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Posts Tagged ‘histoire’

les cévennes par léo maillet en 1943 et son fils, daniel maillet, peignant dans le port de nice devant la caméra de peter nestler presque 60 ans plus tard.

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flucht [fuite]
peter nestler – allemagne, 2000 –  87’
ce mardi 7 juin – 20h30 – espace delvaux
place keym – 1170 watermael-boitsfort

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«  flucht » est un road-movie. le peintre juif leopold mayer  / léo maillet (1902 – 1990) fuit la gestapo et la police française de vichy en se réfugiant dans le sud de la france.
son fils, daniel maillet, peintre également, part sur ses traces plusieurs décennies plus tard. un film sur l’acte de création, mais également une réflexion sur ce que signifie aujourd’hui résister.

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il y a un mois, dans le précédent billet consacré à la rétrospective peter nestler concoctée par stefanie bodien et le ptit ciné, n’ayant personnellement encore vu aucun film du cinéaste germano-suédois, j’avais plutôt évoqué ceux qui avaient fait office de « passeurs » en me parlant les premiers de son œuvre : danièle huillet et jean-marie straub.

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à l’aube de la dernière projection bruxelloise – ce soir à l’espace delvaux de boitsfort – et  après avoir vu les quatre précédentes séances du cycle, il y a d’abord la confirmation de ce pressentiment positif initial : même parcellaire (une petite dizaine de la cinquantaine de films tournés par nestler entre les années 1960 et aujourd’hui) cette rétrospective a bel et bien représenté un évènement cinéphile en contribuant à lever partiellement le voile sur l’œuvre d’un cinéaste encore bien trop méconnu. on croise d’ailleurs les doigts pour qu’une activité éditoriale significative (livre, coffret dvd, etc. ) prenne le relais pour accorder à un nombre conséquent de ses films l’attention qu’ils méritent.

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puis, au niveau du lien (amitié / admiration) qui lie « les straub » (danièle et jean-marie) et « les nestler » (zsóka et peter), il y a ce paradoxe apparent entre un couple de cinéastes qui, peut-être plus que tout autre, a porté ces 50 dernières années à la fois une pratique et un discours du son direct et un autre couple de réalisateurs qui se posent avec force en grands orchestrateurs de différents types de voix off, voire de doublages (ex. dans « von griechenland » (1965) ou « die nordkalotte » (1991): témoins parlant dans le cadre, à l’image, mais doublés au son).

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« paradoxe apparent », parce qu’au-delà de cette différence très claire, il y a ce qui les rapproche : en particulier une sensibilité très politique aux multiples engrenages imbriqués des faits qui relient le passé et le présent – à cette articulation des raisonnements dans une épaisseur qu’on peut appeler histoire. comme dans ce court métrage de 1973 de straub et huillet dans lequel nestler lit un texte de brecht :

nestler lisant brecht dans « einleitung zu arnold schoenbergs begleitmusik zu einer lichtspielscene » de straub et huillet en 1973.

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« ceux qui sont contre le fascisme sans être contre le capitalisme,  ceux qui gémissent sur la barbarie qui vient de la barbarie, ressemblent à des gens qui mangent leur part du veau mais pour qui le veau ne doit pas être abattu. ils veulent manger le veau mais pas voir le sang. ils ne sont pas contre les rapports de possession,  qui engendrent la barbarie, seulement contre la barbarie. ils élèvent leur voix contre la barbarie, et ils le font dans des pays dans lesquels règnent les mêmes rapports de possession, mais où les bouchers se lavent encore les mains avant de servir la viande. de bruyantes accusations contre des mesures barbares peuvent agir aussi longtemps que les auditeurs croient que dans leur pays il n’est pas question de pareilles mesures. certains pays sont en état encore avec des moyens agissant moins violemment que d’autres. à eux la démocratie rend encore des services pour lesquels d’autres doivent recourir à la violence, soit la garantie de la propriété des moyens de production. le monopole sur les usines, les mines, les terres,  créé partout des conditions barbares. pourtant celles-ci sont moins visibles. la barbarie devient visible dès que le monopole ne peut plus être protégé que par la violence ouverte »
(bertold brecht – discours au congrès international des intellectuels contre le fascisme – paris, 1935)

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tom joad (henry fonda) dans le paysage, à la croisée des chemins, au début du film de john ford

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« tom joad got out of the old mc alester pen;
there he got his parole.
after four long years on a man killing charge,
tom joad come a-walkin’ down the road, poor boy,
tom joad come a-walkin’ down the road.

