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Posts Tagged ‘islande’

Liechti_Signer_X

des feux d’artifices, des rubans rouges et des paysages islandais : raketenbänder de roman signer enregistré par la caméra de peter liechti.

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avant-hier, en googlant le nom de boris barnet, je suis tombé sur le site de la cinémathèque suisse sur la triste nouvelle de la mort de peter liechti (1951-2014), cinéaste ayant e.a. quelque réalisé quelques splendides films-essais sur les artistes voice crack (musiciens – cf. billet ci-dessous) ou roman signer (artificier-poète – cf. ci-dessus).

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je suis très triste mais je ne suis pas près d’oublier ses films.

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lien 1 [bande-annonce de signers koffer / signer ici]
lien 2 [site peter liechti]
lien 3 [un très beau texte de nicole brenez pour le festival de la rochelle

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cicatrices_interieures

nico, les paysages d’islande, philippe garrel, ari boulogne et le cheval dans « la cicatrice intérieure »

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« la quasi-totalité des gens de l’âge de mon père [l’acteur maurice garrel] vont au cinéma parce que cela leur permet de s’identifier et par conséquent de se retrouver piégés et comprendre, ou au contraire de se trouvés délivrés par une démarche qu’ils n’auraient pas fonction de faire, et il y a donc une dénonciation politique à faire à ce niveau sur le spectaculaire.
alors que les gens de ma génération avouent y aller pour planer, c’est-à-dire par sensation
»
(philippe garrel dans le n°165 de la revue « cinéma72 » en avril 1972)

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il y a peu (même peut-être carrément « pas ») d’autres films par rapport auxquels mon jugement a aussi diamétralement changé que « la cicatrice intérieure » de philippe garrel (france, 1971).

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desertshore_180j’ai vu une première fois le film vers l’âge de vingt-deux ou vingt-trois ans au cinéma « république » à paris (quelque temps avant que la cinémathèque française n’en fasse, pendant quelques années, un de ses lieux de projections). j’avais été le voir « en bande » avec mes amies et amis de l’école d’architecture de paris-belleville. c’était clairement la présence de nico la chanteuse du premier album du velvet underground qui nous avait fait descendre la rue faubourg-du-temple (deux photos du film ornent déjà en 1970 la pochette de son album « desertshore » qui par ailleurs propose deux chansons qu’on retrouvera en 1972 dans le film : abschied et mütterlein). ce soir-là, on n’a clairement rien compris au film, ni au cinéma de garrel, ni à ce qui nous arrivait. on s’est braqués très très vite sur le ridicule apparent de certains éléments (clémenti à poil avec son arc et son carquois, le bébé sur la peau de mouton, le ton hiératique du film… ). les soixante minutes du film ont du nous sembler durer des heures et des heures. l’effet de bande – contagion des fous rires – ne devait bien sûr rien arranger. on a du être assez insupportables pour les autres spectateurs. heureusement, la salle était grande et loin d’être pleine. un peu plus tard, au cours des semaines et des mois suivants, c’était devenu une private joke : on se plaisait à imaginer que désormais pour intégrer notre « bande » tout candidat devrait passer le rite d’initiation de la vision complète de « la cicatrice intérieure »…

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j’avais clairement vu le film trop tôt. pas spécialement trop tôt en âge mais trop tôt dans mon propre parcours cinéphilique. [petite parenthèse sur l’âge : vingt-trois ans, mon âge de spectateur d’alors, c’était l’âge de garrel lorsqu’il sortait ce film en 1972 – un film tourné un peu plus tôt puisqu’on en retrouve déjà les images en 1970 sur la pochette de « desertshore ». il avait déjà sorti « le révélateur » à vingt ans et « le lit de la vierge » à vingt-et-un ; plus une poignée de courts métrages dès l’adolescence. vingt-trois ans cela avait aussi été l’âge de glauber rocha lorsque, en 1962, il avait sorti son sublime premier long métrage « barravento » que je viens de revoir en dvd la semaine passée. vingt-trois ans ça serait aussi l’âge de mort de ian curtis (par la force des choses, « unknown pleasures » et « closer » ont été écrits et incarnés par un gars de vingt ans à peine). juste quelques données éparses pour souligner à quel point ma génération et les suivantes me paraissent mûrir plus tard – voire jamais -, et souvent se complaire dans l’infantilisation, la superficialité ou la mollesse. et je n’ai même pas encore évoqué ici noël simsolo qui, dans les compléments au dvd de « revolt of mamie stover » [bungalow pour femmes] de raoul walsh, raconte sans sourciller, « quand j’ai commencé à aller seul au cinéma, vers l’âge de huit ans et demi… (…) ». gasp !  — fin de la parenthèse… ].

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environ dix ans plus tard, jeune trentenaire, j’ai revu « la cicatrice intérieure » que j’avais moi-même programmé dans un cycle « temps suspendu » au musée du cinéma (en contrepoint à un cycle de films d’action de hong-kong). j’étais beaucoup plus avancé dans la construction de ma culture et dans l’affirmation de mes goûts et attentes en matière de cinéma et je me suis laissé porter par le film. je ne lui ai pas résisté. et je l’ai beaucoup aimé.

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« je pense que dans mes films, il y a des moments qui sont muets aujourd’hui et qui seront décryptés lorsqu’on aura trouvé un mot pour les qualifier » (philippe garrel, opus cit.– 1972)

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« la cicatrice intérieure »
(de et avec philippe garrel – nico, pierre clémenti, ari boulogne, jean-pierre kalfon… – france 1971 – 60 min)
vendredi 14 août – 18h – musée du kinéma (petite salle plateau)
+ vendredi 21 août – 20h – musée du kinéma (petite salle plateau)

palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur

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> philippe garrel à la médiathèque :
premiers films, les plus expérimentaux
films plus récents, plus « traditionnellement » fictionnels

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lien 1 [bande-annonce japonaise du film]
lien 2 [nico, ari et le velvet en répétition filmés par jonas mekas – son +/- inaudible]
lien 3 [nico et le velvet lors en concert en 1966 filmés par jonas mekas]
lien 4 [nico dans « les hautes solitudes » de philippe garrel en 1974]
lien 5 [nico dans « le berceau de cristal » de philippe garrel en 1976 – montage]
lien 6 [très impressionnante scène du  « révélateur » de garrel en 1968 – sans nico / avec b. laffont]
lien 7 [le cinéaste gérard courant à propos de philippe garrel en 1976]
lien 8 [toujours gérard courant, cette fois à propos d’un concert parisien de nico en 1978]

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