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Posts Tagged ‘rock’

gLgL blow up disques

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sortie en 2001 sur le label plain recordings de san francisco, la compilation iamaphotographer. a été conçue comme un hommage en musique à blow up (1966) de michelangelo antonioni. elle reprend 13 propositions musicales émanant de quelques éclaireurs du rock, du jazz, du folk ou des musiques électroniques (richard youngs, sun city girls, loren mazzacane connors, william parker, arthur doyle, matmos, etc. ). tenter de suivre les fils qui relient ces multiples approches sonores du film à leur objet de fascination et d’inspiration amène presque automatiquement à réécouter sa bande-son d’origine – voire à le re-regarder en confiant, plus que de coutume, à nos oreilles le poste de commandement de notre vision.

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il est de notoriété publique que la musique de blow up (1966) avait été confiée par le cinéaste italien déjà quinquagénaire (1912-2007) au jeune pianiste et compositeur de jazz herbie hancock (1940), compagnon de route de miles davis à l’époque. quand on réécoute – sans images ni narration explicite, donc – le cd de cette bande originale, au-delà de la présence du très rock « stroll on » des yardbirds de jeff beck et jimmy page (la scène du concert dans la boite, vers la fin du film, dont on se souvenait bien) et de deux chansons psychédélisantes (l’une sans paroles ; l’autre chantée) dues à deux membres de lovin’ spoonful (absentes du lp de 1966 et rajoutées lors de sa réédition en cd), ce qui nous frappe – dans la musique même de hancock et de ses acolytes – ce sont ces inflexions swing, planantes ou psychédéliques, la porosité de leur jazz aux sons et mélodies de la pop. et cela nous paraît encore plus clair à la vision du film : l’utilisation et la mise en place de la musique de herbie hancock (et de ses brillants complices parmi lesquels ron carter, tony williams, joe henderson, freddie hubbard, etc.) tend presque plus à la faire oublier qu’à la faire remarquer. ses volutes se fondent quasiment dans le décorum et le monde d’objets du milieu de la mode du swinging london des années 1960, elles semblent émaner presque « organiquement » des phonographes et autoradios (pour antonioni la musique devait être discrète et « naturelle », donc exclusivement diégétique – hancock eut besoin de quelques jours pour digérer la première vision de la version mixée du film et l’estompage de ses compositions). mais, s’il y a bien à la fois ce souci de naturel et une motivation quasi documentaire (au-delà du goût d’antonioni pour le jazz – cf. la fin de cet article – il explique très vite à hancock qu’il fait appel à lui parce que le jazz est la bande-son de la plupart des sessions de photos de mode à londres à l’époque), on ne tombe jamais dans le naturalisme ; il y a fréquemment des effets de stylisation, d’onirisme ou d’étrangeté notamment dans les rapports entre la pulsation de la musique et le rythme de l’action. ainsi, lors du premier shooting du film avec la top-modèle veruschka, la musique que le photographe demande à  son assistant (« reg, let’s have some noise, can we ? » – sous-titre du dvd : « reg, du jazz ! »)  est divisée en deux parties différemment syncopées, articulées, quasi dans la continuité, par un break presque imperceptible. et ce point d’articulation correspond précisément à un changement d’appareil (d’un 6×6 sur pied, il passe à un 24×36) et d’attitude de la part du photographe (de distante et posée, sa position devient entreprenante, exploratrice et conquérante). plus loin dans le film, c’est plus dans le décollage que dans le calage que se joue le rapport entre musique et action diégétique : sur fond d’une mélodie jazz-swing plutôt chaloupée, thomas (david hemmings) et jane (vanessa redgrave) fument un joint, comme au ralenti (le premier donne à la seconde des instructions qui pourraient être celles d’un musicien leader à ses collègues : « slowly », « against the beat »… ).