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tom joad, he met a truck driving man;
there he caught him a ride.
he said, “i just got loose from mc alester pen
on a charge called homicide,
a charge called homicide.”

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that truck rolled away in a cloud of dust;
tommy turned his face toward home.
he met preacher casey, and they had a little drink,
but they found that his family they was gone,
he found that his family they was gone.

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he found his mother’s old fashion shoe,
found his daddy’s hat.
and he found little muley and muley said,
“they’ve been tractored out by the cats,
they’ve been tractored out by the cats.”

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tom joad walked down to the neighbor’s farm,
found his family.
they took preacher casey and loaded in a car,
and his mother said, “we’ve got to get away.”
his mother said, “we’ve got to get away.”

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now, the twelve of the joads made a mighty heavy load;
but grandpa joad did cry.
he picked up a handful of land in his hand,
said: “i’m stayin’ with the farm till i die.
yes, i’m stayin’ with the farm till i die.

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(…) »

> suite et fin de la (très longue) chanson « tom joad » de woody guthrie

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il y a quelques années, nous avions programmé grapes of wrath [les raisins de la colère] de john ford au cinéclub de la ferme du biéreau, dans le cadre d’une programmation sur le paysannat et le monde rural, en demandant à guillaume maupin d’interpréter quelques chansons de circonstances avant (ou après ? ) le film. la plus explicite étant évidemment cette chanson portant le nom du personnage principal du roman de steinbeck et pour laquelle on a pu prouver que woody guthrie s’était plus inspiré de john steinbeck adapté au cinéma par john ford (il aurait écrit la chanson la nuit après avoir vu le film) que du livre lui-même. mais, au-delà de « tom joad », d’autres dust bowl ballads (triple 78t de 1940) du chanteur engagé américain sont directement liés à cette funeste période (1930-1936) de gigantesques tempêtes de poussières (causées à la fois par la sécheresse et par une agriculture trop intensive qui avait négligé la rotation des cultures et accentué l’érosion des sols) dont on retrouve les conséquences (cultures détruites, ruine, loyers impayés, expulsions, exil forcé, etc.) dans le roman de steinbeck (1939) et le film de ford (1940) : « dust can’t kill me », « dust pneumonia », « dust bowl refugee », « pastures of plenty », etc.

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grapes of wrath [les raisins de la colère]
(john ford – états-unis 1940 – 129 min)
ce vendredi 1er octobre – 19h30 – musée du kinéma
palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur

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lien 1 [diaporma « tom joad » sur y**t**]
lien 2 [grapes of wrath : bande-annonce de 1940]
lien 3 [john steinbeck évoque les raisins de la colère en 1952 – !! animation (plus que) douteuse : écoutez le son, fermez les yeux !!]

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récemment, le regard et le sourire perçants et malicieux d’howard zinn dans le documentaire « 1929 » de w. karel

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«  (…) mon premier souvenir de la dépression, c’est moi regardant ma mère faire la queue pour obtenir de la nourriture. elle avait honte d’être pauvre, d’avoir à demander de l’aide. ça m’a beaucoup marqué parce que c’était si douloureux de la voir dans cette file, attendant des vivres. quand la crise s’est aggravée, nous avons quitté notre petit appartement misérable pour un logement encore pire, pour un taudis.

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une autre chose dont je me souviens, c’est mon père. il était garçon de café. avec la crise, il a perdu son travail. il a dû faire autre chose. à son grand désespoir, il est devenu vendeur de cravates. je me souviens que j’avais honte, quand j’allais à l’école, de le croiser vendant des cravates dans la rue. aujourd’hui encore j’ai honte d’avoir eu une telle réaction. il a également été laveur de carreaux, mais il a dû arrêter car il s’est blessé en tombant. je revois aussi mon père balayant les rues, faisant ce genre de travail.
(…) »
(howard zinn interviewé par william karel dans « 1929 »)

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ce matin, par le blog de l’ami tatum, relayant lui-même l’info du blog de shige, j’ai appris la mort toute récente de howard zinn (1922-2010), passionnant chercheur et révélateur / médiateur de toute l’histoire – souterraine et souvent occultée – des luttes des laissés pour compte de l’histoire officielle des états-unis (indiens, esclaves, ouvriers, soldats envoyés au casse-pipe, afro-américains officiellement libérés de l’esclavage mais toujours ghettoïsés dans un statut d’américains de seconde zone… ).

