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tori_reiko__flyers_photos

tori kudo et reiko kudo : deux très très beaux flyers (anne brugni – bruxelles 2009 et ??? – pau 2007) et deux photos…

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ne pas refaire inutilement ce qui a déjà été fait, recycler ce qui peut l’être. le 6 janvier 2008, sur ces pages (un des tous premiers billets de ce blog) pour mon bilan des concerts marquants de 2007, j’écrivais (attention, auto-citation) :

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« au début du vingt-et-unième siècle, il existe encore des esprits étroits pour croire – ou faire croire – que l’adjectif “expérimental” ne s’applique en musique qu’à des formes radicales, extrémistes, rêches, survivant nécessairement à l’état sauvage dans un no man’s land à la lisière de l’inécoutable… pour ces oreilles tellement pointues qu’elles tendent à se fermer sur elles mêmes (comme des ongles incarnés), l’idée même d’une pop expérimentale est inconcevable, comme si la pop était définitivement condamnée à n’être que superficielle et prévisible. et pourtant, au moins deux étonnants concerts auraient pu, cette année [en 2007, donc] , insinuer en eux le doute quant au fait que des combinaisons d’une certaine immédiateté mélodique et d’une certaine audace structurelle ou chromatique sont bel et bien possibles :

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le concert de maher shalal hash baz début juin, dans la salle de bal du vooruit à gand à l’occasion des dix ans du label (k-raa-k)³ est sûrement l’expérience la plus étrange qu’il m’ait été donné de vivre en concert au cours de cette année. un peu fanfare, un peu orchestre de chambre, la demi douzaine de musiciens (cordes et cuivres: guitares, trompette, basson… ) s’installe sur scène devant ses pupitres sur lesquels chacun pose un impressionnant tas de partitions… tori kudo, leader historique du groupe depuis 1984, en chef d’orchestre choisit un morceau qu’il communique à ses musiciens. chacun farfouille dans ses feuilles, trouve la partition correspondante… tout le monde est prêt? un, deux, trois, quatre!! cahin-caha, la sorte de machine musicale brinquebalante de maher shalal hash baz se met en branle et, immédiatement… s’arrête! kudo désigne un autre morceau et… rebelotte!! le public est légèrement interloqué, incrédule, se demande un peu ce qui lui arrive. ce groupe qui a quand même composé quelques-unes des plus belles mélodies d’une certaine pop bricolée, bancale et fragile, des vingt dernières années, n’enchaîne que des moignons de chansons de quatre à – maximum! – vingt secondes. tori kudo ne chante pas et n’ouvre la bouche que pour établir au fur et à mesure la ‘playlist’ du soir et couper l’exécution des morceaux dès qu’ils pourraient devenir trop entraînants ou séduisants. au deuxième tiers du concert, quelques trente ou quarante échantillons plus loin, lorsque tori kudo laissera filer deux ou trois chansons au-delà de la minute, nous gratifiant même de quelques strophes chantées, celles-ci nous feront l’effet de sagas épiques interminables! honnêtement, pendant les deux premiers tiers du concert j’étais désemparé et un peu fâché de voir cet homme pour son premier concert en belgique nous “voler”, ou nous voiler, l’essentiel de son art… puis, je me suis laissé faire et y ai même trouvé mon compte. depuis six mois [vingt mois plus tard, cela reste vrai], je repense souvent, le sourire aux lèvres, à ce concert comme à une expérience forte et tout à fait singulière.»

[pour info, au cas où ça intéresserait quelqu’un, mon autre concert 'pop expérimental' de 2007 était celui des dirty projectors à recyclart]

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KLP210 [Converti]cet été est sorti sur le mythique label k records d’olympia le double album « c’est la dernière chanson » de maher shalal hash baz : cent septante-sept (oui, oui, cent-soixante-dix-sept , ; 177) chansons enregistrées dans la foulée du concert gantois, du 11 au 16 juin 2007, au studio chaudelande (« studio d’enregistrement à la campagne ») en normandie. chez caroline (très bon disquaire bruxellois), j’ai acheté le disque sans l’écouter : un peu en souvenir du concert, un peu par attachement lointain aux activistes normands, un peu pour annoncer le concert bruxellois de ce 14 novembre dans MU sur radio campus… mais je dois avouer, que vu sa nature, je craignais quand même un peu le disque légèrement pénible à écouter (surtout « sur la longueur », évidemment… ). eh bien, finalement, non ! que du contraire ! « c’est la dernière chanson » sera un de mes cinq disques de 2009 et pour moi, il fonctionne à la fois comme concept, comme borne-frontière (un peu « c’est le dernier… disque pop de l’histoire ») et comme recueil absolument bouleversant de mélodies imparables !

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ce samedi soir, tori et reiko kudo (avec des invités-surprises de maher shalal hash baz) seront en concert à la compilothèque, avec en première partie, leur ami mccloud du ton mité (qui jouait déjà avec eux en juin 2007 et qui a signé la pochette du double cd sur k records) :

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tori kudo + reiko kudo [maher shalal hash baz] (jap) + le ton mité (usa/bel)
samedi 14 novembre – 20h30 – la compilothèque
50 quai des péniches – 1000 bruxelles – 5 eur

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lien 1 [site ‘decablisty’ de tori kudo]
lien 2 [‘espace’ maher shalal hash baz]
lien 3 [site mccloud zicmuse]
lien 4 [maher shalal hash baz en répétition – publique – au japon / 5 ou 6 épisodes]
lien 5 [reiko et tori kudo = voix + piano]
lien 6 [rencontre vidéo – et arrangée – de reiko kudo et stan brakhage]
lien 7 [tori kudo en duo avec chie mukai]
lien 8 [un peu ( !!) plus noise avec e.a. keiji haino et otomo yoshihide]

okraina_bottes_1111

guerre (1914-18) et économie dans « okraina » (1933) de boris barnet.