gLgL blow up 2 appareils

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blow up
est un film de personnages très vides, évoluant dans un milieu où le paraître prend le pas sur l’être, et où les surfaces (la peau des modèles, le papier photographique) comptent plus que les organes de la profondeur (les tripes, les sexes ou le cœur). mais c’est aussi un film très rempli, quasi saturé d’informations et de signes (quelques restes de la nouvelle de départ de cortázar mais aussi nombre de détails liés à l’époque, à Londres et à l’angleterre, mais aussi au milieu de la photographie, à celui de la mode ; signs of the times et genius loci). dans ce contexte de surcharge, ce que je trouve le plus beau dans blow up ce sont justement deux longues séquences quasi silencieuses (pas de parole, pas de musique, juste quelques sons discrets) : celle des photos dans le parc (le bruit du vent dans les feuilles des arbres) et celle – intrinsèquement liée / en correspondance – du tirage des photos et de l’émanation, des bacs de révélateur et de fixateur de la chambre noire, d’une réalité jusque-là cachée.

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« – what are you doing ? stop it ! stop it !
give me those pictures. you can’t photograph people like that !
– who says I can’t?
i am only doing my job. some people are bullfighters, some people are politicians…
i am a photographer. »
(altercation entre jane et thomas sur les marches de l’escalier du parc)

gLgL blow up i am

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comme deux ans plus tard sur le même label, toujours plain recordings, le projet you can never go fast enough (2003) irait planter ses racines du côté du film-culte de monte hellman two lane blacktop [macadam à deux voies], en 2001 le projet iamaphotographer. n’entend ni rejouer la b.o. de hancock pour blow up ni lui en réinventer une autre (comme greg weeks et ses acolytes du valerie project allaient en 2007 recomposer une bande-son alternative à celle de luboš fišer pour le film valérie au pays des merveilles de jaromil jireš) mais proposer blow up comme point de départ et source d’inspiration à une série de musiciens.

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entre jazz et rock (trip-hop), entre groove et montées de volutes de saxophone, les relativement inconnus mushroom et birdsong’s air force collent sans doute le plus à ce qu’aurait pu être la musique de hancock revue par un musicien « fusion » qui aurait eu 25 ans en l’an 2000. le morceau des seconds s’intitule « full frontal nudity » : est-ce là tout ce qu’ils ont retenu du film ? niveau titre de chanson, on préfèrera celui du duo de musique électronique conceptuelle matmos : « despite its aesthetic advances, in its policing of the sexuality of public space antonioni’s film perpetuates misogyny and homophobia ». on est ici dans la lignée du « what’s yr take on cassavettes ? » du groupe féministe queer le tigre (« what’s yr take on cassavetes / we’ve talked about it in letters / and we’ve talked about it on the phone / but how you really feel about it / i don’t really know / what’s yr take on cassavetes ? (x 4) / misogynist ? genius ? misogynist ? genius ? (x2) / what’s yr take on cassavetes ? (x4) / alcoholic ? messiah ? alcoholic ? messiah ? ») dans un paysage culturel américain où, à la croisée des gender studies et du militantisme gay, des cinéastes établis sont bousculés sur leur piédestal pour des critères qui n’ont plus rien à voir avec ceux du cinéma ou de la cinéphilie. et ce n’est pas un mal. Il y a juste que pour revenir à matmos, musicalement l’intérêt retombe (basse groovy et extraits des conversations radio entre le photographe dans sa voiture et l’opératrice privée de son port d’attache, de son studio). le propos reste relativement cryptique et en dit peut-être autant sur matmos (p.ex. leurs problèmes avec la censure homophobe dans plusieurs états des états-unis ou leur album the rose has teeth in the mouth of a beast qui comprend 10 morceaux en hommage à une personnalité gay ou bisexuelle inspirante : william burroughs, joe meek, ludwig wittgenstein, valerie solanas, patricia highsmith, etc. ) que sur antonioni. sauf qu’en ne délivrant pas l’explication riche, nuancée et étayée de leur interminable titre militant, m.c. schmidt et drew daniel renvoient du coup l’auditeur à une nouvelle vision de blow up pour qu’il s’y forge son propre avis. pas bête ! le guitariste britannique richard youngs ne s’embarrasse pas d’autant de conceptualité ou de conceptualisme et livre avec « 1966 » une balade pastorale pour guitare, flûtes et clochettes, sorte de relecture à distance de l’esprit d’une époque qui est aussi celle de sa naissance.

