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Posts Tagged ‘pop’

gLgL blow up disques

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sortie en 2001 sur le label plain recordings de san francisco, la compilation iamaphotographer. a été conçue comme un hommage en musique à blow up (1966) de michelangelo antonioni. elle reprend 13 propositions musicales émanant de quelques éclaireurs du rock, du jazz, du folk ou des musiques électroniques (richard youngs, sun city girls, loren mazzacane connors, william parker, arthur doyle, matmos, etc. ). tenter de suivre les fils qui relient ces multiples approches sonores du film à leur objet de fascination et d’inspiration amène presque automatiquement à réécouter sa bande-son d’origine – voire à le re-regarder en confiant, plus que de coutume, à nos oreilles le poste de commandement de notre vision.

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il est de notoriété publique que la musique de blow up (1966) avait été confiée par le cinéaste italien déjà quinquagénaire (1912-2007) au jeune pianiste et compositeur de jazz herbie hancock (1940), compagnon de route de miles davis à l’époque. quand on réécoute – sans images ni narration explicite, donc – le cd de cette bande originale, au-delà de la présence du très rock « stroll on » des yardbirds de jeff beck et jimmy page (la scène du concert dans la boite, vers la fin du film, dont on se souvenait bien) et de deux chansons psychédélisantes (l’une sans paroles ; l’autre chantée) dues à deux membres de lovin’ spoonful (absentes du lp de 1966 et rajoutées lors de sa réédition en cd), ce qui nous frappe – dans la musique même de hancock et de ses acolytes – ce sont ces inflexions swing, planantes ou psychédéliques, la porosité de leur jazz aux sons et mélodies de la pop. et cela nous paraît encore plus clair à la vision du film : l’utilisation et la mise en place de la musique de herbie hancock (et de ses brillants complices parmi lesquels ron carter, tony williams, joe henderson, freddie hubbard, etc.) tend presque plus à la faire oublier qu’à la faire remarquer. ses volutes se fondent quasiment dans le décorum et le monde d’objets du milieu de la mode du swinging london des années 1960, elles semblent émaner presque « organiquement » des phonographes et autoradios (pour antonioni la musique devait être discrète et « naturelle », donc exclusivement diégétique – hancock eut besoin de quelques jours pour digérer la première vision de la version mixée du film et l’estompage de ses compositions). mais, s’il y a bien à la fois ce souci de naturel et une motivation quasi documentaire (au-delà du goût d’antonioni pour le jazz – cf. la fin de cet article – il explique très vite à hancock qu’il fait appel à lui parce que le jazz est la bande-son de la plupart des sessions de photos de mode à londres à l’époque), on ne tombe jamais dans le naturalisme ; il y a fréquemment des effets de stylisation, d’onirisme ou d’étrangeté notamment dans les rapports entre la pulsation de la musique et le rythme de l’action. ainsi, lors du premier shooting du film avec la top-modèle veruschka, la musique que le photographe demande à  son assistant (« reg, let’s have some noise, can we ? » – sous-titre du dvd : « reg, du jazz ! »)  est divisée en deux parties différemment syncopées, articulées, quasi dans la continuité, par un break presque imperceptible. et ce point d’articulation correspond précisément à un changement d’appareil (d’un 6×6 sur pied, il passe à un 24×36) et d’attitude de la part du photographe (de distante et posée, sa position devient entreprenante, exploratrice et conquérante). plus loin dans le film, c’est plus dans le décollage que dans le calage que se joue le rapport entre musique et action diégétique : sur fond d’une mélodie jazz-swing plutôt chaloupée, thomas (david hemmings) et jane (vanessa redgrave) fument un joint, comme au ralenti (le premier donne à la seconde des instructions qui pourraient être celles d’un musicien leader à ses collègues : « slowly », « against the beat »… ).