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« okraina » est un de mes films préférés… par un de mes cinéastes préférés, le sous-estimé et trop méconnu boris barnet (1902-65). il propose, dans son style typique – mêlant, de manière totalement singulière, comédie, amertume, poésie, lyrisme et tendresse pour ses personnages (ce que les apparatchiks du cinéma soviétique taxèrent régulièrement « d’égarements ») – une chronique de la guerre 14-18, un peu au front, dans les tranchées et beaucoup, derrière les lignes, dans un village (« le faubourg ») proche de la frontière et loin des grandes villes de l’empire russe.

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la guerre 14-18 n’a pas été perdue par (/ pour) tout le monde. les industriels qui, de près ou de loin, pouvaient participer à l’effort de guerre s’en sont plutôt bien tirés. introduisant le travail à la chaine, développant le recours à la main d’œuvre féminine (et immigrée), une entreprise comme renault en france qui employait six mille personnes (dont 4% de femmes) en 1914 en emploie vingt-trois mille (dont 22% de femmes) en 1918 en ayant par ailleurs complètement redéployé son activité de la construction de voitures particulières vers celle de camions, mais surtout de chars d’assaut, de moteurs d’avions et d’obus…

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dans « okraina », c’est grechine le patron du petit atelier de confection de bottes qui, au premier tiers du film, au déclenchement du conflit armé, décroche un juteux contrat de livraison de bottes aux soldats de l’armée encore impériale. la cloison du petit atelier est vite démantibulée pour l’agrandir et faire face à la nouvelle demande et à l’extension du business… vers les deux tiers (ou les trois quarts) du film, dans un montage parallèle très rapide et frénétique, barnet associe machines à coudre le cuir et les talons de l’atelier de cordonnerie et mitrailleuses sur la ligne de front…

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comme souvent avec les tout premiers films sonores soviétiques (cf. ci-dessous) l’utilisation à la fois parcimonieuse et osée / expérimentale du son est particulièrement étonnante et intéressante :

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« set in a russian village during world war one, « okraina » is barnet’s first sound picture, and as in some other early russian talkies – alexander dovzhenko’s « ivan », vsevolod pudovkin’s « the dezerter », dziga vertov’s « entuziasm » – the stylized sound track is highly inventive and original. within the first few moments cheers are synchronized with blasts of steam from a train engine, the sound of a roomful of cobblers hammering away at shoes registers like a bit of electronic music, and there’s even a horse that briefly speaks – a trope that’s easy to associate with dovzhenko’s silent pictures.

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the sound in « okraina » has the curious, primal effect of redefining silence, as if we’d never experienced it before – a virtue that’s especially striking in relation to current movies, in which silence of any kind is a rarity. by punctuating extended stretches of silence with whizzing or whistling and then the sounds of explosions, barnet sensitizes our ears as well as our nerves, and he rarely allows the dialogue to carry the story. there’s nothing intellectual or obtrusively formal about his decision to accord sound and image equal importance. this is a volatile film full of raw emotions, and as russian film historian jay leyda once put it, ‘you can’t be sure whether the next scene will be funny or pathetic, gentle or violent.’

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this is the kind of movie in which a soldier can play dead in the trenches as a practical joke, fooling us as well as his buddies, and where a young russian woman can fall hopelessly in love with a german prisoner with whom she can barely communicate. comic scenes can suddenly turn tragic, and vice versa. one melancholy long shot of a brooding soldier and a brooding woman seated on opposite ends of a bench ends with a gag: when the soldier stands up, the woman, as if on a seesaw, sinks. seemingly irrational shifts in mood and plot ultimately create a profound sense of war as a state of chaos. (some commentators have suggested that barnet’s implicit pacifism led to his being accused of inaccurately portraying russian life.) in some montage sequences, images of warfare go by so quickly they seem to pile on top of each other, and after a character rushes into a meeting to announce that the czar has abdicated, the senseless fighting doesn’t stop (…)»

(jonathan rosenbaum in « chicago reader », fevrier 2004 – repris sur son blog)

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« okraina » [le faubourg]
(
boris barnet – u.r.s.s. , 1933 – 98 min)
dvd (env. 7 eur) > bach films


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lien 1 [la séquence de l’escalier de « la maison de la rue troubnaia » - coupez le son !]
lien 2 [montage (clip-esque) de « la jeune fille au carton à chapeau »]
lien 3 [montage/analyse de « au bord de la mer bleue » par nicole brenez]

yo_la_kids_paris

yo la tengo et quelques très jeunes admiratrices devant la caméra de vincent moon
(paris – juin 2009) [clic]

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je n’ai jamais été vraiment  fan de yo la tengo – plutôt une sorte de sympathisant « à distance ». je n’ai quasiment aucun de leurs disques. trois si je compte bien : un exemplaire en pas très bon état de leur cd de reprises « fakebook » (1990),  leur lp « strange but true » (1998) en compagnie de jad fair (écouté deux ou trois fois, rarement jusqu’à la fin – vraiment pas ce que jad a fait de mieux) et, pièce à la fois la plus modeste et la plus précieuse de ma micro-collection, le 45t qui documente une version live à la radio de speeding motorcycle de daniel johnston chantée par lui au téléphone, depuis la maison, alors que le trio de hoboken l’accompagne depuis les studios de w.f.m.u. (east orange, new jersey).