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mais, c’est peut-être son aîné américain loren mazzacane connors qui, avec « the wind in the trees / the couple », le morceau le plus court de la compilation, offre paradoxalement la proposition la plus ample, la plus ouverte, la plus aérée… on raconte qu’antonioni écouta des centaines d’enregistrements de vent soufflant dans les arbres pour trouver la bonne texture sonore pour la scène du parc. trente-cinq ans plus tard, connors s’approprie ce moment de temps suspendu avec une composition à base de guitare lointaine, de souffle, de vibrations de membranes d’ampli ; de profondeur de champ, donc d’espace sonore. et de temps : son morceau nous paraît durer deux ou trois fois sa durée réelle de 2’30’’.

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on finira sur les invitations à participer au projet faites à william parker et arthur doyle, deux jazzmen free environ dix ans plus jeunes que herbie hancock. leur présence s’inscrit dans la logique de cette filiation en pointillés mais me parait aussi faire très bien écho à « the naked camera », le morceau de la b.o. d’origine dont le lyrisme des cuivres et une série de hachures de saxophone et de piano rapproche le plus d’une certaine lignée du free jazz. Les 9 minutes du long solo de contrebasse de parker peut rappeler l’intro de ce morceau, si ce n’est que ce dernier joue surtout à l’archet là où ron carter jouait aux doigts. en écoutant, la mélopée pour voix plaintive et stridences de saxophone « you end me on the african express » de doyle, il est difficile d’y déceler immédiatement un lien clair avec blow up. la connexion est peut-être plus indirecte. herbie hancock raconte : « [antonioni] m’a dit qu’il voulait que le musique du film soit jazz parce que c’était la musique qu’il aimait. Je lui ai demandé qui étaient quelques-uns de ses musiciens préférés et il m’a dit que son musicien favori était le saxophoniste albert ayler. j’étais soufflé ! il voyait qui était albert ayler ? » (notes de pochette de la réédition cd de la b.o. ). par leur amour des rengaines populaires, d’une musique de la convulsion et du cri strident, leurs flirts avec l’idée établie de cacophonie, albert ayler et arthur doyle sont comme dans un même flot expressif où le second aurait repris le flambeau (le saxophone) du premier, trop tôt noyé dans les eaux de la hudson river.

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iamaphotographer. a les défauts de 90% des compilations : un niveau inégal et une intensité qui varie d’une plage à l’autre, le voisinage de belles réussites et de propositions qui nous laissent de marbre. les liens qui se tissent avec blow up ne sont pas toujours évidents mais la disparité des approches souligne justement comment un même film, même aussi canonisé que le film londonien d’antonioni, peut être vu et lu sous des angles très différents les uns des autres.

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mercredi 19 juin 2013 – 18h30
antonioni à l’actif présent – enjeux d’une exposition de cinéma
conférence par dominique païni
pointculure (médiathèque) de bruxelles-centre
passage 44 – 44 bld botanique – 1000 bruxelles – gratuit mais réserver au 02 218 44 27

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du samedi 22 juin au dimanche 8 septembre 2013
michelangelo antonioni – il maestro del cinema moderno
exposition
bozar (palais des beaux-arts)
rue ravenstein – 1000 bruxelles – gratuit

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max bodson encadré / recadré – par beata szparagowska

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(…) dans vos sets live récents, vous jouez régulièrement un morceau de mississippi john hurt; pour beaucoup de gens, cela suscite une série d’associations d’idées à une musique « primitive », aux craquements de vieux septante-huit tours, à une sorte d’idée implicite d’authenticité, etc. or, je lisais récemment dans revue et corrigée, un article qui expliquait par la technique comment le fait d’enregistrer cette musique avait impliqué très tôt, dès les années 1920, que certains musiciens et preneurs de sons ne tenaient pas compte des spécificités du micro (en gros le mettaient n’importe où et chantaient fort pour que ça passe) alors qu’au même moment, d’autres comprenaient que le micro devenait un instrument qui leur permettait de jouer sur du chuchoté, etc.