gLgL blow up 2 appareils

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blow up
est un film de personnages très vides, évoluant dans un milieu où le paraître prend le pas sur l’être, et où les surfaces (la peau des modèles, le papier photographique) comptent plus que les organes de la profondeur (les tripes, les sexes ou le cœur). mais c’est aussi un film très rempli, quasi saturé d’informations et de signes (quelques restes de la nouvelle de départ de cortázar mais aussi nombre de détails liés à l’époque, à Londres et à l’angleterre, mais aussi au milieu de la photographie, à celui de la mode ; signs of the times et genius loci). dans ce contexte de surcharge, ce que je trouve le plus beau dans blow up ce sont justement deux longues séquences quasi silencieuses (pas de parole, pas de musique, juste quelques sons discrets) : celle des photos dans le parc (le bruit du vent dans les feuilles des arbres) et celle – intrinsèquement liée / en correspondance – du tirage des photos et de l’émanation, des bacs de révélateur et de fixateur de la chambre noire, d’une réalité jusque-là cachée.

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« – what are you doing ? stop it ! stop it !
give me those pictures. you can’t photograph people like that !
– who says I can’t?
i am only doing my job. some people are bullfighters, some people are politicians…
i am a photographer. »
(altercation entre jane et thomas sur les marches de l’escalier du parc)

gLgL blow up i am

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comme deux ans plus tard sur le même label, toujours plain recordings, le projet you can never go fast enough (2003) irait planter ses racines du côté du film-culte de monte hellman two lane blacktop [macadam à deux voies], en 2001 le projet iamaphotographer. n’entend ni rejouer la b.o. de hancock pour blow up ni lui en réinventer une autre (comme greg weeks et ses acolytes du valerie project allaient en 2007 recomposer une bande-son alternative à celle de luboš fišer pour le film valérie au pays des merveilles de jaromil jireš) mais proposer blow up comme point de départ et source d’inspiration à une série de musiciens.

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entre jazz et rock (trip-hop), entre groove et montées de volutes de saxophone, les relativement inconnus mushroom et birdsong’s air force collent sans doute le plus à ce qu’aurait pu être la musique de hancock revue par un musicien « fusion » qui aurait eu 25 ans en l’an 2000. le morceau des seconds s’intitule « full frontal nudity » : est-ce là tout ce qu’ils ont retenu du film ? niveau titre de chanson, on préfèrera celui du duo de musique électronique conceptuelle matmos : « despite its aesthetic advances, in its policing of the sexuality of public space antonioni’s film perpetuates misogyny and homophobia ». on est ici dans la lignée du « what’s yr take on cassavettes ? » du groupe féministe queer le tigre (« what’s yr take on cassavetes / we’ve talked about it in letters / and we’ve talked about it on the phone / but how you really feel about it / i don’t really know / what’s yr take on cassavetes ? (x 4) / misogynist ? genius ? misogynist ? genius ? (x2) / what’s yr take on cassavetes ? (x4) / alcoholic ? messiah ? alcoholic ? messiah ? ») dans un paysage culturel américain où, à la croisée des gender studies et du militantisme gay, des cinéastes établis sont bousculés sur leur piédestal pour des critères qui n’ont plus rien à voir avec ceux du cinéma ou de la cinéphilie. et ce n’est pas un mal. Il y a juste que pour revenir à matmos, musicalement l’intérêt retombe (basse groovy et extraits des conversations radio entre le photographe dans sa voiture et l’opératrice privée de son port d’attache, de son studio). le propos reste relativement cryptique et en dit peut-être autant sur matmos (p.ex. leurs problèmes avec la censure homophobe dans plusieurs états des états-unis ou leur album the rose has teeth in the mouth of a beast qui comprend 10 morceaux en hommage à une personnalité gay ou bisexuelle inspirante : william burroughs, joe meek, ludwig wittgenstein, valerie solanas, patricia highsmith, etc. ) que sur antonioni. sauf qu’en ne délivrant pas l’explication riche, nuancée et étayée de leur interminable titre militant, m.c. schmidt et drew daniel renvoient du coup l’auditeur à une nouvelle vision de blow up pour qu’il s’y forge son propre avis. pas bête ! le guitariste britannique richard youngs ne s’embarrasse pas d’autant de conceptualité ou de conceptualisme et livre avec « 1966 » une balade pastorale pour guitare, flûtes et clochettes, sorte de relecture à distance de l’esprit d’une époque qui est aussi celle de sa naissance.