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mon inculture en la matière fut cependant un peu soignée, à ma demande, par une amie précieuse qui, un peu avant la noël 2006, sur l’autoroute entre bruxelles et liège – en route vers un concert autrement plus noise et sauvage – me fit un petit mix rétrospectif en forme de cours de rattrapage quant à l’histoire de ce groupe quand même assez « touche-à-beaucoup » (polymorphe). elle se reconnaitra ; ce billet lui est dédié.

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en revanche, dès l’été 2006 j’ai été assez fan des « concerts à emporter » de blogotheque.net. via mon intérêt musical pour ramona cordova, jeffrey lewis, françois virot, les liars ou les dirty projectors je découvrais, assez admiratif, un boulot de « quasi-cinéma » (en vidéo) qui me touchait beaucoup.  un projet qu’en novembre 2007 je résumais ainsi : « filmer en plan-séquence deux ou trois morceaux de musiciens jouant dans le “monde réel” – arrêt de bus, salon de coiffure, trottoir, wasserette… -  plutôt que dans les cocons surprotégés du monde du spectacle – scènes, studios… ». aujourdhui, presque arrivée à sa centième session, la série semble avoir pris quelques libertés avec cette forme du plan-séquence (à moins que je l’aie moi-même surévaluée au départ ?), en tout cas dans les amorces et mises en situations des chansons proprement dites… mais c’est toujours une captation assez directe de ce qui se passe – ou, parfois, ne se passe pas – dans l’instant, dans les trois minutes d’une chanson, qui prime (« produire une présence » diraient dominique lohlé et guy-marc hinant). quand « ça marche », vincent moon et les siens saisissent en tout cas cette essence trop souvent négligée dans les flots de « musique filmée » qui viennent aguicher nos rétines et nos tympans : l’écoute (déjà entre les musiciens ; puis aussi de la part de passants, de quidams, d’habitants du coin, d’un public non convaincu d’avance… ).

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pour en revenir à yo la tengo, j’aime beaucoup beaucoup les trois premiers quarts de leur « concert à emporter » [ ! CLIC !] filmé en juin dernier par vincent moon et posté il y a six semaines sur la toile. paris, montmartre, la topographie, la pente, les escaliers en plein air, la rampe en métal… une plaine de jeux, des cris d’enfants qui couvrent presque la voix d’ira kaplan dans le deuxième morceau, un soleil timide, du vent dans les cheveux, des « papapa-pââ, papapa-pâââ ! » devant lesquels on ne peut que capituler… à l’image d’une georgia qui me fait de plus en plus penser à moe tucker (baguettes et voix fluette), yo la tengo vieillit bien – nettement mieux, même, que d’autres groupes historiquement ou musicalement plus importants qu’eux mais qui ne sont aujourd’hui plus à la hauteur de leur légende. la modestie et la simplicité se posent tout d’un coup comme d’excellents agents de conservation…

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yo la tengo (usa)
ce mercredi 11 novembre – 20h – het depot
12 martelarenplein – 3000 leuven – belgië –  20 / 23 eur

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yo la tengo (usa) ~ wreckless eric & amy rigby (gb/usa)
vendredi 27 novembre – 21h – fri-son
13 route de la fonderie – 1700 fribourg – suisse – 28 chf

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yo la tengo (usa)
lundi 30 novembre – 19h30 – le bataclan
50 boulevard voltaire – 75011 paris – france – 30 eur (!)

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ps1 / une dette envers yo la tengo que je n’oublierai jamais, c’est que c’est via leur album de reprises « fakebook » – et la médiation érudite de mon ami emmanuel levaufre –  que je découvris une chanson que j’adore : yellow sarong de the scene is now. or, je viens de découvrir via leur « espace », qu’un label australien, lexicon devil, est en train de rééditer un à un leurs albums…

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ps2 / curiosité architecturale : à 4 minutes 42 secondes dans la deuxième partie de leur « concert à emporter », yo la tengo se retrouve à pousser la chansonnette devant la porte de la maison que l’architecte viennois adolf loos (l’auteur du manifeste « ornement et crime » en 1908) construisit en 1926 pour tristan tzara [clic1 ~ clic2]


jacno475

pochette du (mini) lp « jacno » en 1979

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avant-hier soir tard, un e-mail de mon ami – et désormais collègue – david m’apprend la mauvaise nouvelle : denis quilliard (mieux connu sous son pseudonyme de fumeur de gauloises, jacno) est mort, avec au compteur à peine plus de la moitié de l’âge auquel claude levi-strauss vient de nous quitter il y a quelques jours. cinquante-deux ans ; saloperie de cancer ! la « grande presse » française (libé, le monde…), « très inspirée »,  copicolle les 460 puis les 1.500 caractères (espaces compris) des deux dépêches de l’agence france presse – telles quelles, tristes curriculum vitae, sans un gramme d’intervention ou de réaction personnelle… froid et clinique comme un carrelage de morgue.