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– maxime bodson : « les prises de son de ces disques – dont les premiers mississippi john hurt – sont super-bonnes. moi je ne suis pas vraiment un fan des craquements, ce n’est pas ça qui m’intéresse. mais quand j’écoute ces disques, j’entends très bien qu’il y a quelqu’un qui joue très bien et qui m’émeut par une certaine immédiateté. les prises de son n’ont rien de « pourri ». mississippi john hurt, effectivement c’est un point de départ dans la musique qu’on fait aujourd’hui parce que c’est du blues – c’est quelque chose de carré, de droit, avec des éléments primaires – mais, contrairement à beaucoup d’autres bluesmen, il a aussi un côté enfantin, une voix beaucoup plus fluette. robert johnson c’est un peu pareil, il a presque une voix de femme. c’est un contraste que j’aime beaucoup. on essaye un petit peu d’avoir ce truc-là dans notre musique. »

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>> début de l’interview du printemps 2009 des frères max et sam bodson

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à l’occasion du dixième anniversaire du label matamore, maxime bodson (du groupe patton mais aussi du projet solo squelette) rencontrera hugues warin à la médiathèque de bruxelles centre ce vendredi pour une discussion entre parole et musique. y compris en musique live puisque maxime bodson y jouera une poignée de morceaux, partagés entre compositions propres et hommages à ses pères spirituels (pour autant que cette distinction ait vraiment un sens).

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ce vendredi 9 novembre 2012 – 18h30
rdv – 10 ans de matamore – morceaux choisis
maxime bodson rencontre hugues warin
médiathèque de bruxelles centre

passage 44 – 1000 bruxelles – gratuit

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jad, david, ann et jerry fair

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« c’est assez simple de jouer de la guitare ! les cordes minces produisent des sons aigus et les grosses cordes épaisses font des sons graves. et si tu joues du côté où tu grattes les cordes, le son est plus aigu qu’à l’autre bout du manche… ah, oui ! et si tu veux jouer vite… joue vite; et si tu veux jouer lentement… ralentis. c’est aussi simple que ça »
(david fair dans le documentaire the band that would be king).

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au début du documentaire de jeff feuerzeig (futur réalisateur de the devil and daniel johnston), ann fair, une dame d’un certain âge, assise à côté de son mari sur le sofa d’un living room middle class, déclare très fièrement qu’on raconte que la maison familiale bicentenaire dans laquelle se déroule l’entretien a été baptisée « lieu de naissance du punk rock ». en effet, vers 1974-1975, suivant les traces de pas d’une poignée d’éclaireurs locaux tels que le mc5 et les stooges, ses deux fils david et jad fair ont fondé à ann harbor, dans le michigan, dans une chambre de leur maison d’enfance (celle évoquée douze ans plus tard dans la chanson « sex at your parents’ house » ?), leur groupe half japanese. presque sans connaissance instrumentale préalable, les deux frères et leurs premiers complices vont ressusciter – probablement sans tout à fait se rendre compte de la portée à venir de leurs intuitions – une certaine pratique du rock où l’urgence et l’énergie passent à tabac toutes les tentatives pour faire reconnaître cette musique d’adolescents en tant que forme noble ou académique, lesquelles étaient en train de plomber une grande part du rock du début des années 1970. et dans ce punk pas encore baptisé comme tel, il n’y a pas encore de normes ou de clichés, de formes ou d’uniformes : il y a encore toute la place pour leur spontanéité et leur singularité. en premier lieu, la voix reconnaissable entre mille (nasillarde, enfantine, à la lisière du parlé… ) de jad fair, mais aussi une approche factuelle de saynètes souvent faussement banales, dont lester bangs considérera l’écriture comme héritée du regard et de la syntaxe de lou reed (« i walked to the chair / then i sat in it » pour le new-yorkais, tel que cité par le critique rock; « and i said : ‘frankenstein, you must die!’ / and i shot him » pour les jeunes provinciaux en 1982). avec, de leur propre aveu, deux sujets de prédilection pour la grande majorité de leurs chansons : « love songs and monster songs » (inspiration au long cours comme en témoigne l’album jad and david fair sing your little babies to sleep, abécédaire de chansons de monstres, de a comme « abominable snowman » à z comme « zombie », en 1998).