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tout récemment, je m’étais remis à relire des passages de sa captivante et éclairante  « histoire populaire des états-unis » (édition originale : 1980 / en français : éditions agone, 2002) après avoir été un peu frustré par son apparition dans le documentaire sus cité (format de deux fois cinquante-deux minutes + beaucoup d’intervenants = pas trop de temps de parole par « expert »… ). le réalisateur william karel lui-même avait dû ressentir la même frustration puisqu’aux dernières nouvelles celui-ci allait consacrer tout un film au pétillant vieil homme… qui ne verra probablement jamais le jour puisque le tournage était initialement prévu d’ici un ou deux mois… dommage ! on se rabattra sur ses livres, sur les compact discs de ses lectures, conférences et apparitions publiques éditées par le label a.k. press ou sur la toute récente adaptation en bande dessinée de « une histoire de l’empire américain » (avec mike konopacki & paul buhle, éd. vertige graphic, 2009)…

> howard zinn à la médiathèque

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lien 1 [howard zinn : « on human nature and agression »]
lien 2 [howard zinn : « conversation with history »]

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vilin_perec_ronis

la rue vilin (paris, belleville) via un bout de planche contact de pierre getzler en 1970 (en bas à gauche) et deux photos célèbres de willy ronis (de 1957 et 1959)
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il y a six mois j’avais pas mal “parlé” (avec des images, les doigts et un clavier ici / avec la bouche, des tics et les mains là-bas) du documentaire “récits d’ellis island” co-réalisé par georges perec et robert bober.

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lors de ma présentation à la médiathèque du passage 44, j’avais aussi fait écouter une interview de perec sur france culture (éditée depuis au format cd) au cours de laquelle l’écrivain décrivait son projet de rendre visite douze ans durant à douze lieux parisiens (en alternant les mois de l’année de sorte à ne jamais retourner le même mois dans le même lieu) :

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les lieux (notes sur un travail en cours). en 1969, j’ai choisi, dans paris, douze lieux (des rues, des places, des carrefours, un passage), ou bien dans lesquels j’avais vécu, ou bien auxquels me rattachaient des souvenirs particuliers. j’ai entrepris, chaque mois, la description de deux de ces lieux. l’une de ces descriptions se fait sur le lieu même et se veut la plus neutre possible: assis dans un café, ou marchant dans la rue, un carnet et un stylo à la main, je m’efforce de décrire les maisons, les magasins, les gens que je rencontre, les affiches, et, d’une manière générale, tous les détails qui attirent mon regard. l’autre description se fait dans un endroit différent du lieu: je m’efforce alors de décrire le lieu de mémoire, et d’évoquer à son propos tous les souvenirs qui me viennent, soit des événements qui s’y sont déroulés, soit des gens que j’y ai rencontrés. lorsque ces descriptions sont terminées, je les glisse dans une enveloppe que je scelle à la cire. (…) je recommence chaque année ces descriptions. (…) c’est en 1981 que je serai en possession des 288 textes issus de cette expérience. je saurai alors si elle en valait la peine: ce que j’en attends, en effet, n’est rien d’autre que la trace d’un triple vieillissement: celui des lieux eux-mêmes, celui de mes souvenirs, et celui de mon écriture” (g. perec “espèces d’espaces” – retranscription: azarts-pastiques.com).

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sauf que perec ne poussa pas son projet à son terme. ce fut e.a. à l’époque du tournage de son film “un homme qui dort” (co-réalisé avec bernard queysanne au début des années septante) qu’il espaça ses visites et considéra que les tournages de cinéma dans quelques-uns de ses douze lieux pouvaient faire office – moyennant une légère torsion du projet de départ – de séances de ‘prises de notes’ / de descriptions… la caméra et la pellicule remplaçant le stylo et le papier.