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pas très compliqué de comprendre pourquoi ! de la part des bien pensants [*], il pèse sur la musique de jacno (en solo, ou en duo avec elli medeiros) la suspicion de superficialité qui plane au-dessus de toute la pop. mais, encore accentuée ici – dans le cas de cet hybride mutant de chanson, de « variète » et d’esprit do-it-yourself issu du punk que représenta elli & jacno au tout début des années quatre-vingt – par le caractère à la fois électronique et minimal de leur musique. il est entendu que deux pouêt-pouêts de synthé ne peuvent faire œuvre… et si c’étaient justement cette économie, cette retenue, l’absence de rideaux de fumée cache-misère qui étaient – et demeurent aujourd’hui – osés   bouleversants et dérangeants ? sur un pont en béton armé même les hippopotames peuvent défiler ; sur les quelques millimètres de glace d’un petit ruisseau gelé il s’agira au contraire d’être délicat et subtil…

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un qui, en 1984, – bien qu’ayant alors plus du double de leur âge – ne s’y est pas trompé, c’est maurice schérer (mieux connu sous son pseudonyme d’admirateur d’erich von stroheim et du père littéraire du dr. fu manchu, éric rohmer) qui confia à elli & jacno la musique des « nuits de la pleine lune ».

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ce qui atténue – un peu – la tristesse liée à la disparition du musicien, c’est de savoir qu’il y a eu « passage de témoin ». le petit frère spirituel de jacno est bruxellois et se dévoile depuis quelques années en solitaire sous le pseudonyme de lem. depuis hier matin, je me repasse en boucle – en me prenant ses paroles « dans la gueule » comme jamais auparavant – sa reprise de boomerang en duo avec la délicieuse mymi sur son lp « soulstreet » (dokidoki, 2009) :

« les couteaux de la haine n’attirent jamais l’amour
comme des boomerangs qui font l’aller-retour
ce que tu as donné te revient dans la gueule
faux désirs faux besoins, égoïsme bien rance
bonne action-alibi, et vraie indifférence
ce que tu as donné te revient dans la gueule
faut payer quand on fait de la peine
dans chaque petite maison chacun cherche sa chacune
pendant que des millions agonisent à la une
si tu ne donnes rien, il faut rien espérer
et tous ces gens qui souffrent font de très bons sujets
on les regarde en famille le soir à la télé
si tu ne donnes rien, il faut rien espérer
chacun pour soi c’est personne pour toi

chaque pensée, un boomerang
et chaque geste, un boomerang
et les coups que tu prends me font mal

nous sommes des engrenages
dans la même machine
abimer son voisin
c’est le début du suicide
ce que tu as donné te revient dans la gueule
et l’amour que tu donnes est un gilet pare-balles
qui se referme sur toi le jour où ça va mal

si tu donnes rien, faut rien espérer
chacun pour soi, c’est personne pour toi

chaque pensée, un boomerang
et chaque geste, un boomerang
et les coups que tu prends me font mal

si tu donnes rien, faut rien espérer
chacun pour soi, c’est personne pour toi

chaque pensée, un boomerang
et chaque geste, un boomerang
et les coups que tu prends me font mal

les couteaux de la haine n’attirent jamais l’amour
comme des boomerangs qui font l’aller-retour
ce que tu as donné te revient dans la gueule
faux désirs faux besoins, égoïsme bien rance
bonne action-alibi, et vraie indifférence
ce que tu as donné te revient dans la gueule
faut payer quand on fait de la peine

chaque pensée, un boomerang
et chaque geste, un boomerang
et les coups que tu prends me font mal

chaque pensée, un boomerang
et chaque geste, un boomerang
et les coups que tu prends me font mal

chaque pensée, un boomerang
et chaque geste, un boomerang
et les coups que tu prends me font mal
»

(texte : elli medeiros – musique : jacno – 1982)

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alors ? superficiel ? fuckers !!

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si, dans dix jours, dans la rotonde du botanique, nicolas (lem) trouve le courage et la partenaire pour chanter ce morceau sur scène, pas de doutes : ça nous mettra dans un drôle d’état…

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lem (bel) ~ keiki (bel)
mardi 17 novembre – 20h – le botanique (rotonde)
236 rue royale – 1210 sant-josse – 10 / 13 eur

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lem (bel)
vendredi 20 novembre – 20h – le salon
19 rue ville basse – 7830 silly – 4 eur

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> (superbe !) vidéo de anne cherchait l’amour si quelqu’un sait quel cinéaste l’a réalisée…
> je t’aime tant – une de mes cinquante chansons préférées de tous les temps !
> scène musicale des « nuits de la pleine lune » d’éric rohmer
> plastic faces des stinky toys à la télévision en 1977
> birthday party des stinky toys en 1979

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[*] soyons honnêtes : le peu de disques d’elli & jacno – encore – présents dans les collections de la médiathèque est le symptôme d’exactement la même méconnaissance hautaine !


higgs_trois_fois

daniel higgs en concert à la salle heliogàbal de barcelone (photo – licence creative commons par astillero) et deux des dessins de l’ex-tatoueur.