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une montagne américaine au-delà de la naïveté – david fair avait très tôt affirmé son intention de quitter le groupe à l’âge de 30 ans, il tient parole en 1984. jad fair, lui, continue sous la bannière half japanese, accompagné par d’autres amis. mais sous son nom également, suite à ses rencontres avec des musiciens tels que daniel johnston, moe tucker (la batteuse du velvet underground), kramer (grand manitou du label shimmy disc), naofumi ishimaru (yximalloo), r. stevie moore, jason willett, yo la tengo, les pastels ou teenage fanclub… il poursuit également ses activités graphiques : dessins au marqueur et d’impressionnants découpages. sans jamais vraiment exactement en faire partie – en tout cas, sans jamais s’y retrouver enfermé – jad fair aura proposé une musique qui aura successivement fait écho au punk américain à la fin des années 1970, à l’underground des microlabels de mail art et d’échange de cassettes dans les années 1980 et au grunge et à la lo-fi (comprenez: basse fidélité) du premier tiers des années 1990. à ce jour, sa discographie rien qu’en terme d’albums (lp et sc) – en laissant même de côté les cassettes des premiers temps et les « disques » immatériels en fichiers .mp3 de l’époque récente – compte au moins une soixantaine de titres, des plus pop et des plus rock aux plus expérimentaux. au cours des quatre années 1996 à 1999 – ses plus productives – il sort une vingtaine d’albums dans une dizaine de configurations différentes. comme ernest noyes brookings (1898 – 1987) qui, dans le cadre des ateliers de création duplex planet animés dans la maison de retraite où il séjournait à boston, écrivit plus de 400 poèmes au cours des sept dernières années de sa vie, sur des sujets tels que les lacets, les baisers, la calvitie, la vitesse du son, les abeilles, bob hope ou le président truman, jad fair (qui a souvent chanté / déclamé les miniatures de Brookings) dresse – au travers d’objets du quotidien (robes, pyjamas, pâtisseries, etc.), de personnages fictionnels ou historiques et de situations-clés du vivre ensemble (fêtes de toutes tailles et en tous genres) – un passionnant relevé d’un certain paysage mental nord-américain, très largement partagé par ses compatriotes (et, depuis au moins 60 ans, de plus en plus par le reste du monde).

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> suite de mon article (sur deux disques récents de jad fair et sur son jeune cousin spirituel français manuel j. grotesque)

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concerts :
ce mardi 10 avril 2012 – 20h
jad fair + gilles rieder (usa + sui)
cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 6 / 7 eur

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mercredi 11 avril 2012 – 20h
jad fair + gilles rieder (usa + sui)
le consortium
37 rue de longvic – 21000 dijon (france) – 5 eur

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film :
vendredi 13 avril 2012 – 20h
half japanese : the band that would be king
jeff feuerzeig – états-unis – 1993 – 90’
cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 3.5 / 5 eur

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samedi 21 avril 2012 – 22h
half japanese : the band that would be king
jeff feuerzeig – états-unis – 1993 – 90’
cinéma nova
3 rue d’arenberg – 1000 bruxelles – 3.5 / 5 eur

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lien 1 [site officiel de jad fair]
lien 2 [extrait du début du film de jeff feuerzeig]
lien 3 [half japanese ‘live in hell’ – début des années 1980 ?]
lien 4 [half japanese avec moe tucker à toronto en 1989]
lien 5 [jad et nao, en concert]
lien 6 [jad et gilles… il y a 2 jours à paris]

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yo_la_kids_paris

yo la tengo et quelques très jeunes admiratrices devant la caméra de vincent moon
(paris – juin 2009) [clic]

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je n’ai jamais été vraiment  fan de yo la tengo – plutôt une sorte de sympathisant « à distance ». je n’ai quasiment aucun de leurs disques. trois si je compte bien : un exemplaire en pas très bon état de leur cd de reprises « fakebook » (1990),  leur lp « strange but true » (1998) en compagnie de jad fair (écouté deux ou trois fois, rarement jusqu’à la fin – vraiment pas ce que jad a fait de mieux) et, pièce à la fois la plus modeste et la plus précieuse de ma micro-collection, le 45t qui documente une version live à la radio de speeding motorcycle de daniel johnston chantée par lui au téléphone, depuis la maison, alors que le trio de hoboken l’accompagne depuis les studios de w.f.m.u. (east orange, new jersey).