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mais, c’est peut-être son aîné américain loren mazzacane connors qui, avec « the wind in the trees / the couple », le morceau le plus court de la compilation, offre paradoxalement la proposition la plus ample, la plus ouverte, la plus aérée… on raconte qu’antonioni écouta des centaines d’enregistrements de vent soufflant dans les arbres pour trouver la bonne texture sonore pour la scène du parc. trente-cinq ans plus tard, connors s’approprie ce moment de temps suspendu avec une composition à base de guitare lointaine, de souffle, de vibrations de membranes d’ampli ; de profondeur de champ, donc d’espace sonore. et de temps : son morceau nous paraît durer deux ou trois fois sa durée réelle de 2’30’’.

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on finira sur les invitations à participer au projet faites à william parker et arthur doyle, deux jazzmen free environ dix ans plus jeunes que herbie hancock. leur présence s’inscrit dans la logique de cette filiation en pointillés mais me parait aussi faire très bien écho à « the naked camera », le morceau de la b.o. d’origine dont le lyrisme des cuivres et une série de hachures de saxophone et de piano rapproche le plus d’une certaine lignée du free jazz. Les 9 minutes du long solo de contrebasse de parker peut rappeler l’intro de ce morceau, si ce n’est que ce dernier joue surtout à l’archet là où ron carter jouait aux doigts. en écoutant, la mélopée pour voix plaintive et stridences de saxophone « you end me on the african express » de doyle, il est difficile d’y déceler immédiatement un lien clair avec blow up. la connexion est peut-être plus indirecte. herbie hancock raconte : « [antonioni] m’a dit qu’il voulait que le musique du film soit jazz parce que c’était la musique qu’il aimait. Je lui ai demandé qui étaient quelques-uns de ses musiciens préférés et il m’a dit que son musicien favori était le saxophoniste albert ayler. j’étais soufflé ! il voyait qui était albert ayler ? » (notes de pochette de la réédition cd de la b.o. ). par leur amour des rengaines populaires, d’une musique de la convulsion et du cri strident, leurs flirts avec l’idée établie de cacophonie, albert ayler et arthur doyle sont comme dans un même flot expressif où le second aurait repris le flambeau (le saxophone) du premier, trop tôt noyé dans les eaux de la hudson river.

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iamaphotographer. a les défauts de 90% des compilations : un niveau inégal et une intensité qui varie d’une plage à l’autre, le voisinage de belles réussites et de propositions qui nous laissent de marbre. les liens qui se tissent avec blow up ne sont pas toujours évidents mais la disparité des approches souligne justement comment un même film, même aussi canonisé que le film londonien d’antonioni, peut être vu et lu sous des angles très différents les uns des autres.

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mercredi 19 juin 2013 – 18h30
antonioni à l’actif présent – enjeux d’une exposition de cinéma
conférence par dominique païni
pointculure (médiathèque) de bruxelles-centre
passage 44 – 44 bld botanique – 1000 bruxelles – gratuit mais réserver au 02 218 44 27

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du samedi 22 juin au dimanche 8 septembre 2013
michelangelo antonioni – il maestro del cinema moderno
exposition
bozar (palais des beaux-arts)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – gratuit

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tori_reiko__flyers_photos

tori kudo et reiko kudo : deux très très beaux flyers (anne brugni – bruxelles 2009 et ??? – pau 2007) et deux photos…

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ne pas refaire inutilement ce qui a déjà été fait, recycler ce qui peut l’être. le 6 janvier 2008, sur ces pages (un des tous premiers billets de ce blog) pour mon bilan des concerts marquants de 2007, j’écrivais (attention, auto-citation) :

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« au début du vingt-et-unième siècle, il existe encore des esprits étroits pour croire – ou faire croire – que l’adjectif “expérimental” ne s’applique en musique qu’à des formes radicales, extrémistes, rêches, survivant nécessairement à l’état sauvage dans un no man’s land à la lisière de l’inécoutable… pour ces oreilles tellement pointues qu’elles tendent à se fermer sur elles mêmes (comme des ongles incarnés), l’idée même d’une pop expérimentale est inconcevable, comme si la pop était définitivement condamnée à n’être que superficielle et prévisible. et pourtant, au moins deux étonnants concerts auraient pu, cette année [en 2007, donc] , insinuer en eux le doute quant au fait que des combinaisons d’une certaine immédiateté mélodique et d’une certaine audace structurelle ou chromatique sont bel et bien possibles :