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en mars 2007, quelques jours après avoir découvert daniel higgs sur scène, au dernier festival k-raa-k organisé à la zaal belgië de hasselt, j’écrivais :

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« une chaise, un micro, un banjo, une guimbarde… l’ancien chanteur de lungfish et cone of light trimballe sa longue silhouette dégingandée, sa barbe de révolutionnaire russe ou de captain achab, ses tatouages à la “nuit du chasseur” et ses sourcils plissés dans le public depuis le début de l’après-midi. impossible de le rater; son magnétisme fait de ce gars un aimant à regards (et à écoute, dès qu’il joue). sur scène, il commence par un solo de guimbarde. impressionnant. le musicien joue autant sur les silences, les intervalles que sur les sons et les notes. sa respiration, le son de l’air inspiré par sa bouche dans ses poumons, compte autant que la vibration de la petite lamelle de métal. puis, daniel higgs soumet les cordes de son banjo aux pouvoirs fascinants de son jeu serpentin, se tendant petit-à-petit vers l’avant sur sa chaise, vers le micro, pour faire claquer cette voix qui nous vrille sur place dans nos petits souliers. comme phil minton en début de journée, il fait partie de ses vieux briscards qui savent qu’un micro n’est qu’un intermédiaire, que si on ne le nourrit pas, que si on n’est pas généreux avec lui, ce n’est pas ce petit bout de métal et d’électronique qui donnera de la voix à la place du chanteur… higgs donne, donne beaucoup, même. sa voix, malgré son côté sombre et plaintif (on pense souvent aux derniers disques en date du current 93 de david tibet), vibre, retentit, palpite… le micro fait son boulot et tout ce qu’il donne arrive aux oreilles du public, le submerge… et, entre les morceaux par ses applaudissements et ses cris – et même, pendant les morceaux, par son attention médusée – le public renvoie de l’énergie vers cet homme qui, sur les planches, met en scène une condition humaine dans laquelle beaucoup se reconnaissent. grand grand moment »

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daniel higgs sera en belgique (pas de jaloux : wallonie, bruxelles, flandre) pour trois concerts ce week-end – dont un à l’occasion de la sortie du 7e numéro du bimestriel « la sélec » de la médiathèque :

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daniel higgs (usa) + ignatz (bel)
vendredi 16 octobre – 20h – la chapelle saint-roch
17-19 rue volière – liege – 6 eur

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daniel higgs (usa) + les terrils (bel)
sortie de « la sélec » #7 et du premier album des terrils
samedi 17 octobre – 20h30 – la compilothèque
50 quai des péniches – bruxelles – 5 eur

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daniel higgs (usa) + kattegat (bel)
zondag 18 october – 20u30 – smeraldina-rima
1 komijnstraat – gent – 5 eur

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lien 1 [une vidéo correspondant à la photo ci-dessus]
lien 2 [live devant quelques centaines de lp’s au quartier général d’ecstatic yod]
lien 3 [en concert à nantes – clin d’œil aux attentifs amis nantais]

sacred_harp

le week-end dernier formait un moment pivot dans l’organisation de l’hommage conjoint que l’ancienne belgique, le musée des instruments de musique et la cinematek rendent cet automne à l’incontournable collecteur de musiques populaires alan lomax. certaines activités touchaient à leur fin, tandis que la petite programmation de films se mettait en branle… dimanche soir, l’expo de photos du voyage italien (1654-55) d’alan lomax a en effet fermé ses portes au m.i.m. ; il faudra désormais se résoudre à les regarder en plus petit format dans le livre « l’anno più felice della mia vita » [l’année la plus heureuse de ma vie] de goffredo plastino (par exemple en écoutant en même temps les disques correspondants de la même campagne italienne de collectage de lomax). dimanche, l’ancienne belgique proposait en après-midi – avant l’excellentissime concert du barde écossais alasdair roberts et la fragile apparition a capella de stephanie hladowski de scatter qui allaient suivre, en soirée – la lecture-spectacle « america over the water » de shirley collins et de son comparse acteur-danseur pip barnes. une évocation passionnante du voyage de 1959 dans les états du sud des états-unis (mississipi, arkansas, géorgie du sud… ) que la jeune chanteuse et folkloriste britannique entreprit alors avec son bienaimé mentor. dans ce cas-ci, c’est via la lecture de son livre du même titre qu’on prolongera (ou remplacera) la conférence de la dame. vendredi dernier, la même shirley collins avait déjà présenté au musée du kinéma le portrait documentaire « alan lomax the song hunter » de rogier kappers au sujet duquel j’ai déjà écrit ici (clic !).

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ce mercredi à 19h15, sera projeté dans le même cadre le documentaire « awake my soul – the story of the sacred harp ». la (/ le) « sacred harp » est une forme très ancienne de musique vocale américaine, déjà présente dans l’angleterre rurale du dix-huitième siècle – et encore bien vivante aujourd’hui. cette musique a à la fois à voir avec un système de notation musicale très particulier (des partitions en « shaped notes », notes carrées, rondes ou triangulaires lisibles aussi par des chanteurs non-initiés au solfège et à la notation savante et dominante de la musique), les différentes versions successives des recueils compilant sous cette forme plus accessible de nombreux hymnes religieux et l’organisation elle-même des séances de chant. les chanteurs y sont disposés en carré selon leur type de voix (basses, altos, ténors, sopranos) et, dans une optique participative et non hiérarchisée, chaque chanteur (sans interférence de critères d’âge, de sexe ou de compétence) devient, le temps d’une chanson, le sélectionneur du morceau interprété et le chef du chœur. avant de laisser sa place au suivant… enfin, et ce n’est pas anodin, cette musique titille aussi notre curiosité par le résultat produit : une sorte de mur du son vocal, brut dans ses harmonies et surtout très puissant (de la part des chanteurs, non calculateur dans le plein don de leurs voix).