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mon inculture en la matière fut cependant un peu soignée, à ma demande, par une amie précieuse qui, un peu avant la noël 2006, sur l’autoroute entre bruxelles et liège – en route vers un concert autrement plus noise et sauvage – me fit un petit mix rétrospectif en forme de cours de rattrapage quant à l’histoire de ce groupe quand même assez « touche-à-beaucoup » (polymorphe). elle se reconnaitra ; ce billet lui est dédié.

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en revanche, dès l’été 2006 j’ai été assez fan des « concerts à emporter » de blogotheque.net. via mon intérêt musical pour ramona cordova, jeffrey lewis, françois virot, les liars ou les dirty projectors je découvrais, assez admiratif, un boulot de « quasi-cinéma » (en vidéo) qui me touchait beaucoup.  un projet qu’en novembre 2007 je résumais ainsi : « filmer en plan-séquence deux ou trois morceaux de musiciens jouant dans le “monde réel” – arrêt de bus, salon de coiffure, trottoir, wasserette… –  plutôt que dans les cocons surprotégés du monde du spectacle – scènes, studios… ». aujourdhui, presque arrivée à sa centième session, la série semble avoir pris quelques libertés avec cette forme du plan-séquence (à moins que je l’aie moi-même surévaluée au départ ?), en tout cas dans les amorces et mises en situations des chansons proprement dites… mais c’est toujours une captation assez directe de ce qui se passe – ou, parfois, ne se passe pas – dans l’instant, dans les trois minutes d’une chanson, qui prime (« produire une présence » diraient dominique lohlé et guy-marc hinant). quand « ça marche », vincent moon et les siens saisissent en tout cas cette essence trop souvent négligée dans les flots de « musique filmée » qui viennent aguicher nos rétines et nos tympans : l’écoute (déjà entre les musiciens ; puis aussi de la part de passants, de quidams, d’habitants du coin, d’un public non convaincu d’avance… ).

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pour en revenir à yo la tengo, j’aime beaucoup beaucoup les trois premiers quarts de leur « concert à emporter » [ ! CLIC !] filmé en juin dernier par vincent moon et posté il y a six semaines sur la toile. paris, montmartre, la topographie, la pente, les escaliers en plein air, la rampe en métal… une plaine de jeux, des cris d’enfants qui couvrent presque la voix d’ira kaplan dans le deuxième morceau, un soleil timide, du vent dans les cheveux, des « papapa-pââ, papapa-pâââ ! » devant lesquels on ne peut que capituler… à l’image d’une georgia qui me fait de plus en plus penser à moe tucker (baguettes et voix fluette), yo la tengo vieillit bien – nettement mieux, même, que d’autres groupes historiquement ou musicalement plus importants qu’eux mais qui ne sont aujourd’hui plus à la hauteur de leur légende. la modestie et la simplicité se posent tout d’un coup comme d’excellents agents de conservation…

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yo la tengo (usa)
ce mercredi 11 novembre – 20h – het depot
12 martelarenplein – 3000 leuven – belgië –  20 / 23 eur

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yo la tengo (usa) ~ wreckless eric & amy rigby (gb/usa)
vendredi 27 novembre – 21h – fri-son
13 route de la fonderie – 1700 fribourg – suisse – 28 chf

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yo la tengo (usa)
lundi 30 novembre – 19h30 – le bataclan
50 boulevard voltaire – 75011 paris – france – 30 eur (!)