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parmi ces douze lieux figurait la rue vilin à belleville, où peretz – pas encore baptisé perec à cette époque – vécu de sa naissance, en 1936, à 1941, quand sa mère l’envoya par un train de la croix rouge à villard-de-lans pour le sauver de la menace nazie, peu de temps avant d’être elle-même déportée à auschwitz.

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au début des années quatre-vingt, le quartier de naissance de perec connaît de spectaculaires mutations (destructions) urbanistiques. on raconte que c’est au lendemain de sa mort – le 3 mars 1982 – que les bulldozers achevèrent de réduire en gravats les dernières maisons de la rue pour faire table rase et permettre l’implantation du parc paysager qui y occupe désormais le flanc de la colline…

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dix ans plus tard, en 1992, robert bober – l’ami-complice de “récits d’ellis island” – remonte la rue vilin. 1°/ “remonte” au sens topographique, cette rue très pentue aux spectaculaires et photogéniques escaliers urbains. 2°/ mais aussi “remonte” au sens cinématographique ou intellectuel du verbe: réassocie des éléments et des traces pour redonner vie ou forme à quelque chose qui a disparu.

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je n’ai pas encore vu ce film mais je me fais une joie de le découvrir demain soir à l’espace delvaux dans le cadre d’une séance programmée par “le p’tit ciné“:

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“en remontant la rue vilin” (robert bober, france 1992 – 52 min)
+ “voisinage” (yves hanchar, Belgique 1984 – 8 min)
mardi 9 juin – 20h30 – espace delvaux
place keym – 1170 watermael-boitsfort – 5 eur

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lien 1 [une autre photo: perec dans la rue vilin]
lien 2 [‘qu’est-ce que filmer ce qui, du lieu, a eu lieu?’ présentation du film par j. lemière]
lien 3 [‘la cloche et les clochardes’ de r. bober en 1972 – 10 min gratuites / le tout = 1.5 à 4 eur]

> un documentaire sur le photographe bellevillois willy ronis disponible à la médiathèque (texte de catherine mathy)

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seeger_anniv

à gauche et en haut à droite, pete seeger jadis et quasi hier (images glanées l’inépuisable mine iconographique de mr. tom sutpen)
en bas à droite, le banjo comme épouvantail contre l’épouvante:
this machine surrounds hate and forces it to surrender

c’est via un billet du blog de l’ami-tatum – toujours très au fait de ces choses-là – que j’apprends il y a quelques jours que dimanche dernier – le 3 mai – on a fêté en musique, au madison square garden de new york, les nonante ans de pete seeger.

avec une semaine de retard (une semaine sur quatre mille six-cent quatre-vingt semaines, la marge d’erreur dépasse à peine les 0.2 %), je souhaite donc un très lewiscarollien non anniversaire au fringant chanteur engagé…

et, j’en profite – avec un petit mois d’avance, cette fois-ci – pour annoncer une soirée organisée le dimanche 7 juin prochain au cinéma nova et qui proposera le documentaire de jim brown pete seeger: the power of songs (usa, 2007) suivi d’une conférence musicale de guillaume maupin (sur la façon dont les ‘folksongs’ circulent en se modifiant) et d’un concert du pianiste frederic rzewski dont l’une des quatre “north american ballads” écrites à la fin des années septante d’après des chants ouvriers traditionnels…

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soirée autour de la circulation des ‘folksongs’
(reprises, adaptations, réappropriations, réécritures…)
avec pete seeger (sur l’écran)guillaume maupinfrederic rzewski
dimanche 7 juin – 18h > 20h > 21h – cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 6 / 7.5 EUR pour la soirée


lien 1
[le concert d’anniversaire de dimanche dernier – plusieurs parties]
lien 2 [pete seeger en voix off du docu. “to hear your banjo play” d’alan lomax en 1947]
lien 3 [ancien enregistrement de ‘little boxes’]
lien 4 [duo pete seeger / buffy sainte-marie]
lien 5 [duo pete seeger / elizabeth cotten]
lien 6 [mississippi john hurt dans l’émission télé de pete seeger]
lien 7 [interview – en plusieurs parties – datant de mars 2009]

lien 8 [la 4ème ‘north american ballad’ de rzewski par un autre pianiste]
lien 9 [‘the people united will never be defeated’: rzewski joue rzewski]