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« awake my soul – the story of the sacred harp »
(erica hinton & matt hinton – états-unis, 2006 – angl. non s-t. – 75 min)
mercredi 13.10.09 – 19h15
cinematek 9 rue baron horta – 1000 bruxelles – 1 / 3 eur

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une mise en évidence d’environ deux cent disques et dvd liés à alan lomax est proposée à votre curiosité à la médiathèque du passage 44 (+ 2e clic)
et
un peu de « sacred harp » dans les collections de la médiathèque

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lien 1 [site officiel du film]
lien 2 [bande-annonce du film]

lien 3 [un morceau d’alasdair roberts]
lien 4 [une chanson de stephanie hladowski – sur l’excellente « chaine » harmonic rooms]

MU_041009_guimbarde_higgs_collins

daniel higgs à la guimbarde et les sœurs shirley et dolly collins

annonces des concerts de dogbowl, de shirley collins, stephanie hladowski et alasdair roberts et spéciale guimbarde (1er épisode) à l’occasion des concerts de daniel higgs.

invité = guillaume maupin

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sam 10.10 – 21h – bruxelles – cinéma nova
dogbowl (usa)

dim 11.10 – 16h – bruxelles – ancienne belgique (ab club)
shirley collins (ang.) – stephanie hladowski (g-b) – alasdair roberts (éco)

lun 12.10 – liège – péniche inside out
dogbowl (usa)

ven 16.10 – liège – chapelle saint-roch
daniel higgs (usa) – ignatz (bel)

sam 17.10 – bruxelles – la compilothèque
!!! sortie de la sélec’ #7
+
daniel higgs
(usa) + les terrils (bel)

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P L A Y L I S T
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1- dogbowl another day [reprise des rutles] – compilation “rutles highway revisited” (shimmy disc, 1990)
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2- grand-mère funibus folkbaby please don’t go [reprise de big joe williams] lp “grand-mère funibus folk” (barclay, 1974)
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3- t.h. subashchandran[solo de moorsing] coffret 4 cd “une anthologie de la musique classique de l’inde du sud par l. subramaniam” (enr. 1950-75 – cd: ocora, 1990)
4- t.h. subashchandran[moorsing avec solkattu] coffret 4 cd “une anthologie de la musique classique de l’inde du sud par l. subramaniam” (enr. 1950-75 – cd: ocora, 1990)
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5- daniel higgsholy compartments – “magic alphabet” (northern liberties, 2003)
6- old time relijunkhomuz – “uterus and fire” (k records, 1999)
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7- leonard cohenstory of isaac – “songs from a room” (columbia, 1969)
8- magnet [feat. peter brewis] – maypole – b.o.f. “the wicker man” (enr. 1973 – silva screen, 2002)
9- melmothvous direz que je suis tombé – “la devanture des ivresses” (arion, 1969 – mantra, 1992)
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10- ennio morriconetaglio primo – b.o.f. “indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto” (cinevox, 1970 – cd: cinevox, 1998)
11- serge gainsbourg lunatic asylum – “l’homme à la tête de chou” (philips, 1976 – cd: mercury, 2001)
12- françois de roubaixxavier à la maison d’arrêt – b.o.f. “la scoumoune” (pema music, 1972)
13- stephanie hladowski [feat. chris hladowski] seven virgins (the leaves of life) – “the high, high nest” (singing knives, 2008)

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14- shirley & dolly collinslord allenwater – “for as many as will” (topic, 1978 – cd: fledg’ling, 1994)
15- shirley & dolly collinsit’s far from bethlehem – “snapshots” (enr. 60’s / 70’s – cd: fledg’ling, 2006)
16- shirley & dolly collinsare you going to leave me? – “love, death and the lady” (harvest, 1970 – cd: fledg’ling, 2003)
17- shirley collins bonnie boy – “the power of the true love knot” (polydor, 1968 – cd: bo’weavil, 2006)

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18- shirley & dolly collinsnellie the milkmaid – “anthems in eden” (harvest, 1969)
19- shirley & dolly collinssailor from dover – “love, death and the lady” (harvest, 1970 – cd: fledg’ling, 2003)
20- alasdair robertsthe magpie’s nest – “the crook of my arm” (secretly canadian, 2001)

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21- jason molina, will oldham & alasdair robertsmy donal – “amalgamated sons of rest” (galaxia, 2002)
22- appendix outthe groves of lebanon – “the night is advancing” (drag city, 2001)
23- alasdair robertsi had a little boat [reprise d’ivor cutler] – compilation “stop me if you think you’ve heard this one before…” (rough trade, 2003)

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24- stephanie hladowski [feat. isobel campbell] – willy o’winsbury – “the high, high nest” (singing knives, 2008)

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MU
“deux heures de contrastes en musiques mutines et mutantes”
est l’émission radio que j’anime presque tous les dimanches de 20.30 à 22.30
sur radio campus bruxelles (92.1 mhz à bruxelles ou en streaming)
avec david menessier (dj rupert pupkin) et david zabala jarrin

lola_pommeraye_B

on vous les avait promises : d’autres images du passage pommeraye (nantes, 1843) dans « lola » de jacques demy (1960).

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j’avais déjà posté ici, il y a une dizaine de jours, un court billet soulignant la cohérence urbanistico-architecturale à projeter « lola » de jacques demy au cinéma arenberg (ex-arenberg-galeries) vieux cinéma bruxellois donnant sur la galerie de la reine (bruxelles) et sa belle verrière de 1847.