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ps1 / une dette envers yo la tengo que je n’oublierai jamais, c’est que c’est via leur album de reprises « fakebook » – et la médiation érudite de mon ami emmanuel levaufre –  que je découvris une chanson que j’adore : yellow sarong de the scene is now. or, je viens de découvrir via leur « espace », qu’un label australien, lexicon devil, est en train de rééditer un à un leurs albums…

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ps2 / curiosité architecturale : à 4 minutes 42 secondes dans la deuxième partie de leur « concert à emporter », yo la tengo se retrouve à pousser la chansonnette devant la porte de la maison que l’architecte viennois adolf loos (l’auteur du manifeste « ornement et crime » en 1908) construisit en 1926 pour tristan tzara [clic1 ~ clic2]


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lien avec le billet précédent [ci-dessous]
j’étais quasi sûr et la vérification m’a donné raison : greg malcolm a au moins joué une fois (en novembre 2003, cinq jours avant que nous le recevions à la ferme du biéreau) aux instants chavirés. les « instants » : une petite salle de montreuil – aux portes de paris – à l’excellente programmation venue à l’origine du free jazz et des musiques improvisées européennes et ouverte depuis longtemps aux franges les plus innovantes et étonnantes du rock, de la pop, de la noise et de certaines musiques électroniques…

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personnellement, je me souviens avoir vu (vécu) « aux instants » de mémorables concerts de the ex, d’api uiz, de loren [mazacane] connors, d’eugene chadbourne, de christine sehnaoui

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instants_typoil se trouve que ces dernières semaines, le projet des instants chavirés a du encaisser un double uppercut en ayant à prendre acte d’une réduction conjointe de ses subventions de la part de la commune de montreuil (maire : dominique voynet, verts) et du conseil régional de seine-saint-denis (au pouvoir là : les socialistes). une perte cumulée de trente-deux mille euros qui pousse la salle à remettre en cause sa programmation d’automne, voire sa survie ultérieure. certains pourraient objecter aux « instants » que la somme qui leur reste est loin d’être anodine et que d’autres structures (la ferme du biéreau du côté non-rénové à louvain-la-neuve, la compilothèque à bruxelles, les potagers natures à bordeaux pour ne citer que les trois qui me viennent le plus spontanément à l’esprit) travaillent et programment quasiment sans subsides (du tout). n’empêche que si de tels lieux peuvent continuer à accueillir, de temps en temps, certains musiciens extra-européens de renommée (et si ces musiciens peuvent continuer à tourner) c’est aussi parce que quelques jours avant ou quelques jours plus tard, au sein de la même tournée, ils bénéficient d’un concert dans des conditions moins précaires dans une salle subventionnée et aventureuse dans ses choix et ses parti-pris. en touchant les instants chavirés, on fragilise tout le paysage européen de ces musiques. puis, en plus, le bât blesse par l’inégalité de traitement entre projets de terrain et projets « bling bling ». pour une petite salle subventionnée active dans le terrain des musiques aventureuses, combien de grosses salles elles-aussi subventionnées et actives dans le champ d’expressions beaucoup plus « plan-plan », ronronnantes ou de pur divertissement (et dont le rayonnement médiatique et commercial ne devrait plus devoir impliquer de soutien financier de la part de la collectivité) ?

> l’explication du problème par les instants chavirés eux-mêmes

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une pétition en ligne lancée le 15 juillet dernier a déjà récolté près de quatre mille signatures d’amateurs de musiques et de musiciens et d’artistes des quatre coins du monde dont sophie agnel, tetuzi akiyama, oren ambarchi, armelle (chocolat billy), thomas bonvallet (l’ocelle mare, ex-cheval de frise), xavier charles, les hommes de cinéma pip chodorov (re:voir) et jean-louis comolli, anla courtis, bill direen, david fenech, lionel fernandez et erik minlkkinen (sister iodine, discom), chris forsyth, le photographe hrvoje goluza, david grubbs, andy guhl (ex-voice crack), giuseppe ielasi, jorge (api uiz), anne laplantine, thomas lehn, alan licht, joe mcphee, donald miller (borbetomagus), jean-marc montera, lê quan ninh, stephen o’malley, jim o’rourke, momo (radikal satan), evan parker, anthony pateras, jean-françois pauvros, barre philips, plochingen, quentin rollet, keith rowe, christine sehnaoui, timo van luijk, volcano the bear, yann (chocolat billy et api uiz)… et beaucoup, beaucoup, d’autres…

