banjo » (sur paul metzger et les disques de banjo de joe morris dans l’édition papier de « la sélec » #6 (sortie ce 15 août à louvain-la-neuve) et d’ici quelques jours sur le site de la médiathèque

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pendant trois semaines, paul metzger sera donc l’hôte de l’asbl corps & logis à la ferme du biéreau où il donnera deux petits concerts intimistes dans le « caveau sauvage » (caves voutées du corps de logis) et deux concerts de plus grande ampleur dans les anciennes écuries : celui marquant la sortie du n°6 du bimestriel gratuit de la médiathèque le 15 aôut et, deux semaines plus tard, une improvisation en tant que « pourvoyeur de sons » [sound carrier] de damo suzuki (ex-can). je lui ai aussi trouvé quelques concerts aux pays-bas et en belgique, ainsi qu’une date en france. ce mois d’août assez chargé commencera cependant ce soir dans MU, sur les ondes de radio campus (92.1 mhz à bruxelles ou en streaming ailleurs – [cliquez s/ « écouter »).

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dim 09.08 – 20h30 > 22h30
radio campus – MU – session et programmation musicale

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mar 11.08 – 20h
louvain-la-neuve – caveau sauvage – aussi : head of wantastiquet (usa-bel)

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mer 12.08 – 20h
gent – smeraldina-rima hq – komijnstr. 1 – aussi : blue shift (usa) – floris vanhoof (bel)

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sam 15.08 – 19h (table d’hôtes) / 20h30 (concert)
louvain-la-neuve – écuries du biéreau – aussi : atka (mix) – b200 (mix)
sortie de « la sélec #6 » en partenariat avec la médiathèque

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jeu 20.08 – 19h
hombourg (fra – près de mulhouse) – parc du château – aussi : kathy faller & the alsace 68 (fra)

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sam 22.08 – 20h
louvain-la-neuve – caveau sauvage

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mer 26.08 – 20h
den haag (ned) – maakhaven – aussi : chris corsano & mick flower (usa/g-b)

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jeu 27.08 – 22h
utrecht (ned) – café averechts

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ven 28.08 – 20h
liège – l’an vert
en partenariat avec la sélec / la médiathèque

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sam 29.08 – 20h
louvain-la-neuve – écuries du biéreaudamo suzuki’s network (jap-all)
avec aussi : paul labrecque (usa-bel) – radikal satan (arg-fra) –
daniel duchamp (bel) – max bocahut (fra-bel) – …

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lien 1 [site paul metzger]
lien 2 [vidéos de paul metzger sur y**t***]
lien 3 [bel article en français de fabrice fuentes pour le webzine pinkushion]
lien 4 [son « espace »]

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!!! vous pouvez utiliser les commentaires à ce billet pour vos OFFRES et DEMANDES de CO-VOITURAGE vers louvain-la-neuve

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