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Posts Tagged ‘égypte’

les superbes dessins dans l’agenda/carnet de poésie d’adel , à la fin de mafrouza 1 – cœur.

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ce mardi soir, à l’espace magh, continue la projection de mafrouza avec le troisième volet du polyptique d’emmanuelle demoris. même s’il est préférable de voir le film en entier, chacune des cinq parties peut cependant être vue indépendamment des quatre autres.

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mafrouza 1 – oh la nuit !
emmanuelle demoris – france – 2007 – 138’
ce mardi 22 novembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur
en présence de la réalisatrice

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mafrouza 2 – cœur
emmanuelle demoris – france – 2007-2010 – 154’
mardi 29 novembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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mafrouza 3 – que faire ?
emmanuelle demoris – france – 2010 – 152’
mardi 6 décembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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mafrouza 4 – la main du papillon
emmanuelle demoris – france – 2010 – 142’
mardi 13 décembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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mafrouza 5 – paraboles
emmanuelle demoris – france – 2010 – 155’
mardi 20 décembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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lien 1 [site du – distributeur du – film]
lien 2 [bande –annonce]
lien 3 [interview – vidéo – de jean gruault]
lien 4 [article / interview avec emmanuelle demoris et jean gruault dans télérama]
lien 5 [interview d’emmanuelle demoris e.a. sur les réactions au film en égypte]

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« – entre, qu’on te filme !
– non merci ! ils veulent faire du scandale sur le dos de l’égypte.
– ça, c’est déjà fait. y a pas besoin d’eux pour ça ! »

 

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mafrouza, le film (ou la série de cinq films), tire son nom de mafrouza, le labyrinthique quartier informel (« bidonville ») situé près du port d’alexandrie et construit dans, entre et sur les tombeaux de l’ancienne plus grande nécropole gréco-romaine du pourtour méditerranéen. c’est d’ailleurs via l’archéologue jean-yves lempereur qu’en 1999, lors d’un voyage de neuf mois autour de la méditerranée – de l’italie à la palestine, en passant par l’égypte –, en préparation d’un éventuel documentaire sur les rapports entre les morts et les vivants, emmanuelle demoris, la future réalisatrice de mafrouza , visite le quartier et, surtout, rencontre ses habitants. c’est le début d’une aventure cinématographique qui va l’occuper dix ans durant. si, au début du premier épisode, on trouve encore trace de cette première approche (l’archéologue, au look d’indiana jones , prenant les mesures d’un tombeau et interrogeant ses occupants actuels sur les chambres cachées et les voûtes murées pour tenter d’en dessiner un relevé le plus exact possible), le projet d’emmanuelle demoris s’éloigne assez vite de la précision scientifique et des vieilles pierres pour bifurquer (lors de plusieurs retours sur les lieux, au cours d’une série de tournages sur une période de deux ans) vers une toute autre collecte, désormais clairement tournée vers le présent, l’humain et les habitants du quartier.

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on retrouve bien sûr au cours des douze heures de mafrouza tout ce qui tient de l’ordre de la subsistance dans un vécu marqué par une économie de la débrouille, de la récupération et du rafistolage. un vieil homme, abu hosny, lutte seau après seau contre l’inondation de son logis installé en contrebas du reste du quartier, dans une cavité faisant aussi office de décharge sauvage. et sa voisine, la râleuse et courageuse om bassiouni, a autant de mal à cuire son pain entre deux averses, sous la pluie de l’hiver, qu’à reconstruire son four en tôles rouillées et pierres colmatées de boue, sous la canicule de l’été. puis, il y a l’essentiel du film, tout ce qui fait office de liant, de lubrifiant, toute cette chaleur qui permet d’un peu tempérer la dureté de l’existence et de transformer la survie en une vie, certes toujours fragile et souvent pénible et éreintante mais partagée collectivement avec dignité : les histoires qu’on se raconte ou qu’on se chante, les multiples plaisirs et pouvoirs des mots de tous statuts (moqueurs, romantiques, réconfortants ou « défoulatoires », poétiques et politiques, etc. ). tant dans le film monté que dans l’histoire même de sa genèse, après le relevé archéologique c’est l’invitation à une fête de mariage qui en fait basculer le propos et la motivation. une nuit de fête (« oh, la nuit ! / et pas n’importe quelle nuit ! ») marquée entre autres par la quasi transe de l’incroyable joute verbale improvisée que se livrent – entre trivialité, humour et vrais éclairs poétiques (« et la fille frime / comme le concombre sur la salade ») – deux jeunes « rappeurs » locaux, sur les épaules de leur public hilare et survolté, dans une ruelle du quartier. plus tard, dans le même chapitre, le spectateur aura tout le loisir d’être confronté à la verdeur agacée des invectives d’om bassiouni (comme si c’était en partie dans ses jurons qu’elle trouvait la force de s’accrocher) ou de savourer par les yeux et les oreilles la belle naïveté du carnet de poésie (prose, vers d’amours et splendides dessins au marqueur) du sentimental adel.