> la pétition

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lien 1 [kat ex + andy moor + clayton thomas + afework negussie en janvier 2008 aux instants]
lien 2 [au cours de la même résidence: the ex en ‘concert à emporter’, un peu plus loin, au coin de la rue]

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su-per-be affiche à quatre yeux et quatre mains par mme sara atka et mr abel auer

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pile dans deux semaines :

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6e p’tit faystival :
two pin dindiane cluckpalmstheo angellcasse brique
ken’s last ever radio extravaganza
(usa – bel – can – sco – all)
samedi 11 juillet – dès 15h – chapiteau
à côté de la fontaine – 5555 petit-fays (bièvre) – 8 eur (camping gratuit)     

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le site http://ptitfaystival.livejournal.com est à jour (+ de détails sur les groupes et musiciens, itinéraires, co-voiturage, etc… ) > allez y faire un tour ! (avant de venir in vivo faire un tour en ardenne dans quatorze jours)

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> two pin din sur globeglauber
> diane cluck sur globeglauber
> le p’tit faystival 2008 sur globeglauber
> le p’tit faystival 2008 sur comment c’est

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compilo_oneone_mite_210609

en haut à gauche, l’affiche – hélas non imprimée à ce jour – de gwénola carrère
autour et en noir et blanc, en partant du haut : mccloud (le ton mité), les tenniscoats, greg le batteur de deerhoof et – en bas à gauche, donc – satomi la chanteuse-guitariste de deerhoof

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pour faire suite au concert donné ce samedi 20 juin par l’ex-electrelane ros murray – anagramme – ray rumours, le {schip} et la compilothèque accueilleront le lendemain d’autres projets parallèles de groupes pop fameux (même si cette fois les « maisons-mères » sont encore en activité) : deerhoof et les tenniscoats.   oneone est en effet un quintette formé par satomi matsuzaki et greg saunier de deerhoof, saya et ueno takashi des tenniscoats (leur « totemo aimasho » figure depuis plus d’un an dans la sélection « sur la platine » de mon collègue et ami noreille)  et, enfin,  tetsuya umeda (les sculptures et installations sonores de ce dernier auront droit ici à un billet à elles toutes seules)     

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en continuant à appliquer cette sorte de principe de décantation selon lequel à partir de deux groupes on peut en former un troisième plus compact, en ne gardant de oneone que greg saunier (batterie) et ueno takashi (guitare) on obtient le duo can can qui jouera lui aussi. sans oublier le set solo de l’orango-maniaque (clic) franco-fritophile mc cloud zicmuse/le ton mité[sans ce dernier, cette belle ribambelle de musiciens ne serait sans doute pas passée par bruxelles : qu’il en soit ici chaleureusement remercié !!]

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oneone (jap-usa) ~ can can (jap-usa) ~ le ton mité (bel)
dimanche 21 juin – 20h – la compilothèque
50 quai des péniches – 1000 bruxelles – gratuit (fête de la musique)

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dimanche après-midi – à 15h – aux ateliers claus, rue crickx à saint-gilles :
tujiko noriko (fra) et felicia atkinson (bel) (avec sylvain chauveau)

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lien 1 [très très chouette impro de can can à nagoya en 2008]
lien 2 [caméra fixe sur la batterie de greg saunier pendant un concert de can can]
lien 3 [oneone lors du même concert de nagoya]
lien 4 [encore oneone]
lien 5 [chaine y**t*** du ton mité]
lien 6 [pochette de disque – à venir – de gwénola pour le ton mité – porte-folio, 5e ligne]
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oneone, can can et le ton mité jouent aussi ce vendredi soir à l’épicentre à cherbourg et demain samedi à l’emporium gallorum de rouen

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