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le concert de maher shalal hash baz début juin, dans la salle de bal du vooruit à gand à l’occasion des dix ans du label (k-raa-k)³ est sûrement l’expérience la plus étrange qu’il m’ait été donné de vivre en concert au cours de cette année. un peu fanfare, un peu orchestre de chambre, la demi douzaine de musiciens (cordes et cuivres: guitares, trompette, basson… ) s’installe sur scène devant ses pupitres sur lesquels chacun pose un impressionnant tas de partitions… tori kudo, leader historique du groupe depuis 1984, en chef d’orchestre choisit un morceau qu’il communique à ses musiciens. chacun farfouille dans ses feuilles, trouve la partition correspondante… tout le monde est prêt? un, deux, trois, quatre!! cahin-caha, la sorte de machine musicale brinquebalante de maher shalal hash baz se met en branle et, immédiatement… s’arrête! kudo désigne un autre morceau et… rebelotte!! le public est légèrement interloqué, incrédule, se demande un peu ce qui lui arrive. ce groupe qui a quand même composé quelques-unes des plus belles mélodies d’une certaine pop bricolée, bancale et fragile, des vingt dernières années, n’enchaîne que des moignons de chansons de quatre à – maximum! – vingt secondes. tori kudo ne chante pas et n’ouvre la bouche que pour établir au fur et à mesure la ‘playlist’ du soir et couper l’exécution des morceaux dès qu’ils pourraient devenir trop entraînants ou séduisants. au deuxième tiers du concert, quelques trente ou quarante échantillons plus loin, lorsque tori kudo laissera filer deux ou trois chansons au-delà de la minute, nous gratifiant même de quelques strophes chantées, celles-ci nous feront l’effet de sagas épiques interminables! honnêtement, pendant les deux premiers tiers du concert j’étais désemparé et un peu fâché de voir cet homme pour son premier concert en belgique nous “voler”, ou nous voiler, l’essentiel de son art… puis, je me suis laissé faire et y ai même trouvé mon compte. depuis six mois [vingt mois plus tard, cela reste vrai], je repense souvent, le sourire aux lèvres, à ce concert comme à une expérience forte et tout à fait singulière.»

[pour info, au cas où ça intéresserait quelqu’un, mon autre concert ‘pop expérimental’ de 2007 était celui des dirty projectors à recyclart]

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KLP210 [Converti]cet été est sorti sur le mythique label k records d’olympia le double album « c’est la dernière chanson » de maher shalal hash baz : cent septante-sept (oui, oui, cent-soixante-dix-sept , ; 177) chansons enregistrées dans la foulée du concert gantois, du 11 au 16 juin 2007, au studio chaudelande (« studio d’enregistrement à la campagne ») en normandie. chez caroline (très bon disquaire bruxellois), j’ai acheté le disque sans l’écouter : un peu en souvenir du concert, un peu par attachement lointain aux activistes normands, un peu pour annoncer le concert bruxellois de ce 14 novembre dans MU sur radio campus… mais je dois avouer, que vu sa nature, je craignais quand même un peu le disque légèrement pénible à écouter (surtout « sur la longueur », évidemment… ). eh bien, finalement, non ! que du contraire ! « c’est la dernière chanson » sera un de mes cinq disques de 2009 et pour moi, il fonctionne à la fois comme concept, comme borne-frontière (un peu « c’est le dernier… disque pop de l’histoire ») et comme recueil absolument bouleversant de mélodies imparables !