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mon article sur « model shop » (surtout) et « lola » (un peu) est toujours disponible sur le site de la médiathèque > là…

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et, sur l’écran de l’arenberg, lola (anouk aimée) chantera, dansera et descendra les escaliers du passage pommeraye une « dernière fois » ce mardi soir :

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« lola »
(jacques demy – france, 1960 – 83 min)
dernière projection : ce mardi 18 août – 18h40
cinéma arenberg -
26 galerie de la reine – 1000 bruxelles – 6.60 / 8 eur

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après avoir vu « lola » sur grand écran, empruntez « model shop » à la médiathèque !

cicatrices_interieures

nico, les paysages d’islande, philippe garrel, ari boulogne et le cheval dans « la cicatrice intérieure »

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« la quasi-totalité des gens de l’âge de mon père [l’acteur maurice garrel] vont au cinéma parce que cela leur permet de s’identifier et par conséquent de se retrouver piégés et comprendre, ou au contraire de se trouvés délivrés par une démarche qu’ils n’auraient pas fonction de faire, et il y a donc une dénonciation politique à faire à ce niveau sur le spectaculaire.
alors que les gens de ma génération avouent y aller pour planer, c’est-à-dire par sensation
»
(philippe garrel dans le n°165 de la revue « cinéma72 » en avril 1972)

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il y a peu (même peut-être carrément « pas ») d’autres films par rapport auxquels mon jugement a aussi diamétralement changé que « la cicatrice intérieure » de philippe garrel (france, 1971).

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desertshore_180j’ai vu une première fois le film vers l’âge de vingt-deux ou vingt-trois ans au cinéma « république » à paris (quelque temps avant que la cinémathèque française n’en fasse, pendant quelques années, un de ses lieux de projections). j’avais été le voir « en bande » avec mes amies et amis de l’école d’architecture de paris-belleville. c’était clairement la présence de nico la chanteuse du premier album du velvet underground qui nous avait fait descendre la rue faubourg-du-temple (deux photos du film ornent déjà en 1970 la pochette de son album « desertshore » qui par ailleurs propose deux chansons qu’on retrouvera en 1972 dans le film : abschied et mütterlein). ce soir-là, on n’a clairement rien compris au film, ni au cinéma de garrel, ni à ce qui nous arrivait. on s’est braqués très très vite sur le ridicule apparent de certains éléments (clémenti à poil avec son arc et son carquois, le bébé sur la peau de mouton, le ton hiératique du film… ). les soixante minutes du film ont du nous sembler durer des heures et des heures. l’effet de bande – contagion des fous rires – ne devait bien sûr rien arranger. on a du être assez insupportables pour les autres spectateurs. heureusement, la salle était grande et loin d’être pleine. un peu plus tard, au cours des semaines et des mois suivants, c’était devenu une private joke : on se plaisait à imaginer que désormais pour intégrer notre « bande » tout candidat devrait passer le rite d’initiation de la vision complète de « la cicatrice intérieure »…

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j’avais clairement vu le film trop tôt. pas spécialement trop tôt en âge mais trop tôt dans mon propre parcours cinéphilique. [petite parenthèse sur l’âge : vingt-trois ans, mon âge de spectateur d’alors, c’était l’âge de garrel lorsqu’il sortait ce film en 1972 – un film tourné un peu plus tôt puisqu’on en retrouve déjà les images en 1970 sur la pochette de « desertshore ». il avait déjà sorti « le révélateur » à vingt ans et « le lit de la vierge » à vingt-et-un ; plus une poignée de courts métrages dès l’adolescence. vingt-trois ans cela avait aussi été l’âge de glauber rocha lorsque, en 1962, il avait sorti son sublime premier long métrage « barravento » que je viens de revoir en dvd la semaine passée. vingt-trois ans ça serait aussi l’âge de mort de ian curtis (par la force des choses, « unknown pleasures » et « closer » ont été écrits et incarnés par un gars de vingt ans à peine). juste quelques données éparses pour souligner à quel point ma génération et les suivantes me paraissent mûrir plus tard – voire jamais -, et souvent se complaire dans l’infantilisation, la superficialité ou la mollesse. et je n’ai même pas encore évoqué ici noël simsolo qui, dans les compléments au dvd de « revolt of mamie stover » [bungalow pour femmes] de raoul walsh, raconte sans sourciller, « quand j’ai commencé à aller seul au cinéma, vers l’âge de huit ans et demi… (…) ». gasp !  — fin de la parenthèse… ].

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environ dix ans plus tard, jeune trentenaire, j’ai revu « la cicatrice intérieure » que j’avais moi-même programmé dans un cycle « temps suspendu » au musée du cinéma (en contrepoint à un cycle de films d’action de hong-kong). j’étais beaucoup plus avancé dans la construction de ma culture et dans l’affirmation de mes goûts et attentes en matière de cinéma et je me suis laissé porter par le film. je ne lui ai pas résisté. et je l’ai beaucoup aimé.