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peter_walker_albums_live_2009

par stuk.green ©: une photo toute récente (une semaine / dix jours) de peter walker lors d’un concert britannique en compagnie de nancy elizabeth + trois pochettes


appréhender la trajectoire d’un musicien juste par ses sorties discographiques, induit nécessairement un biais, une approximation. les disques sont des traces visibles d’une certaine composante publique de son activité musicale… un peu comme certains événements volcaniques ponctuels à la surface de la croûte terrestre sont la trace d’une activité plus profonde et plus permanente plus difficile à capter …


n’empêche que sous cet angle discographique, le parcours de peter walker (boston, 1937) a de quoi étonner ou poser questions. deux/trois ans de “plein” (1966-68, deux disques) – quarante ans de “vide” (1968-2008) – deux ans d’un autre “plein” (à ce jour – 2008-09-?? – deux disques)… ce qui – dans un premier temps – peut renforcer l’étonnement, c’est le décalage apparent entre les éléments qui venaient enrichir/titiller/contaminer/féconder son jeu de guitare à la fin des années soixante (influences de ragas indiens) et leurs équivalents à la fin des années zéro (influences flamenco)… et c’est là, que les histoires que peter walker a à nous raconter (et qui traduisent clairement le fait que, même sans sortir de disques, il n’a jamais cessé d’être un musicien -*- ) sur les liens, profondément enfouis dans l’histoire, entre l’inde et l’andalousie nous intéressent:


1/ notes de pochette de l’album “echo of a soul“:
the calo gypsies of southern spain have oral legends of how they were kidnapped from bengal and madras in the eigth century and brought to spain as talented ‘prizes of war’. the traditionnal times of day from major and minor scales, often the same melody, scale, key and rhythm structures, all indicate a connection. there are also many sanskrit calo similarities like ‘tal’ for ‘beat’. que tal? (what beat?)
the musical question is: is ali akbar khan correct when he says that kinartic indian music is the oldest developped musical system on the planet an dis the mother of all other systems? my answer is yes. flamenco appears to be the ‘missing link’ between eastern and western music. and i’m fascinated by the developing proof of what a small world it is. musically, more and more i believe that music is the world’s most ancient and common language.
the music on this cd was reviewed and acclaimed in andalucia by some of the ‘old guard’ who have encouraged its release. with its roots in ancient east indian usic, ‘flamenco’ has influenced much of the worlds music. these spanish inspired pieces reflect my passion for this musical rubric, and i am delighted to share them on this cd. thanks for listenning!”

(peter walker)


2/ interview par cory card du webzine digitalis industries en février 2007:
“(…)
i’m really interested in the connections you’ve made from the raga to flamenco. can you expound upon this a bit more?

…aaaaah! i found the smoking gun to that question about two years ago.
ok. i was with antonio… i study with antonio maya, one of the two maya families in the sacromonte neighborhood of the alhambra of granada. there’s an oral history in this family, amongst the women. they hand it down from generation to generation, never to forget, that they were kidnapped, in the eighth century from bengal province, in india. the language they speak, the calo gypsy language, is the same as the sanskrit at that time that was spoken in bengal. and they were prizes of war… i can hear the similarities… the structures and the scales correspond between the two traditions, even to the times of day they are to be played. for example when you go to a flamenco show, and you watch an alagrias; the traditional structure of that dance is along the same lines as the traditional structure of a raga dance presentation that ali akbar khan or his father would approve of.
i leave it to others to find more and more similarities… but the language similarity, the scale similarity and the times of day business, and the family stories are what lead me to believe this. so whenever it was that the muslims conquered india, sometime in the 800’s. they sent out parties from delhi, to bring back prizes of war. they rounded up beautiful women, skilled artisans, brilliant dancers, entertainers and players; shipping them all the way back to granada. and that group of gypsies has been living there ever since in caves and houses…
actually, a cave is the first floor built into the hillside, above which is usually quite an elaborate house. some of them very nice with staggering views of the castle and patios and even the cave down below where there are cave rooms off of cave rooms. that’s heated and ventilated, well lit and clean. it’s quite remarkable.
i played very well one night at a jam session and antonio came by the next night and said ‘you alone’ and i said ‘yeah’. he said ‘good that’ll be easier.’ and he took me back to the family gathering in the cave behind the cave behind the cave. he had a bar cave in the front, but behind that was a tunnel that led to more caves behind where the family was having a gathering. when he brought me back there they yelled at him; ‘you know you’re not supposed to bring peyotes here’. but antonio said ‘no no you’ve got to hear him, just listen. he’s almost classical but he’s got such a flamenco soul’.
it was such a great honor to just sit in the corner like a mouse and watch a real authentic family unfold. it’s almost religious in it’s overtones. they dress up for it, they dress up to go and sing all night and make a circle… and draw the spirits to the circle. i have done 14 trips in seven years, every time something wonderful and magical and wonderful happens.
(…)”