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ce samedi soir, tori et reiko kudo (avec des invités-surprises de maher shalal hash baz) seront en concert à la compilothèque, avec en première partie, leur ami mccloud du ton mité (qui jouait déjà avec eux en juin 2007 et qui a signé la pochette du double cd sur k records) :

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tori kudo + reiko kudo [maher shalal hash baz] (jap) + le ton mité (usa/bel)
samedi 14 novembre – 20h30 – la compilothèque
50 quai des péniches – 1000 bruxelles – 5 eur

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lien 1 [site ‘decablisty’ de tori kudo]
lien 2 [‘espace’ maher shalal hash baz]
lien 3 [site mccloud zicmuse]
lien 4 [maher shalal hash baz en répétition – publique – au japon / 5 ou 6 épisodes]
lien 5 [reiko et tori kudo = voix + piano]
lien 6 [rencontre vidéo – et arrangée – de reiko kudo et stan brakhage]
lien 7 [tori kudo en duo avec chie mukai]
lien 8 [un peu ( !!) plus noise avec e.a. keiji haino et otomo yoshihide]

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yo_la_kids_paris

yo la tengo et quelques très jeunes admiratrices devant la caméra de vincent moon
(paris – juin 2009) [clic]

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je n’ai jamais été vraiment  fan de yo la tengo – plutôt une sorte de sympathisant « à distance ». je n’ai quasiment aucun de leurs disques. trois si je compte bien : un exemplaire en pas très bon état de leur cd de reprises « fakebook » (1990),  leur lp « strange but true » (1998) en compagnie de jad fair (écouté deux ou trois fois, rarement jusqu’à la fin – vraiment pas ce que jad a fait de mieux) et, pièce à la fois la plus modeste et la plus précieuse de ma micro-collection, le 45t qui documente une version live à la radio de speeding motorcycle de daniel johnston chantée par lui au téléphone, depuis la maison, alors que le trio de hoboken l’accompagne depuis les studios de w.f.m.u. (east orange, new jersey).

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mon inculture en la matière fut cependant un peu soignée, à ma demande, par une amie précieuse qui, un peu avant la noël 2006, sur l’autoroute entre bruxelles et liège – en route vers un concert autrement plus noise et sauvage – me fit un petit mix rétrospectif en forme de cours de rattrapage quant à l’histoire de ce groupe quand même assez « touche-à-beaucoup » (polymorphe). elle se reconnaitra ; ce billet lui est dédié.

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en revanche, dès l’été 2006 j’ai été assez fan des « concerts à emporter » de blogotheque.net. via mon intérêt musical pour ramona cordova, jeffrey lewis, françois virot, les liars ou les dirty projectors je découvrais, assez admiratif, un boulot de « quasi-cinéma » (en vidéo) qui me touchait beaucoup.  un projet qu’en novembre 2007 je résumais ainsi : « filmer en plan-séquence deux ou trois morceaux de musiciens jouant dans le “monde réel” – arrêt de bus, salon de coiffure, trottoir, wasserette… –  plutôt que dans les cocons surprotégés du monde du spectacle – scènes, studios… ». aujourdhui, presque arrivée à sa centième session, la série semble avoir pris quelques libertés avec cette forme du plan-séquence (à moins que je l’aie moi-même surévaluée au départ ?), en tout cas dans les amorces et mises en situations des chansons proprement dites… mais c’est toujours une captation assez directe de ce qui se passe – ou, parfois, ne se passe pas – dans l’instant, dans les trois minutes d’une chanson, qui prime (« produire une présence » diraient dominique lohlé et guy-marc hinant). quand « ça marche », vincent moon et les siens saisissent en tout cas cette essence trop souvent négligée dans les flots de « musique filmée » qui viennent aguicher nos rétines et nos tympans : l’écoute (déjà entre les musiciens ; puis aussi de la part de passants, de quidams, d’habitants du coin, d’un public non convaincu d’avance… ).