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pas mal de la puissance et de l’intelligence de mafrouza tiennent de la manière dont ses différentes durées – durée de sa gestation, durée des séquences et retours et récurrences de celles-ci dans la durée totale de la fresque – viennent mutuellement s’emboîter et se renforcer. vers 2006–2007, alors qu’à Alexandrie le quartier était rasé et ses habitants relogés dans les hlm de la cité moubarak à quinze kilomètres de la ville, à paris le pré-montage d’emmanuelle demoris durait 25 heures. c’est par le dialogue avec jean gruault, octogénaire scénariste (p.ex. jules et jim ou les deux anglaises et le continent de truffaut), récemment devenu producteur pour aider mafrouza à voir le jour que, de remontage en remontage, le film va trouver un format certes imposant mais montrable (cinq épisodes à la fois chronologiques et visibles indépendamment) et convenant à la fois à des projections en salles ou en festivals et, en amont, au montage, à laisser les espaces de respiration nécessaires au déploiement des impressionnants bouts de vies filmés par la cinéaste. En matière de cinéma, on confond souvent « longueur » et « lenteur ». fort loin de la contemplation, mafrouza propose certes d’assez longues séquences (régulièrement dix ou vingt minutes), mais des séquences « pleines » (de gestes, de la frénésie des corps dansants ou de paroles qui fusent). par la combinaison de longues durées et d’approches documentaires de « la zone » – de ces marges de la société de marché mondialisée – on a beaucoup associé mafrouza et les films du portugais pedro costa dans le bidonville de fontainhas (ossos / dans la chambre de vanda / en avant jeunesse) ou celui du chinois wang bing dans la mégalopole industrielle en décrépitude de shenyang (à l’ouest des rails). et, non sans convoquer l’évidente prudence à avoir lorsque l’on compare une œuvre de cinéma documentaire à une fiction flirtant avec les codes du cinéma de genres, on serait tenté de rajouter à cette liste le portrait du « quartier des tours » à baltimore tel que dépeint, sur plus de cinquante heures, par la série the wire / sur écoute. même si la manière de raconter l’imbrication d’une série de destins individuels relève ici d’un tout autre type de romanesque, il y a aussi dans mafrouza cette manière dont le temps que le spectateur passe avec les personnages, de séquence en séquence, d’épisode en épisode, leur donne une réelle épaisseur. une présence, une existence de cinéma d’une tout autre teneur que celle des personnages de la grande majorité des films d’une heure et demi.

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(philippe delvosalle – texte écrit pour causes toujours, revue du gsara)

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mafrouza 1 – oh la nuit !
emmanuelle demoris – france – 2007 – 138’
ce mardi 22 novembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur
en présence de la réalisatrice

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mafrouza 2 – cœur
emmanuelle demoris – france – 2007-2010 – 154’
mardi 29 novembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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mafrouza 3 – que faire ?
emmanuelle demoris – france – 2010 – 152’
mardi 6 décembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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mafrouza 4 – la main du papillon
emmanuelle demoris – france – 2010 – 142’
mardi 13 décembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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mafrouza 5 – paraboles
emmanuelle demoris – france – 2010 – 155’
mardi 20 décembre – 20h – espace magh

17 rue du poinçon – 1000 bruxelles – 5 eur

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lien 1 [site du – distributeur du – film]
lien 2 [bande –annonce]
lien 3 [interview – vidéo – de jean gruault]
lien 4 [article / interview avec emmanuelle demoris et jean gruault dans télérama]
lien 5 [interview d’emmanuelle demoris e.a. sur les réactions au film en égypte]