> début et suite de l’interview


peter walker (usa) ~ head of wantastiquet (usa-bel)

dimanche 29 mars – dès 18h – {schip}
4 rue des mariniers – molenbeek – 5 eur

— !! attention au changement d’heure… 18h / heure d’été !! —

lien 1 [interview – sonore – de peter walker sur le site de la bbc]
lien 2 [article / interview par ‘dusted magazine’]
lien 3 [interview de 2004 – retranscrite par toni ruiz]
lien 4 [voor de nederlandstalige onder ons: p.walker et head of wantastiquet dans le magazine “ruis” de maart 2009]

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-*- un peu comme dans some came running [comme un torrent] de vincente minellifrank sinatra incarne un homme (alcoolique et devenu militaire) et ne se considérant plus comme écrivain parce que cela fait plusieurs années qu’il n’a plus publié… une professeur de littérature (martha hyer), admiratrice de ses livres passés, essaye de le persuader du contraire: ce n’est pas le livre (publié) qui fait l’écrivain…

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ellis_perec

ellis island, au large de manhattan en 1978-80
dans le film:

récits d’ellis island

de georges perec et robert bober


je continue mon mini feuilleton sur les îles en ruines au passé de prisons ou de lieux de surveillance/d’enfermement… ellis island, filmée à la fin des années septante par l’écrivain-cinéaste georges perec et le tailleur-potier-éducateur-cinéaste robert bober n’a jamais été à proprement parler une prison mais bien un lieu de détention temporaire (idéalement quelques heures, un jour ou deux ; parfois plus) où le sort de dizaines de milliers d’humains pauvres et déracinés se jouait:


c’était un petit îlot de quatorze hectares à quelques centaines de mètres de la pointe de manhattan. les indiens l’appelaient l’île aux mouettes et les hollandais l’île aux huîtres. (…) [une] île que, dans toutes les langues d’europe, on a surnommé l’île des larmes: tränen insel, wispa tez, island of tears, isolla delle lagrime…” (voix off du film)


pratiquement libre jusque 1975, l’entrée des étrangers sur le sol des états-unis fut progressivement soumise à des mesures restrictives, d’abord élaborées et appliquées à l’échelon local (autorités municipales et portuaires), ensuite regroupées au sein d’un ‘secrétariat à l’immigration’ dépendant du gouvernement fédéral. ouvert en 1892, le centre d’accueil d’ellis island marque la fin d’une émigration quasi sauvage et l’avènement d’une émigration officialisée, institutionnalisée et, pour ainsi dire, industrielle. de 1992 à 1924, près de seize millions de personnes passeront par ellis island, à raison de cinq à dix mille par jour. la plupart n’y séjourneront que quelques heures ; deux à trois pour cent seulement seront refoulés. en somme, ellis island ne sera rien d’autre qu’une usine à fabriquer des américains, une usine à transformer des émigrants en immigrants, une usine à l’américaine, aussi rapide et efficace qu’une charcuterie de chicago: à un bout de la chaîne, on met un irlandais, un juif d’ukraine ou un italien des pouilles, à l’autre bout – après inspection des yeux, inspection des poches, vaccination, désinfection – il en sort un américain” (g. perec et r. bober).



lien 1 [arrivée d’émigrants en 1903]

lien 2 [arrivée d’émigrants en 1906]

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