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pour en revenir à yo la tengo, j’aime beaucoup beaucoup les trois premiers quarts de leur « concert à emporter » [ ! CLIC !] filmé en juin dernier par vincent moon et posté il y a six semaines sur la toile. paris, montmartre, la topographie, la pente, les escaliers en plein air, la rampe en métal… une plaine de jeux, des cris d’enfants qui couvrent presque la voix d’ira kaplan dans le deuxième morceau, un soleil timide, du vent dans les cheveux, des « papapa-pââ, papapa-pâââ ! » devant lesquels on ne peut que capituler… à l’image d’une georgia qui me fait de plus en plus penser à moe tucker (baguettes et voix fluette), yo la tengo vieillit bien – nettement mieux, même, que d’autres groupes historiquement ou musicalement plus importants qu’eux mais qui ne sont aujourd’hui plus à la hauteur de leur légende. la modestie et la simplicité se posent tout d’un coup comme d’excellents agents de conservation…

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yo la tengo (usa)
ce mercredi 11 novembre – 20h – het depot
12 martelarenplein – 3000 leuven – belgië –  20 / 23 eur

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yo la tengo (usa) ~ wreckless eric & amy rigby (gb/usa)
vendredi 27 novembre – 21h – fri-son
13 route de la fonderie – 1700 fribourg – suisse – 28 chf

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yo la tengo (usa)
lundi 30 novembre – 19h30 – le bataclan
50 boulevard voltaire – 75011 paris – france – 30 eur (!)

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ps1 / une dette envers yo la tengo que je n’oublierai jamais, c’est que c’est via leur album de reprises « fakebook » – et la médiation érudite de mon ami emmanuel levaufre –  que je découvris une chanson que j’adore : yellow sarong de the scene is now. or, je viens de découvrir via leur « espace », qu’un label australien, lexicon devil, est en train de rééditer un à un leurs albums…

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ps2 / curiosité architecturale : à 4 minutes 42 secondes dans la deuxième partie de leur « concert à emporter », yo la tengo se retrouve à pousser la chansonnette devant la porte de la maison que l’architecte viennois adolf loos (l’auteur du manifeste « ornement et crime » en 1908) construisit en 1926 pour tristan tzara [clic1 ~ clic2]


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PTF09_wp

su-per-be affiche à quatre yeux et quatre mains par mme sara atka et mr abel auer

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pile dans deux semaines :

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6e p’tit faystival :
two pin dindiane cluckpalmstheo angellcasse brique
ken’s last ever radio extravaganza
(usa – bel – can – sco – all)
samedi 11 juillet – dès 15h – chapiteau
à côté de la fontaine – 5555 petit-fays (bièvre) – 8 eur (camping gratuit)     

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le site http://ptitfaystival.livejournal.com est à jour (+ de détails sur les groupes et musiciens, itinéraires, co-voiturage, etc… ) > allez y faire un tour ! (avant de venir in vivo faire un tour en ardenne dans quatorze jours)

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> two pin din sur globeglauber
> diane cluck sur globeglauber
> le p’tit faystival 2008 sur globeglauber
> le p’tit faystival 2008 sur comment c’est

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compilo_oneone_mite_210609

en haut à gauche, l’affiche – hélas non imprimée à ce jour – de gwénola carrère
autour et en noir et blanc, en partant du haut : mccloud (le ton mité), les tenniscoats, greg le batteur de deerhoof et – en bas à gauche, donc – satomi la chanteuse-guitariste de deerhoof

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pour faire suite au concert donné ce samedi 20 juin par l’ex-electrelane ros murray – anagramme – ray rumours, le {schip} et la compilothèque accueilleront le lendemain d’autres projets parallèles de groupes pop fameux (même si cette fois les « maisons-mères » sont encore en activité) : deerhoof et les tenniscoats.   oneone est en effet un quintette formé par satomi matsuzaki et greg saunier de deerhoof, saya et ueno takashi des tenniscoats (leur « totemo aimasho » figure depuis plus d’un an dans la sélection « sur la platine » de mon collègue et ami noreille)  et, enfin,  tetsuya umeda (les sculptures et installations sonores de ce dernier auront droit ici à un billet à elles toutes seules)     

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en continuant à appliquer cette sorte de principe de décantation selon lequel à partir de deux groupes on peut en former un troisième plus compact, en ne gardant de oneone que greg saunier (batterie) et ueno takashi (guitare) on obtient le duo can can qui jouera lui aussi. sans oublier le set solo de l’orango-maniaque (clic) franco-fritophile mc cloud zicmuse/le ton mité[sans ce dernier, cette belle ribambelle de musiciens ne serait sans doute pas passée par bruxelles : qu’il en soit ici chaleureusement remercié !!]