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tahrir

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stefano savona – 2011 – france/italie – 90’ – vo arabe st. fr
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image stefano savona son jean mallet, stefano savona montage penelope bortoluzzi production picofilms, dugong productions, rai 3 distribution picofilms

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du nom de la grande place du caire qui a été, de la fin janvier à la mi-février 2011, le point focal de l’insurrection populaire contre le président moubarak, le film nous permet d’aborder ce moment de basculement de l’histoire autrement que via les images télévisées d’alors. s’il y a, vers son milieu, une séquence nocturne saisissante, où la caméra croise les jeunes en sang qui reviennent des barricades où ils ont été défendre la place contre les snipers et les prisonniers de droit commun libérés par le pouvoir pour venir les déloger, la dominante des émotions, au fond des yeux, sur les visages, est au calme et à la détermination. tous n’ont pas les mêmes rêves pour l’avenir mais vivent bien la hantise d’un même cauchemar, qu’ils sont en train de reléguer dans le passé. [phd]
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film d’ouverture – flagey – studio 4 – vendredi 11.11 à 20h/21h

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la mauvaise nouvelle de la nuit passée:

 

le cinéaste égyptien youssef chahine est mort hier au caire à lâge de quatre-vingt deux ans. je me souviens de la vision enthousiaste de “gare centrale” (1958), “la terre” (1969), “alexandrie pourquoi” (1978), “le sixième jour” (1986, avec une dalida bouleversante) ou “alexandrie encore et toujours” (1990) lors du mois du cinéma égyptien au musée du cinéma de bruxelles, vers 1996.


en guise d’hommage, la retranscription d’un court extrait de chahine & co., documentaire que jean-louis comolli lui avait consacré dans la série “cinéma [/ cinéastes] de notre temps“:

 

– comolli : une fois que tu as écrit ton scénario…

– chahine : je le réécris! au moins six ou sept fois. et ça prend au minimum un an et demi…

– comolli : et une fois que tu l’as écrit et réécrit, tu vas découper?

– chahine : oui, je découpe avec ce que je décrirais comme une très très précision parce que je ne crois pas avoir le droit, sur un plateau ou encore moins en extérieur, avec un staff de quatre-vingt personnes de leur dire : “attendez, je cherche l’inspiration… je cherche l’endroit de la caméra”… il y a beaucoup de gens qui m’ont dit : “ça serait plus spontané si… ”

– comolli : mais oui, tu risques de perdre…

– chahine : c’est pas ça! suppose qu’au lieu d’être inspiré, j’aie une diarrhée!

je ne peux pas ne pas tourner une demi-journée. c’est impossible: on na jamais le budget pour ça…

(…) [montrant un diagramme de découpage] quand le plan est assez complexe, les lettres indiquent les mouvements de l’acteur : il s’arrête là, là et là… ces petits triangles représentent les mouvements de la caméra… pour ne pas donner d’excuses à mon assistant [s’il ne respecte pas ces mouvements], qu’il ne puisse pas dire qu’il ne savait pas. (…) j’intègre aussi les mouvements de chariot et les lampes…

– comolli : ah oui? tu intègres tous les éléments de la technique?

– chahine : je ne laisse rien au hasard. je photocopie ce découpage pour les assistants. si tu ne donnes rien à un assistant, ça devient un domestique… un domestique chic qui te demande “est-ce que tu as soif? est-ce que tu as faim?” et qui t’allume ta cigarette… ça, ce n’est pas bien ; c’est une chose que font les américains mais que je n’aime pas!

– comolli : les assistants sont alors capables de mettre en scène à ta place?

– chahine : oui. si je tombe raide mort, mon assistant continue! je préfère ne pas tomber raide mort, je ne le ferais pas par générosité… je préfère que lui tombe raide mort à ma place, mais… [rires]

 

 

lien 1 [chahine acteur pour chahine réalisateur: ‘gare centrale’]
lien 2 [scène dansée dans ‘alexandrie – new-york’]
lien 3 [youssef chahine dans les archives en ligne de l’ i.n.a.]

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