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« je pense que dans mes films, il y a des moments qui sont muets aujourd’hui et qui seront décryptés lorsqu’on aura trouvé un mot pour les qualifier » (philippe garrel, opus cit.- 1972)

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« la cicatrice intérieure »
(de et avec philippe garrel – nico, pierre clémenti, ari boulogne, jean-pierre kalfon… – france 1971 – 60 min)
vendredi 14 août – 18h – musée du kinéma (petite salle plateau)
+ vendredi 21 août – 20h – musée du kinéma (petite salle plateau)

palais des beaux-arts – rue baron horta – 1000 bruxelles – 3 eur

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> philippe garrel à la médiathèque :
premiers films, les plus expérimentaux
films plus récents, plus « traditionnellement » fictionnels

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lien 1 [bande-annonce japonaise du film]
lien 2 [nico, ari et le velvet en répétition filmés par jonas mekas – son +/- inaudible]
lien 3 [nico et le velvet lors en concert en 1966 filmés par jonas mekas]
lien 4 [nico dans « les hautes solitudes » de philippe garrel en 1974]
lien 5 [nico dans « le berceau de cristal » de philippe garrel en 1976 - montage]
lien 6 [très impressionnante scène du  « révélateur » de garrel en 1968 – sans nico / avec b. laffont]
lien 7 [le cinéaste gérard courant à propos de philippe garrel en 1976]
lien 8 [toujours gérard courant, cette fois à propos d’un concert parisien de nico en 1978]

paul_metzger__music_boxes__massdistraction

moins connu que son banjo modifié et que sa guitare-cymbale, le petit orchestre portatif de boites à musique de paul metzger – photo : massdistraction (licence creative commons)

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dans quelques heures, mes amis vincent et thierry de la ferme du biéreau vont chercher à l’aéroport de zaventem celui que j’ai personnellement adoubé dans mon petit panthéon personnel d’une couronne métallique en cordes de guitares tressées pour « le meilleur concert de 2008 » (schip – molenbeek – bruxelles – 19 octobre 2008) : paul metzger.

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« (…) la frénésie discographique de paul metzger (presque sept albums de 2005 à 2009) aurait pourtant pu ne jamais se mettre en branle. elle est une trace tardive et inattendue d’une pratique de la musique et du bricolage qui pendant quasi vingt ans est à peine sortie de son atelier et du cercle privé et familial. pendant tout ce temps, paul metzger a construit et perfectionné à partir d’instruments de musique existants et de pièces détachées faciles à se procurer dans son environnement nord américain, une série d’instruments mutants qui devaient lui permettre de jouer ses relectures personnelles des musiques indiennes et afghanes qu’il aimait tant écouter. il y a, d’abord, une guitare peinturlurée, munie d’une grande cymbale montée perpendiculairement au manche à l’autre bout de la caisse de résonnance et sertie d’une série de boites à musique trafiquées (une série d’ergots étant limés pour que la mélodie initiale – souvent ultra-connue – du petit gadget mécanique ne soit plus reconnaissable). puis, surtout (parce que ses sonorités sont encore plus étonnantes), un banjo modifié qui, au fil des ans, s’est vu gratifier d’une petite vingtaine de cordes supplémentaires – quasi exclusivement des cordes sympathiques non directement jouées mais amenées en vibration par résonance – passant ainsi de cinq à vingt-trois cordes. (…) »

> début et suite de mon article « nouveaux continents du banjo » (sur paul metzger et les disques de banjo de joe morris dans l’édition papier de « la sélec » #6 (sortie ce 15 août à louvain-la-neuve) et d’ici quelques jours sur le site de la médiathèque

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pendant trois semaines, paul metzger sera donc l’hôte de l’asbl corps & logis à la ferme du biéreau où il donnera deux petits concerts intimistes dans le « caveau sauvage » (caves voutées du corps de logis) et deux concerts de plus grande ampleur dans les anciennes écuries : celui marquant la sortie du n°6 du bimestriel gratuit de la médiathèque le 15 aôut et, deux semaines plus tard, une improvisation en tant que « pourvoyeur de sons » [sound carrier] de damo suzuki (ex-can). je lui ai aussi trouvé quelques concerts aux pays-bas et en belgique, ainsi qu’une date en france. ce mois d’août assez chargé commencera cependant ce soir dans MU, sur les ondes de radio campus (92.1 mhz à bruxelles ou en streaming ailleurs – [cliquez s/ « écouter »).

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dim 09.08 – 20h30 > 22h30
radio campus – MU – session et programmation musicale

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mar 11.08 – 20h
louvain-la-neuve – caveau sauvage – aussi : head of wantastiquet (usa-bel)

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mer 12.08 – 20h
gent – smeraldina-rima hq – komijnstr. 1 – aussi : blue shift (usa) – floris vanhoof (bel)

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sam 15.08 – 19h (table d’hôtes) / 20h30 (concert)
louvain-la-neuve – écuries du biéreau – aussi : atka (mix) – b200 (mix)
sortie de « la sélec #6 » en partenariat avec la médiathèque

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jeu 20.08 – 19h
hombourg (fra – près de mulhouse) – parc du château – aussi : kathy faller & the alsace 68 (fra)

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sam 22.08 – 20h
louvain-la-neuve – caveau sauvage

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mer 26.08 – 20h
den haag (ned) - maakhaven – aussi : chris corsano & mick flower (usa/g-b)

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jeu 27.08 – 22h
utrecht (ned) – café averechts

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ven 28.08 – 20h
liège – l’an vert
en partenariat avec la sélec / la médiathèque

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sam 29.08 – 20h
louvain-la-neuve – écuries du biéreaudamo suzuki’s network (jap-all)
avec aussi : paul labrecque (usa-bel) – radikal satan (arg-fra) -
daniel duchamp (bel) - max bocahut (fra-bel) - …

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lien 1 [site paul metzger]
lien 2 [vidéos de paul metzger sur y**t***]
lien 3 [bel article en français de fabrice fuentes pour le webzine pinkushion]
lien 4 [son « espace »]

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!!! vous pouvez utiliser les commentaires à ce billet pour vos OFFRES et DEMANDES de CO-VOITURAGE vers louvain-la-neuve

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