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oneone (jap-usa) ~ can can (jap-usa) ~ le ton mité (bel)
dimanche 21 juin – 20h – la compilothèque
50 quai des péniches – 1000 bruxelles – gratuit (fête de la musique)

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dimanche après-midi – à 15h – aux ateliers claus, rue crickx à saint-gilles :
tujiko noriko (fra) et felicia atkinson (bel) (avec sylvain chauveau)

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lien 1 [très très chouette impro de can can à nagoya en 2008]
lien 2 [caméra fixe sur la batterie de greg saunier pendant un concert de can can]
lien 3 [oneone lors du même concert de nagoya]
lien 4 [encore oneone]
lien 5 [chaine y**t*** du ton mité]
lien 6 [pochette de disque – à venir – de gwénola pour le ton mité – porte-folio, 5e ligne]
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oneone, can can et le ton mité jouent aussi ce vendredi soir à l’épicentre à cherbourg et demain samedi à l’emporium gallorum de rouen

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mia_vera_ros

les (ex-) filles d’electrelane – de haut en bas : mia clarke, verity susman et ros murray

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pendant leur – pourtant assez longue : 1998-2007 – période d’activité, je suis un peu passé à côté du quatuor  de filles de brighton electrelane. sans doute un rien de méfiance et beaucoup de hasard (wrong place, wrong time). j’ai beaucoup écouté leur troisième album « axes » produit par steve albini et sorti sur too pure en 2005 mais je ne les ai jamais vues en concert. certains de mes amis parlent de leur concert à la rotonde du b. (la salle sur-subsidiée de saint-josse) comme d’un  des concerts de leur vie ! le 1er décembre 2007, electrelane donne son dernier concert au pavilion theatre de leur hometown. dans le magazine « plan b » de janvier 2008 (un an et demi plus tard, en juin 2009, le magazine vient de mettre la clef sous le paillasson – zut !), everett true finissait son compte rendu par ces mots :  « ‘no shouts, no call’ is the title of their final album. no shouts no calls. electrelane have gone. and the newest (and shyest) member, bassist ros murray, took center stage for the final show » .   

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alors que, justement, ce samedi soir avec maxime de matamore et les camarades de la compilothèque nous faisons jouer ray rumours [anagramme de ros murray, dernière bassiste en date pour le troisième tiers de l’histoire du groupe  de mi 2004 à fin 2007 ; une période correspondant cependant aux trois quarts de sa discographie en termes d’albums] il apparaît que – au moins – deux de ses amies d’alors ont-elles aussi des projets musicaux post-electrelane :

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– sous le nom de vera november, verity susman l’ex-chanteuse et claviériste du groupe a entre autre repris la très belle chanson our last night together d’arthur russell au piano. sa version se retrouve e.a. sur le quatre titres « four songs by arthur russell » (rough trade, 2007) et en supplément du dvd du portrait documentaire « wild combination » (matt wolf, 2008 – par ailleurs repris dans la sélec de juin 2009)…
> vidéo de la chanson d’arthur russell par verity/vera

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– en duo avec andy moor (dog faced hermans, kletka red, the ex, multiples projets duo… ), mia clarke a sorti – malheureusement uniquement sous forme digitale sur file 13 et sans existence physique ou matérielle – «  guitargument », deux improvisations pour guitares électriques…
> l’espace de mia et andy

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ray rumours (gb) ~ a people you may know (b)
samedi 20 juin – 20h – la compilothèque
50 quai des péniches – 1000 bruxelles – gratuit (fête de la musique)

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lien 1 [court – extrait live de ray rumours]
lien 2 [autre extrait live – ukulélé]
lien 3 [petit bout de répétition d’electrelane] 

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pumice_pochette_instrus

un de mes disques préférés de 2007 dans ma pochette préférée de 2007: “pebbles” de pumice – en bas, son petit attirail sonore photographié par tweekpeethoz ©

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préliminaires étymologiques: “outnumbered by sheep” > voir ci-dessous en intro du premier billet de ce petit feuilleton…

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le concert de michael morley au bozar est derrière nous – mais on s’en souviendra longtemps. les absents – qui cette fois-ci donnaient raison au dicton qui veut qu’ils aient toujours tort – se rattraperont avec le concert du 27 juin à la zaal belgië de hasselt. mais comme la mise en évidence d’environ deux cent disques néo-zélandais continue à la médiathèque du passage44, mon petit feuilleton se poursuit lui-aussi…

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je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais personnellement, je me souviens très souvent de comment – par qui / via quel “passeur” – j’ai découvert les films ou les disques qui comptent désormais fort pour moi. en ce qui concerne pumice (le mot désigne en anglais la ‘pierre ponce’ et sert, depuis le début des années nonante, de pseudonyme au projet solo de stefan [geoffrey] neville), je me souviens très clairement que c’est via un e-mail de mon ami emmanuel de paris – qui avait lui-même découvert sa musique en concert à la miroiterie début 2008 – que je m’étais mis à m’y intéresser:

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hier soir, à la même affiche que los llamarada (pas mal du tout mais pas aussi bien que je l’espérais), il y avait un néo-zélandais programmé à la dernière minute, pumice. c’était très bien, du rock lo-fi sur une guitare bricolée avec plein de distorsion (il utilise des
cassettes) – plus proche de peter jefferies que de chris knox.
tu connais sans doute, et tu l’as peut-être vu ces jours ci (il est en tournée européenne en ce moment)

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emmanuel a raison de parler de ‘lo-fi‘: ces quatre lettres qui en tant que diminutif de ‘low fidelity’ (en opposition à hi-fi / high fidelity) désignent, en tout cas depuis le premier tiers des années nonante, 1°/ un style musical (conception limitative et dérivant souvent vite vers le péjoratif) ou 2°/ une attitude vis-à-vis non seulement du son mais de l’acte musical en général (approche évidemment plus ouverte et plus intéressante). comme avec tout mouvement de libération (ne fût-il ici que sonore ou musical), le balancier de l’histoire est revenu comme un méchant coup de matraque de la part de quelques tristes critiques musicaux toujours plus prompts à classer les formes d’expressions dans des boites qu’à s’intéresser à ce qui en dépasse, déborde ou s’en évade, à ce qui est en porte-à-faux… un vision étriquée qui préfère cacher ce que l’attitude lo-fi (privilégier l’urgence et la vibration à une supposée perfection technique aussi vaine que stérile) a pu générer de petites perles étonnantes et singulières et de liberté de création loin des diktats de modes de production plus lourds et coûteux de la musique.

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liberté… rien que sur “pebbles” p.ex., stefan neville/pumice alterne des instrumentaux saturés et enlevés, d’autres morceaux ‘rock’ chantés, des comptines lentes et susurrées ou de longues plages bourdonnantes à l’harmonium (les huit minutes trente secondes de spike/spear)… un mariage des opposés et des contraires que, lors de la même tournée européenne de février 2008, la cave12 de genève décrivait par ce petit slogan rigolo: “one man band broken pop: (…) la lutte entre couler et nager, avaler de l’eau et aller aux toilettes…

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chouette ‘hasard’ [quand deux ‘one man band‘ se rencontrent…]: en cherchant sur y**t*** des vidéos de pumice je suis tombé sur un extrait de session pour la radio wfmu en duo avec… mudboy, le ‘doctor of experimental organomics‘ de providence, rhode island. or, mudboy joue justement demain lundi à schaerbeek pour fêter la sortie de “music for any speed”, son nouveau sept pouces vinyl sur le label bruxellois lexi disques:

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mudboy (usa) ~ hyena (usa) ~ head of wantastiquet (usa-bel)
+ dj stoemp guerilla (bel)
lundi 15 juin – 20h30 – café ‘t kan gi kwoet
(ex-café ‘de student’)
76 rue des palais – 1030 schaerbeek – [sûrement pas cher]

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> session radio de mudboy sur wfmu (encore!) en juin 2008

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par ailleurs, tant pumice (clic) que mudboy (clic) sont aussi dessinateurs: on aurait pu passer eur musique lors des 24h bd / 24h radio d’il y a quelques semaines sur radio campus…

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